L'archéologie permet de connaître l'évolution humaine et la diversité des cultures passées. © Mulderphoto, Adobe Stock
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Les plus grandes découvertes archéologiques en 2021

ActualitéClassé sous :archéologie , anthropologie , Ancêtres de l'humain

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Pour cette fin d'année, Futura vous propose une sélection de découvertes qui ont marqué le domaine de l'archéologie et de l'anthropologie en 2021. Parcourez le récit de ces lieux, ces objets ou ces individus qui enrichissent notre connaissance de l'Histoire de l'Homme !

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[EN VIDÉO] Archéologie : découvrez le passionnant travail de l'anthropologue  Lors de recherches archéologiques, il n’est pas rare de trouver d’anciens sites d’inhumation. Ces tombes renferment en général de nombreux indices et témoignages des civilisations passées que l’anthropologue saura interpréter précisément. L’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) nous parle de son travail au cours de cette courte vidéo. 

Entre toutes les innombrables découvertes qui ont été réalisées dans les domaines de l'archéologie et de l'anthropologie cette année, la rédaction de Futura en a sélectionné une dizaine parmi celles qui ont marqué nos lecteurs et lectrices ainsi que le monde scientifique. Cette sélection traverse plusieurs époques afin de vous remémorer les fascinantes découvertes qui ont marqué cette année 2021.

La plus ancienne attaque de requin connue

Les attaques de requin sur l'Homme sont rares mais impressionnantes. Il y a environ 3.000 ans au Japon, un homme en train de pêcher a été attaqué probablement par un requin tigre ou par un grand requin blanc. Son squelette présente 790 lésions caractéristiques d'une attaque de requin et l'homme a perdu sa main gauche et sa jambe droite au cours de l'attaque. Les blessures de la partie inférieure suggèrent une atteinte des artères, ce qui signifie que l'homme a connu une mort rapide.

Le squelette du pêcheur attaqué par un requin présente 790 lésions et a perdu sa main gauche et sa jambe droite. © Université de Kyoto

Qui sont les momies du Tarim ?

La momification naturelle de centaines de personnes (environ -2.000 avant J.-C. à 200 après J.-C.) dans la région ouïghoure du Xinjiang (Chine) permettait de déceler des traits morphologiques européens plutôt qu'asiatiques. Ces personnes étaient inhumées dans des cercueils en forme de bateau recouverts de peau de bétail, eux-mêmes localisés par des rames ou des poteaux érigés. Des analyses ADN ont révélé que cette population du Tarim était isolée génétiquement de ses voisines et qu'elle était un sous-ensemble d'une population d'Anciens Nord Eurasiens (ANE) du Pléistocène.

Momie d'une femme dans le bassin du Tarim. © Wenying Li, Xinjiang Institute of Cultural Relics and Archaeology

Des instructions d'exorcisme

Comment se débarrasser d'un fantôme lorsque celui-ci reste dans l'entre-deux mondes et refuse de partir dans l'au-delà ? Des instructions permettant de résoudre cette situation sont gravées sur une tablette babylonienne datant d'il y a 3.500 ans, au dos d'une gravure représentant un fantôme. Les écrits indiquent qu'il faut prononcer une incantation au lever du soleil et que le rituel nécessite la présence de vases remplis de bière, un encensoir contenant du genévrier et les figurines d'un homme et d'une femme.

Le fantôme d'une femme se trouve à gauche, il est attaché à un jeune homme, à droite. © Photographie du Bristish Museum, lignes dessinées par James Fraser et Chris Cobb pour le livre The First Ghosts

Un rare genre de soldat

Une tombe finlandaise datant de l'époque médiévale (1050 à 1300 après J.-C.) était supposée, depuis 1968, contenir les restes d'une femme soldat à la carrure imposante. Des offrandes caractéristiques à la fois des genres masculin et féminin à l'époque avaient cependant été disposés avec l'individu. L'analyse ADN a révélé cette année que ce soldat avait en réalité trois chromosomes sexuels (XXY) et qu'il était atteint du syndrome de Klinefelter. D'après les auteurs de l'étude, une dissociation entre sexe chromosomique et genre existait peut-être déjà à cette époque.

