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Les animaux venimeux : veuve noire, serpent, poisson-pierre...

Dossier - Les poisons dans l'histoire
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L’Homme utilise les poisons depuis la Préhistoire. Plantes, champignons, animaux, micro-organismes… Certains servent parfois aussi à fabriquer des médicaments. Ce dossier dresse un panorama des différents poisons, des potions de sorcier aux armes chimiques.

  
DossiersLes poisons dans l'histoire
 

Les animaux peuvent eux aussi servir de poisons. Les venins sont utilisés par les animaux pour se protéger de prédateurs ou pour tuer leurs proies.

La veuve noire est un animal venimeux. Elle est très connue pour la toxicité de son venin. © Robyn Anderson, CC by-nc 2.0

Araignées et scorpions les plus venimeux

La veuve noire est la seule araignée présente en France et pouvant présenter un danger, mais ses morsures restent rares. Dans d'autres pays, on trouve d'autres espèces d'araignées venimeuses, telles que la tarentule et la mygale.

De même, les scorpions, répandus dans le sud du pays, sont peu agressifs. Cependant, quand ils se sentent menacés, les scorpions venimeux déplient leur queue, dotée d'une glande à poison à son extrémité. 

Selon la légende, Cléopâtre se serait donné la mort au moyen d’une morsure de serpent. © Roy Miles, Wikimedia Commons, DP

Le venin de serpent : un puissant poison

Contrairement aux couleuvres, les vipères disposent de crochets situés en avant de la mâchoire supérieure, ce qui rend leurs morsures venimeuses. Le venin de vipère contient des composés qui agissent sur l'hémostase sanguine (la coagulation) et l'inflammation, la diffusion du venin dans l'organisme étant plutôt lente. Le traitement contre l'envenimation fait appel à une sérothérapie à base d'anticorps dirigés contre les venins vipérins.

Ces sérums anti-venins sont souvent produits grâce au cheval : après injection d'un venin à un cheval, du sang de ce dernier, contenant donc des anticorps, est prélevé pour fabriquer le sérum antivenimeux. Le professeur Albert Calmette, aussi connu pour son rôle joué dans l'élaboration du BCG, a été l'un des premiers à utiliser la technique des sérums anti-venins, pour guérir un homme mordu par un cobra en Indochine en 1895.

Il fut souvent rapporté que, dans l'Antiquité, Cléopâtre se serait suicidée grâce à une morsure de serpent, en compagnie de ses deux servantes. Cependant, cette thèse est parfois remise en question en raison de la rapidité à laquelle la reine aurait succombé, alors que le venin de serpent est plutôt lent à agir.

Dans le sud de la Belgique, une équipe de recherche travaille sur un sujet un peu particulier. En utilisant du venin prélevé sur des animaux sauvages, des scientifiques espèrent développer des traitements contre le diabète, les allergies ou encore l’obésité. La chaîne Euronews nous en dit plus au cours de cet épisode de Futuris. © Euronews

Des grenouilles à la peau toxique

Certains batraciens sécrètent des molécules toxiques. La peau des crapauds fabrique ainsi un alcaloïde, la bufotéine (terme provenant du nom latin du crapaud commun Bufo bufo). Cette molécule, proche de la sérotonine, s'apparente au LSD. Les Amérindiens ont pour habitude d'enduire leurs flèches d'un poison récupéré sur la peau d'une grenouille, la Phyllobates terribilis, particulièrement toxique.

Des animaux marins toxiques : poisson-pierre, pieuvre à anneaux et fugu

Certains animaux marins sont toxiques. Le dos du poisson-pierre est recouvert d'épines reliées à une glande à venin, qui contiennent des neurotoxines capables de tuer un homme en deux heures ! Le poisson-pierre reste toxique pendant les deux jours qui suivent sa mort. Un sérum antidote existe et doit être administré rapidement.

La pieuvre à anneaux bleus est certes magnifique de par ses couleurs, mais sa morsure peut paralyser le système respiratoire et entraîner la mort.

D'autres poissons, pourtant prisés des gastronomes, se révèlent très dangereux pour l'Homme. Il en va ainsi de la saupe, une espèce de daurade pêchée en Méditerranée, et du fugu, dont le foie fabrique la tétrodotoxine, et qui exige un sérieux apprentissage dans sa préparation en cuisine japonaise.