Au « pays du grand nuage blanc », des massifs de lupins envahissent les bords du lac Tekapo. © Antoine, tous droits réservés
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Antoine nous fait découvrir la Nouvelle-Zélande, le pays du « grand nuage blanc »

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Au fil des siècles, la Nouvelle-Zélande a connu des transformations. Avec l'arrivée de l'Homme sur ces îles au relief façonné par l'activité sismique et géothermique, la faune et la flore ont vu disparaître des espèces endémiques. Aujourd'hui, la population autochtone s'inscrit dans le respect de la terre et des traditions, mais le changement climatique perturbe aussi le pays du « grand nuage blanc », isolé au sud-ouest de l'océan Pacifique.

À l'époque, le XIVe siècle, où les nations européennes étaient trop préoccupées - par la guerre de Cent Ans, la lutte contre les Templiers ou la peste noire - pour se lancer à la conquête des océans et des contrées lointaines (il faudra encore un siècle avant qu'Henri le navigateur puis Christophe Colomb ne s'y consacrent), de hardis voyageurs venus d'Asie du Sud-Est sur de frêles pirogues à balancier ou à deux coques avaient déjà sillonné en tous sens le Pacifique, atteignant les Philippines, les Fidji, la Polynésie, sans doute même l'Amérique du Sud. De 1320 à 1350, plusieurs pirogues parties de Polynésie atteignirent une île beaucoup plus vaste que les îles éparses du Pacifique central, et qui se signala par la présence d'un long nuage éblouissant : ils la nommèrent Ao Tea Roa : « le grand nuage blanc ».

Picton (Marlborough), pirogue double polynésienne lors du 250e anniversaire de l’arrivée de Cook. © Antoine, tous droits réservés

Ces hardis navigateurs s'établirent sur cette terre pourtant dépourvue des aliments dont ils disposaient sans efforts dans leurs îles d'origine : noix de coco, fruit de l'arbre à pain, racines du taro, bananes, etc. Ils y plantèrent des patates douces, mais eurent principalement recours à la chasse, éradiquant en quelques siècles la totalité d'une espèce impressionnante d'oiseaux géants comparables aux aepyornis de Madagascar (ou oiseau-éléphant) et comme eux, incapables de voler, les moas, qui mesuraient deux à quatre mètres et pesaient 250 kilos.

L'arrivée des Européens signe la disparition de vastes étendues boisées

Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle que les Maoris virent arriver, à bord d'étranges embarcations, le capitaine Cook et quelques explorateurs français, tous en quête d'un imaginaire continent austral censé équilibrer le poids des continents qui occupent l'hémisphère Nord. Les Anglais s'installèrent, signèrent avec les Maoris le traité de Waitangi et s'attelèrent à la tâche de défricher des surfaces de plus en plus vastes du pays pour les cultiver. Ainsi disparut la plus grande partie des arbres, souvent millénaires, connus sous le nom de kauri, des conifères qui poussaient en grand nombre au nord du 38° parallèle sud.

Extrait du Traité de Waitangi (Musée Te Papa Wellington) montrant le premier des trois articles. © Antoine, tous droits réservés

Le capitaine du port de Whangarei me faisait remarquer sur une immense photo aérienne du Northland, la partie nord de l'île du Nord, que des vignobles et d'autres cultures avaient fait disparaître la quasi-totalité de la forêt ; on peut tout de même aujourd'hui admirer quelques-uns des kauris préservés, comme le Tāne Mahuta, le « Seigneur des forêts », qui aurait plus de 2.000 ans, ou, dans la péninsule de Coromandel, des kauris jumeaux dont l'un d'eux présente un tronc avec une curieuse section carrée.

Péninsule de Coromandel : ce kauri présente une étonnante section carrée. © Antoine, tous droits réservés
Aujourd’hui, l’exploitation des forêts se fait de façon beaucoup plus respectueuse

Aujourd'hui, l’exploitation des forêts se fait de façon beaucoup plus respectueuse, elle est d'autant plus importante que les conifères plantés dans ce pays, curieusement, croissent presque deux fois plus vite que leurs équivalents de l'hémisphère Nord.

Palmiers Nikau, l’équivalent néo-zélandais du cocotier… mais il n’a pas de fruits comestibles. © Pseudopanax, Wikimedia commons, DP

Des organismes engagés dans la protection de la nature aujourd'hui très actifs

Les organismes chargés de la protection de la nature sont très actifs en Nouvelle-Zélande, tel le DOC (Department of Conservation). Un de leurs  souhaits est d'éliminer les plantes qui ne se trouvaient pas en Nouvelle-Zélande lors de l'arrivée des colons, au profit des plantes d'origine, comme le palmier Nikau, dont le nom ressemble au nom polynésien du cocotier (ni'au), mais qui n'a pas de fruits comestibles. Des plantes ayant envahi la Nouvelle-Zélande, même si elles offrent un spectacle séduisant, sont considérées comme des « pestes », à l'image des splendides parterres de lupins qui attirent depuis longtemps les visiteurs au centre de l'île du Sud, en particulier sur les bords du lac Tekapo.

Une bien jolie « peste » : parterre de lupins sur les bords du lac Tekapo. © Antoine, tous droits réservés

La Nouvelle-Zélande a la particularité d'offrir des climats divers dans différentes parties des îles : il n'est pas rare que la côte ouest de l'île Sud soit copieusement arrosée par les pluies et les vents venus de la mer de Tasman, et qu'à quelques kilomètres, les plaines de l'intérieur soient sèches, arides même, plus à l'est.

