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Un fumier bio

Dossier - Le jardin bio : jardiner autrement
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Jardiner bio, cela signifie faire pousser des légumes, des fruits et des fleurs d’une façon naturelle, c’est-à-dire en respectant le plus possible les équilibres pouvant exister dans un jardin. Jardiner bio consiste à collaborer avec la nature.

  
DossiersLe jardin bio : jardiner autrement
 

Le fumier nourrit la terre par un apport d'humus, dont le rôle est fondamental. Les déjections animales, l'un des constituants du fumier, apportent de l'azote et des oligo-éléments. La paille, quant à elle, est particulièrement riche en matières fibreuses carbonées produisant l'essentiel de l'humus issu de la transformation du fumier.

Le fumier modifie sensiblement la structure du sol, donnant du corps aux terres légères et ameublissant les plus lourdes. L'humus permet ainsi un meilleur équilibre du sol en le rendant perméable, plus facile à travailler et plus riche en micro-organismes bienfaisants et vers de terre.

Qu'est-ce qu'un fumier bio ? Ici, fumure d'un champ. © JLPC, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

Il existe plusieurs sortes de terreaux et, de même, vous allez pouvoir utiliser plusieurs types de fumiers présentant chacun des caractéristiques propres. Mieux vaudra en tenir compte, afin d'utiliser cette source d'humus à bon escient !

Fumier de chevaux, de mulets et d'ânes

Chaud et léger, il convient surtout aux terres argileuses, froides et humides, qu'il sera capable d'échauffer et d'améliorer. S'il est recommandé pour la culture des champignons de Paris, son emploi vous donnera également satisfaction pour fertiliser vos cultures sur couche et sous châssis, toutefois à une dose plus faible qu'avec un fumier classique (200 g/m2, au lieu de 2 à 3 kg).

Fumier de cheval dans un pré au Danemark. © Malene Thyssen, Wikipedia Commons, CC by-sa 3.0

Fumier de vaches et de bœufs

Humide, froid, gras, lourd et compact, il convient essentiellement aux terres sèches, chaudes, légères et siliceuses. Il est capable de donner à ce type de sols de la fraîcheur et d'en lier les différents éléments, ce qui leur permettra de mieux résister à la chaleur estivale.

Fumier de porcs

Très froid, il gagnera toujours à être mélangé aux précédents, avec un intérêt particulier pour fertiliser les courges et les concombres.

Fumier de volailles

Très chaud, il exerce une action immédiate et ce sont surtout les plantes végétant rapidement qui peuvent surtout en profiter. Cet engrais ne pourra pas remplacer le fumier ordinaire car il est très pauvre en humus. En revanche, il est d'une grande richesse en azote et en potassium. Attention : à forte dose, il risquera de brûler quelque peu vos plantes ! Mieux vaudra vous en servir plutôt en couverture, lorsque vous aurez bêché, en l'enfouissant ensuite en ratissant.

Volaille. © Mll, Wikipédia

Fumier de lapins

Il améliore un sol léger, voire sableux. Vous pourrez donc l'utiliser au moment du bêchage de votre terrain. S'il est particulièrement bien décomposé, utilisez-le également en terreautage. Épandez-le en une fine couche sur la terre, ce qui ne pourra que l'améliorer.

Fumier déshydraté du commerce

Si vous n'arrivez pas à vous procurer du fumier auprès d'un voisin agriculteur, vous allez pouvoir vous procurer ce substitut dans une jardinerie. Un tel fumier se présente en poudre et pourra constituer une alternative intéressante, qu'il soit classique ou enrichi en algues marines. Apportez-en au sol au moment du bêchage de vos parcelles, à la dose de 2 à 3 kg/m2, ou de 1 à 2 kg à jeter au fond du trou de plantation de vos arbres et arbustes. Pour les arbres en place, saupoudrez environ 1 kg de ce produit sur la surface correspondant à la couronne, et bêchez. Il faudra diviser cette dose par trois pour vos rosiers.

Il faut utiliser le fumier à bon escient. © Michel Caron, éditions Ouest-France

Il faut utiliser le fumier à bon escient. L'hiver est la saison où le fumier doit être incorporé à la terre. Avant de réaliser ce travail, assurez-vous que votre matériau est bien décomposé car, si ce n'est pas le cas, vous risquerez de connaître quelques problèmes avec, notamment, la présence accrue de larves parasites (ver blanc, ver fil de fer ou taupin, tipule, etc.) qui, après être intervenues au niveau de la paille, s'en prendront aux racines de vos cultures.

Ce risque sera d'ailleurs plus fort dans les sols humides et compacts. Sachez aussi que dans un fumier insuffisamment décomposé, c'est-à-dire encore trop cellulosique et trop ligneux, les micro-organismes chargés de le décomposer auront besoin de beaucoup plus d'azote, qu'ils puiseront dans les réserves du sol, au détriment de vos cultures.

Épandage progressif

Vous avez préparé du fumier, mais celui-ci est encore frais ? Ne croyez pas que son efficacité sera très bonne si vous l'enfouissez actuellement ! Le mieux sera de l'épandre en surface de vos parcelles à enrichir en humus, sur une terre travaillée, d'une façon la plus régulière possible. Il vaudra mieux ne pas l'enfouir tout de suite en profondeur car cette matière va continuer à vivre et aura besoin d'oxygène.

Dans quelques semaines, vous effectuerez un léger griffage pour mélanger cette source de compost à la couche superficielle du sol. Il sera bon qu'elle reste encore pratiquement en contact avec l'air. Les micro-organismes et les vers de terre se chargeront progressivement de la transformer et de la véhiculer plus en profondeur. Au bout de quelque temps, lorsque vous ne discernerez plus la nature des matières organiques du départ, il faudra retravailler le sol pour y intégrer votre fumier. Vos apports pourront osciller entre 2 à 4 kg/m2 pour vos légumes et 1 à 2 kg/m2 pour les plantes vivaces.