Le sport trop intensif pourrait favoriser le diabète. © marchsirawit, Adobe Stock
Santé

Attention : trop de sport peut nuire à votre santé

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Le sport est unanimement reconnu pour contribuer à une bonne santé générale. Mais trop de sport peut également engendrer des effets pervers, notamment une résistance à l'insuline semblable à celle induite par le diabète.

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[EN VIDÉO] Changement d'heure : est-il bon pour la santé ?  Le changement d’heure est toujours le moment de discussions passionnées sur son intérêt économique (assurément faible) et sur son effet sur la santé (débattu). Comme l’explique cette vidéo, mieux profiter de la lumière du soir incite aux activités extérieures, ce qui ne peut qu’être positif. Et l’exposition à la lumière a, en soi, du bon. 

On ne compte plus les nombreux bénéfices de l'activité physique : prévention de maladies cardiovasculaires, amélioration du sommeil, réduction du risque de diabète, régulation du poids, lutte contre l'arthrite et l'ostéoporose, sans compter les bienfaits sur la santé mentale. Mais un sport trop intensif présente aussi des risques, comme le met en évidence une étude parue dans Cell Metabolism. Selon ses auteurs, l'exercice excessif affecterait le métabolisme des cellules, amenant à une dérégulation de l'absorption du glucose.

Dérèglement du métabolisme

Mikael Flockhart et ses collègues de l'École de sport et santé de Stockholm ont recruté 11 volontaires en les soumettant à des exercices de vélo de plus en plus intenses durant quatre semaines. Ils ont mesuré au cours de l'expérience leur tolérance au glucose, leur capacité cardiovasculaire et leur fonctionnement mitochondrial par des biopsies musculaires.

Si au départ les performances et les paramètres physiologiques des athlètes se sont améliorés, les choses ont commencé à se gâter au bout de la quatrième semaine, durant laquelle les athlètes étaient soumis à un rythme particulièrement élevé (séances de 152 minutes d'exercice intensif). Lors de cette semaine, la respiration mitochondriale, qui sert à produire l'ATP fournissant de l'énergie aux cellules, diminue de 40 %. « Or, un mauvais fonctionnement des mitochondries induit une capacité réduite à répondre à l'approvisionnement en nutriments et à faire correspondre la respiration mitochondriale à la demande métabolique », explique Filip Larsen, principal auteur de l'étude. En outre, la tolérance au glucose des volontaires (mesurée par leur taux de glucose avant et après avoir consommé une boisson sucrée) a elle aussi chuté drastiquement.

L’exercice physique très intense réduit la tolérance au glucose. © makistock, Adobe Stock

Sport à outrance : les risques pour la santé

Après une phase de récupération, les sujets ont heureusement pu rétablir en partie leur fonctionnement original, mais pas entièrement, la tolérance au glucose restant 25 % inférieure après la récupération qu'après la semaine d'exercices modérés. Un comble : le sport intensif pourrait-il favoriser le diabète ? Pas impossible, car il a déjà été montré que le sport à outrance peut avoir des effets délétères. « D'autres études ont montré qu'un exercice physique intense était associé à des effets négatifs sur la santé cardiaque, notamment une calcification accrue de l'artère coronaire, une fibrose myocardique et une arythmie », font remarquer les auteurs. De plus, le sport à outrance accroît le risque de blessure et entraîne une forme de dépendance (bigorexie).

Il n'est toutefois pas clair où se situe la limite entre le moment où le sport est bénéfique et celui où il commence à avoir des effets néfastes. « Les athlètes d'élite ont plutôt tendance à être un groupe en très bonne santé, reconnaît Filip Larsen. En outre, faire trop peu d'exercice est un problème beaucoup plus courant que d'en faire trop. »

Pour en savoir plus

L’activité physique n’est pas toujours bonne pour le cœur

Article de Julien Hernandez publié le 12/11/2019

S'il est reconnu universellement que l'activité physique est, en général, bonne pour la santé cardiovasculaire, il y aurait des exceptions. Une nouvelle étude met en évidence un lien statistique entre les activités physiques pénibles et répétées au travail et la rigidité des artères.

L'activité physique constitue la meilleure prévention contre les maladies cardiovasculaires. Mais si vous misez sur les activités physiques pénibles que vous devez réaliser au travail pour prendre soin de votre coeur, mauvaise nouvelle, vous feriez tout l'inverse. En effet, le concept d'activité physique est éminemment vaste. On a coutume de répéter que c'est bon pour la santé. Cependant, au sein de la pluralité des activités effectuées, toutes ne semblent pas avoir les mêmes effets sur la santé. 

Les activités pénibles, néfastes pour nos artères

Ce sont des chercheurs parisiens de l'Institut national pour la recherche médicale (Inserm) qui ont conduit cette étude publiée dans la revue Hypertension en collaboration avec l'Institut australien du cœur et du diabète. Pour évaluer l'hypothèse que les activités pénibles au travail pourraient être associées à des effets délétères, les scientifiques ont eu accès aux données d'une grande étude de cohorte : l'enquête prospective parisienne III.

Cela fait dix années que des expérimentateurs récoltent les données de 100.000 volontaires, âgés de 50 à 70 ans, sur leur activité physique : la fréquence, la durée, l'intensité et surtout le contexte. Cette grande étude contient également des informations concernant l'état des artères carotides des participants, mesuré grâce à une technologie de pointe en la matière : l'écho-tracking. 

Résultat : les participants qui témoignent d'une activité physique pénible au travail (de type port de charges lourdes de façon répétée) présentent des artères carotides plus rigides et plus sujettes aux troubles rythmiques contrairement à ceux qui font plus de sport classique (par exemple, de la course à pied) ou de sport loisir (par exemple, du jardinage). Précisons tout de même qu'il s'agit là d'une étude d'observation : elle n'a pas vocation à émettre des relations de causalité mais permet de poser les bases de ce qu'il faudra chercher lors d'essais contrôlés et randomisés ultérieurs.

Évitez de porter des charges trop lourdes au travail (le cas échéant, tentez d'en discuter avec vos supérieurs) et préférez la pratique réelle d'un sport ou d'une activité physique de loisir. © endostock, Adobe Stock

Comment expliquer ces résultats ? 

« Concernant l'activité physique au travail, il y a des implications en santé publique importantes, conclut Jean-Philippe Empana, auteur principal de l'étude. Nous souhaiterions maintenant aller plus loin dans notre analyse des interactions entre activité physique et état de santé des personnes au travail ». Car, une question reste en suspens : comment expliquer ces résultats, si une éventuelle relation causale existe ? Ce qui est dérangeant, c'est que l'on sait par exemple que la pratique de la musculation est associée à une meilleure santé cardiovasculaire.

Ce n'est donc pas le port de charge en soi qui semble délétère. En revanche, de mauvais mouvements lors du port de charge, la répétition exacerbée, etc. sont toutes des hypothèses assez probables pour tenter d'éclaircir cette corrélation. Finalement, évitez de porter des charges trop lourdes au travail (le cas échéant, tentez d'en discuter avec vos supérieurs) et préférez la pratique réelle d'un sport ou d'une activité physique de loisir.

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