Vue d'artiste de l'individu au cours de l'inhumation. D'après son sexe chromosomique, il aurait pu avoir des traits physiques féminins (poitrine développée) et masculins (organes génitaux). © Moilanen et al., 2021

Des offrandes englouties

La cité d'Héracléion a été engloutie à la suite d'un tremblement de terre dans la baie d'Aboukir au IIe siècle après J.-C. Les vestiges de cette ville égyptienne continuent d'être découverts et, cette année, une plongée a permis de trouver des paniers en osier datant du IVe siècle avant J.-C. contenant des fruits de Doum intacts. La pièce dans laquelle ils se trouvaient était probablement une salle funéraire scellée, qui aurait jalousement gardé ses trésors engloutis pendant plus de 2.000 ans.  

Les vestiges engloutis de la ville d'Héracléion tels que cette stèle continuent d'être découverts. © Christoph Gerigk

Les groupes sanguins de Néandertal et de Denisova

L'analyse des groupes sanguins d'un Dénisovien et de trois Néandertaliens datant d'il y a 100.000 et 40.000 ans a été effectuée cette année. Néandertal avait, tout comme l'Homme moderne, le système ABO et non seulement O comme précédemment estimé. Les associations d'allèles soutiennent par ailleurs l'hypothèse de l'origine africaine de Néandertal et de Denisova. Certains allèles chez les Néandertaliens étudiés sont de plus associés à une vulnérabilité des fœtus et des nouveau-nés aux maladies, ce qui pourrait expliquer la forte mortalité infantile chez H. neanderthalensis.

Vue d'artiste d'une jeune Dénisovienne d'environ 13 ans, morte depuis plus de 70.000 ans et dont les restes ont été retrouvés dans la grotte sibérienne de Denisova. © Maayan Harel

La plus ancienne souche de peste chez l'Homme

Des analyses génomiques effectuées sur les os et dents d'un chasseur-cueilleur ayant vécu il y a 5.000 ans ont permis de déceler la présence d'une souche de la bactérie Yersinia pestis responsable de la peste. Contrairement à la bactérie responsable de la peste noire, cette souche précoce ne pouvait être transmise par les puces et était moins contagieuse et moins virulente. Cette souche de peste est la plus ancienne connue à ce jour chez l'Homme.

Mandibule de l'individu qui a livré l'ADN de la plus ancienne souche de Y. pestis. © Dominik Göldner, BGAEU, Berlin

« Dragon Man », notre plus proche cousin ?

Le crâne de Harbin, originaire de Chine, date d'il y a au moins 146.000 ans et pouvait abriter un cerveau de taille similaire à celle des humains actuels. Le crâne appartient cependant à une nouvelle espèce humaine, Homo longi, en raison de caractéristiques morphologiques différentes de celles d'H. sapiens et d'H. neanderthalensis, telles la taille et la forme des orbites ainsi que la taille des arcades sourcilières et des dents. Cette espèce est surnommée Dragon Man et, d'après les reconstructions phylogénétiques effectuées cette année, il se pourrait qu'H. longi soit le plus proche cousin d'H. sapiens et remplace ainsi H. neanderthalensis à cette position.

Vue d'artiste du Dragon Man dans son environnement. © Chuang Zhao

Une momie enceinte

Hor-Djehuty est une momie datant du Ier siècle avant J.-C. et originaire de l'actuelle ville de Louxor, en Égypte. La tomographie à rayons X a permis d'examiner l'individu embaumé sans le détériorer. Les archéologues ont ainsi pu identifier une femme de 20 à 30 ans, enceinte de sept mois, ce qui en fait la plus ancienne momie enceinte étudiée. Le fœtus n'a pas été momifié, probablement car il n'était pas né et ne pouvait donc pas accéder à la vie éternelle.

Cercueil décoré et momie de l'ensemble 236805/3. © Muzeum Narodowe w Warszawie, microtomographie et rayons X par le Warsaw Mummy Project.

L'Arabie saoudite : au carrefour des migrations du Paléolithique

Des restes archéologiques datant d'il y a 400.000 ans ont été découverts en Arabie saoudite, un pays dans lequel ces ressources ont longtemps été sous-estimées. Différents outils en pierre taillée semblent indiquer qu'ont eu lieu plusieurs vagues d'occupation humaine dans cette région au Paléolithique, qui datent d'il y a environ 400, 300, 200, 100 et 55 milliers d'années. Ces sites archéologiques sont localisés au niveau de sédiments lacustres, ce qui est cohérent avec des lieux d'occupation humaine.

L'industrie lithique a permis de différencier des groupes humains en Arabie saoudite au cours du Paléolithique. © Palaeodeserts Project, Ian Cartwright

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