La richesse du Moyen-Orient a longtemps été sous-estimée ou du moins sous-étudiée au vu des nombreux indices que cette zone recèle relativement à l'évolution humaine. Le vent est pourtant en train de tourner...


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    Une nouvelle étude, parue dans le journal Nature, a été menée par une équipe internationale parmi laquelle figurent des chercheurs de l'Institut Max-PlanckPlanck, en Allemagne, et des chercheurs du ministère de la Culture en Arabie saoudite. Les richesses archéologiques que recèle ce dernier pays ont longtemps été sous-estimées et la plupart des fouilles effectuées dans cette zone se sont concentrées au niveau des côtes et des régions boisées. Les indices relatifs à la préhistoire humaine dans les vastes zones intérieures de l'Arabie saoudite demeurent donc peu connus.

    L'un des auteurs de l'étude, le Dr Huw Groucutt, explique que les résultats de l'étude constituent l'une des « avancées majeures dans l'archéologie de l'Arabie », notamment parce que ceux-ci présentent la preuve la plus ancienne de l'Homme en Arabie, soit il y a 400.000 ans. Les auteurs rapportent également la découverte de milliers d'outils en pierre taillée, dont les différences permettent de suggérer que plusieurs vagues d'occupation humaine se sont succédé dans la région au cours du Paléolithique.

    L'industrie lithique a permis de différencier des groupes humains en Arabie saoudite au cours du Paléolithique. © <em>Palaeodeserts Project</em>, Ian Cartwright
    L'industrie lithique a permis de différencier des groupes humains en Arabie saoudite au cours du Paléolithique. © Palaeodeserts Project, Ian Cartwright

    Entre les dunes de sable de la région, il existe en effet des creux qui se remplissent lors d'épisodes pluvieux intenses et occasionnels, ce qui crée des petits lacs. Au niveau du site de Khall Amayshan situé au milieu de dunes, les chercheurs ont ainsi trouvé la preuve de différentes phases de formation lacustrelacustre. Parmi celles-ci, cinq ont pu être associées à des groupes anciens humains en fonction des caractéristiques des outils retrouvés. Ces vagues d'occupation humaine datent d'il y a environ 400, 300, 200, 100 et 55 milliers d'années.

    Un orage se profile vers le site de fouilles d'un ancien lac. © <em>Palaeodeserts Project</em>, Klint Janulis
    Un orage se profile vers le site de fouilles d'un ancien lac. © Palaeodeserts Project, Klint Janulis

    L'Homme et le climat

    La datation de chacune de ces occupations permet de lier ces différentes présences humaines à des événements de précipitations accrues dans la région. Ces résultats sont corroborés par le fait que les outils excavés sont associés à des sédiments caractéristiques des lacs d'eau douce.

    Malgré un climat aride global dans la région, celle-ci a connu des épisodes intenses de pluies au cours du Paléolithique

    Les résultats de l'étude montrent donc que malgré un climatclimat aride global dans la région, celle-ci a connu des épisodes intenses de pluies au cours du Paléolithique. Ceux-ci ont mené à la formation de lacs, de zones humideszones humides, de rivières et de prairies luxuriantes qui ont permis aux humains et autres animaux tels que les hippopotames, d'effectuer des migrations à travers l'ensemble du territoire.

    Les différentes technologies de pierre taillée suggèrent par ailleurs que les groupes humains de la zone sont originaires de zones géographiques multiples, qui reflètent une pluralité culturelle dans l'Arabie saoudite du Paléolithique. Dans certains cas, les différences de technologies lithiques sont si importantes qu'elles suggèrent même que des espècesespèces distinctes d'hominines ont vécu à la même période dans cette région au carrefour entre l'Afrique et l'Eurasie.