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Les champignons vénéneux : amanites, coprin, gyromitre (fausse morille)...

Dossier - Les poisons dans l'histoire
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L’Homme utilise les poisons depuis la Préhistoire. Plantes, champignons, animaux, micro-organismes… Certains servent parfois aussi à fabriquer des médicaments. Ce dossier dresse un panorama des différents poisons, des potions de sorcier aux armes chimiques.

  
DossiersLes poisons dans l'histoire
 

Les champignons de nos sous-bois sont parfois toxiques. Dans l'Antiquité, Agrippine, épouse de l'empereur Claude, aurait éliminé son mari avec un plat de champignons empoisonnés. Les symptômes d'une intoxication aux champignons vénéneux sont nombreux et dépendent du champignon ingéré.

L'amanite phalloïde est un champignon vénéneux. © Krzysztof Slusarczyk, CC by 3.0

Symptômes d'une intoxication aux champignons

À la suite d'une intoxication liée à des champignons vénéneux, on peut observer des symptômes pouvant apparaître plus ou moins rapidement. Certaines manifestations ont lieu moins de six heures après l'ingestion des champignons, telles que : des troubles gastro-intestinaux et cardiaques, de l'anxiété, des hallucinations, une accélération de la respiration, des malaises, de l'agressivité, voire le décès dans les cas graves.

D'autres peuvent survenir tardivement, plus de six heures après l'ingestion des champignons : troubles digestifs, destruction du foie, atteinte rénale ou neurologique. Les cas graves peuvent entraîner la mort de l'individu.

L’amanite tue-mouches, appelée aussi « fausse oronge », est le champignon toxique et psychotrope le plus connu de la famille des amanites. Elle provoque rarement la mort. © Albin Schmalfuß, 1897, Wikimedia Commons, DP

Les amanites phalloïdes et tue-mouches : champignons mortels ou hallucinogènes

La famille des amanites est la principale responsable des décès dus à des champignons, notamment à cause de l'amanite phalloïde.

L'amanite phalloïde est une espèce courante dans les bois de feuillus et de conifères d'Europe. Ce champignon qui ressemble à certaines espèces comestibles, comme l'amanite citrine, a un goût agréable. Les manifestations de sa toxicité n'apparaissent qu'au bout d'un certain temps. L'amanite phalloïde possède un chapeau vert, exceptionnellement blanc, dont la moitié ingérée suffit à tuer un adulte. Ce champignon aurait probablement été utilisé pour assassiner l'empereur Claude ; cependant, les symptômes décrits rappellent aussi ceux causés par l'amanite tue-mouches, moins toxique, mais également mortelle à forte dose.

L'amanite tue-mouches, appelée parfois « fausse oronge », est facilement reconnaissable à son chapeau rouge portant des flocons blancs. Ces flocons peuvent disparaître quand l'amanite vieillit, la faisant alors ressembler à l'oronge (ou amanite des Césars), un champignon comestible. L'amanite tue-mouches doit son nom au fait qu'elle a longtemps servi comme insecticide. L'intoxication par l'amanite tue-mouches peut avoir des conséquences gastro-intestinales et neurologiques graves. Les propriétés hallucinogènes de ce champignon ont été utilisées dans des pratiques de sorcellerie, ainsi que dans des rituels chamaniques.

Coprin, lépiote et gyromitre (fausse morille) : des champignons toxiques

De nombreux autres champignons sont toxiques, comme les coprins, qui contiennent de la coprine, et les lépiotes, dont la toxine est l'amanitione (la même que celle des amanites). Le gyromitre, aussi appelé « fausse morille », est un champignon ressemblant à la morille mais particulièrement toxique, voire mortel quand il est consommé cru. Les toxines du gyromitre peuvent être détruites par chauffage à de hautes températures. En revanche, cru, le gyromitre provoque des nausées, des vomissements, des diarrhées, altère le foie et d'autres organes, ce qui peut entraîner la mort.

Pour en savoir plus, voir aussi notre guide des champignons.