Des paléoanthropologues se sont mis dans la peau de chasseurs néandertaliens et ont réussi à attraper des oiseaux à mains nues. © Gorodenkoff, Adobe Stock
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Surprenant : Néandertal attrapait (sûrement) les oiseaux à mains nues !

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[EN VIDÉO] Les experts du passé : sur les traces des chasseurs néandertaliens  L’Homme de Néandertal a vécu entre 250.000 et 28.000 ans avant notre ère. Omnivore, il a développé de nombreux outils pour la capture et le dépeçage du gibier. L’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) part sur les traces de cet ancêtre au cours d’un documentaire intitulé Les experts du passé qui retrace ses captivantes pratiques de chasse. 

Les restes fossiles de corvidés suggèrent que Néandertal avait l'habitude de chasser ces oiseaux. Afin de comprendre comment il y parvenait, des chercheurs se sont mis dans la peau de Néandertaliens et ont obtenu des résultats surprenants.

Les preuves sont formelles : Néandertal chassait bien régulièrement des oiseaux ! Il est pourtant difficile de comprendre quel a pu être le comportement de chasse de ce cousin d'Homo sapiens puisque ses pratiques culturelles et aptitudes (notamment en ce qui concerne les rites funéraires et son intelligence) demeurent discutées au sein de la communauté des paléoanthropologues.

Les techniques de chasse et l'accès à la nourriture chez les Néandertaliens sont également sujets à débats. Des études de plus en plus précises tendent ainsi à élucider le mystère de la vie d'Homo neanderthalensis, par exemple en différenciant les repas issus d'événements de chasse de ceux de charognage. Il est également aujourd'hui certain que Néandertal pouvait, lorsqu'il y avait accès, se nourrir de mollusques marins, certes peu nutritifs mais abondants et faciles à capturer.

Le crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax) est l'une des espèces dont Néandertal se nourrissait vraisemblablement de façon régulière. © Guillermo Blanco

Les oiseaux du genre Pyrrhocorax (le crave à bec rouge et le chocard à bec jaune) sont des corvidés au plumage noir dont de nombreux restes fossiles ont été trouvés dans des grottes caractérisées par une industrie du Moustérien (-100.000 à -35.000 avant J.-C.) et présentant des marques de boucherie, de morsure et de cuisson ainsi que de retrait de plumes pour la consommation de viande et l'ornementation. De plus, les aires de répartition des Pyrrhocorax et de Néandertal au Pléistocène présentaient des recoupements et la consommation des deux espèces de Pyrrhocorax par Néandertal est au moins avérée au Paléolithique moyen.

Une proie facile ?

Dans une étude parue dans le journal Frontiers in Ecology and Evolution, des chercheurs ont donc tenté de comprendre comment Néandertal parvenait à capturer ces corvidés. En effet, il s'avère que, si ces oiseaux ont été abondants par le passé, ils sont intelligents et ne représentent a priori pas les espèces d'oiseaux les plus faciles à capturer. Ils ne pratiquent pas le charognage et chassent eux-mêmes leurs proies, ce qui rend donc leurs déplacements difficiles à prévoir ; ils sont très agiles pour s'échapper et peuvent pratiquer le vol sur de longues distances en journée. Ces oiseaux apparaissent en revanche plus vulnérables face à un prédateur humain en milieu semi-clos...

Les craves à bec rouge se regroupent la nuit dans des zones semi-closes qui peuvent être comparées aux environnements dans lesquels Néandertal chassait ces oiseaux. © Blanco et al., 2021

Les auteurs ont donc essayé de capturer des craves à bec rouge dans leur habitat naturel, lorsque celui-ci pouvait ressembler à des lieux dans lesquels Néandertal aurait pu traquer ses proies à pied, tels que des grottes, des tunnels ou des puits par exemple. Puisque les craves se réunissent en grand nombre (parfois plusieurs centaines) dans des abris récurrents pour la nuit, les auteurs ont estimé que Néandertal pouvait facilement avoir accès à cette ressource. De plus, l'utilisation de lumière pendant la nuit permet d'éblouir et de capturer ces proies avec un filet ou à mains nues dans des grottes. L'agilité présumée de Néandertal, fondée sur des analyses anatomiques, aurait également pu lui permettre de grimper jusqu'aux nids de ses proies et d'exploiter une ressource certes peu calorique mais abondante, au fil des années.

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