La faune remarquable de la Nouvelle-Zélande

En Nouvelle-Zélande, il n’existe pratiquement pas d’animaux dangereux

La faune de la Nouvelle-Zélande est très différente de celle de la grande voisine, l'Australie, qui comporte en particulier de nombreuses espèces dangereuses, araignées, serpents, crocodiles, méduses à la piqure mortelle, chiens sauvages, les « dingos ». En Nouvelle-Zélande, il n'existe pratiquement pas d'animaux dangereux, à l'exception d'une araignée à queue blanche, et, en mer, d'éventuels requins.

Tuatara, sphénodon mâle d'une trentaine d'années. © Keresh, wikimedia commons, CC 3.0

Les animaux les plus remarquables sont des reptiles tel le tuatara, et surtout des oiseaux, dont certains, comme cela avait été le cas pour les moas il y a 1.500 ans, avaient désappris à voler, tant le pays était dépourvu de prédateurs : le plus célèbre est bien sûr le kiwi (si caractéristique du pays que l'on utilise son nom pour désigner aussi les citoyens néo-zélandais... et un fruit qui a connu un grand succès ici). Uniques à la Nouvelle-Zélande également, le tui et le perroquet kaka.

Kapiti Island : Antoine et un perroquet kaka sur son épaule. © Antoine, tous droits réservés

Un insecte à l'allure peu attirante a acquis récemment une gloire internationale, le weta, qui vit en Nouvelle-Zélande depuis 200 millions d'années : le réalisateur Sir Peter Jackson a donné son nom aux studios de tournage et d'effets spéciaux qu'il a créés à Wellington, la capitale du pays.

Le weta de Nouvelle-Zélande de la famille des criquets est une sous-espèce qui peuplait déjà la Terre il y a 200 millions d'années. © Antoine, tous droits réservés

Des paysages façonnés par les volcans encore actifs ou en sommeil

Les phénomènes naturels les plus remarquables sont ici les manifestations volcaniques, que l'on rencontre aussi bien dans l'île du Nord que dans l'île du Sud. Des volcans, actifs ou en sommeil, s'étendent de l'ouest (Mont Taranaki) à l'est de l'île du Nord, jusqu'aux sites extraordinaires de Wai-O-Tapu, aux mares multicolores, et au large, au centre de la Bay of Plenty où le volcan de White Island a causé la mort de près de vingt personnes en 2019.

Le volcan Ngaruhoe, qui tint lieu du « Mont Doom » lors du tournage du Seigneur des Anneaux. © Antoine, tous droits réservés

Le parc du Tongariro est couronné de volcans imposants, comme le Ngaruhoe, qui tint lieu du « Mont Doom » lors du tournage du Seigneur des anneaux. Quant à Auckland, la plus grande ville du pays, elle est bâtie sur des dizaines de volcans, qui pourraient se réveiller un jour.

L'île du Sud n'est pas en reste, comme en témoignent les sources chaudes de la région de Hanmer Springs, ainsi que les violents tremblements de terre qui ont affecté le rivage de Kaikoura et surtout la grande ville de Christchurch.

 Balade en waka (pirogue double) au large du parc Abel Tasman. © Antoine, tous droits réservés

Si des affrontements eurent lieu entre colons anglais et les premiers habitants, une entente remarquable s'est établie entre les Maoris, « les gens normaux », et les Pakeha arrivés d'Europe. Aujourd'hui, des signes de respect pour la population autochtone sont omniprésents, à commencer par le Haka, tradition maorie orchestrée au début de chaque match de rugby.

Dans tout le pays, nous avons rencontré des Néo-Zélandais d'ascendance maorie, respectueux de leur terre et de leurs traditions, qui vous emmènent volontiers naviguer sur des waka, de grandes pirogues doubles au large du parc Abel Tasman, qui protègent les petits pingouins bleus ou les albatros géants de la péninsule d'Otago.

Le glacier Fox recule rapidement en raison du changement climatique. © Ville Mienttinen, Wikimedia commons, CC 2.0

Le changement climatique, facteur perturbateur du « grand nuage blanc »

Isolée au cœur de l'océan, la Nouvelle-Zélande n'est cependant pas à l'abri des conséquences du changement climatique : les imposants glaciers de la côte ouest de l'île du Sud, les glaciers Fox et Franz Josef, s'éloignent de plus en plus du rivage de la mer de Tasman.

Voyageant sur les océans depuis près cinquante ans, et dans le Pacifique depuis plus de vingt ans, Antoine et sa compagne Francette ont eu un coup de foudre pour la Nouvelle-Zélande. De leurs nombreux voyages dans les deux grandes îles qui constituent Aotearoa ou « le grand nuage blanc » - nom maori de la Nouvelle-Zélande -, ils ont rapporté de magnifiques photos de sa nature - plages, montagnes, volcans -, de sa faune et de sa flore uniques au monde, mais aussi de ses villes et de ses habitants - d'origine maori ou européenne -, de ses talentueux artistes - l'écrivaine Katherine Mansfield, la cinéaste Jane Campion et les réalisateurs Taika Waititi ou Sir Peter Jackson - et encore des paysages et des lieux, où ont été tournées les deux trilogies du Seigneur des Anneaux, qui fascinent les visiteurs du monde entier. Dans cet ouvrage, Antoine et Francette ont également recueilli le témoignage de voyageurs qui ont choisi, comme eux, de séjourner plusieurs mois, des années, voire leur vie entière, dans ce pays où il fait si bon vivre. Illustré de centaines de photographies, ce livre comporte aussi des QR codes donnant accès à des vidéos présentant les plus belles régions du pays.


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