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Une terre bio

Dossier - Le jardin bio : jardiner autrement
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Jardiner bio, cela signifie faire pousser des légumes, des fruits et des fleurs d’une façon naturelle, c’est-à-dire en respectant le plus possible les équilibres pouvant exister dans un jardin. Jardiner bio consiste à collaborer avec la nature.

  
DossiersLe jardin bio : jardiner autrement
 

Le sol de votre jardin, comme tous les types de terre, a ses avantages et ses inconvénients. Il va falloir que vous en teniez compte, en sachant qu'il ne vous sera pas possible de l'améliorer par un simple coup de baguette magique.

Ne vous désespérez pas si votre terre ne vous donne pas entière satisfaction ! En effet, vous allez pouvoir en améliorer la structure et la richesse, en particulier par des apports réguliers de compost.

Qu'est-ce qu'une terre bio ? © Alexas Fotos, Pixabay, DP

Différents types de terres : sableuse, argileuse, humifère…

Vous aurez toujours intérêt à choisir vos plantes à cultiver en tenant compte de la nature de votre terre. En bon jardinier bio, vous allez devoir observer, réfléchir et prendre certaines décisions raisonnées. Apprenez d'abord à connaître la nature du sol de votre jardin, en la faisant analyser dans une jardinerie ou, plus simplement, en l'observant.

  • Terre sableuse :

Elle s'effrite facilement, ce que vous remarquerez si vous en prenez un peu dans la main. Le soleil l'attiédit facilement. Elle se manipule sans problème, mais se dessèche vite et réclame de fréquents arrosages en été. Elle présente le défaut d'avoir tendance à s'acidifier. Améliorez cette terre à l'aide de tourbe, à la dose de 200 à 800 g/m2, ou de fumier (3 kg/m2) durant la saison froide. Vous gagnerez également à l'amender avec de la chaux et diverses poudres de roche, ce qui la rendra plus fertile.

  • Terre argileuse :

Sa principale caractéristique est de toujours avoir un aspect compact. Elle colle aux outils et aux doigts, et ne se désagrège pas quand vous en serrez une poignée mouillée. Ce type de sol, qui contient plus de 50 % d'argile dans sa composition, se réchauffe lentement dès l'arrivée des beaux jours et n'est pas facile à travailler. Il se fendille et forme des mottes lorsqu'il est sec. Sachez qu'il peut être considéré comme fertile s'il comprend plus de 12 % de matière organique, avec, alors, une vie microbienne correcte. Pour transformer cette terre, ajoutez-lui en hiver de la tourbe en surface, à la dose de 200-500 g/m2, si possible avec un peu de sable et de craie broyée.

  • Terre humifère :

Humide et de couleur noirâtre, elle contient un grand nombre de débris végétaux (plus de 25 %), d'où une consistance spongieuse, sans problème, qui retient bien l'eau d'arrosage. Elle est facile à travailler, riche en azote et jouit d'une bonne rétention d'eau. Mais, en revanche, elle est très pauvre en minéraux et très acide. Pour améliorer ses caractéristiques, apportez-lui de la bonne terre de jardin ou de l'argile, de la chaux et de la poudre de roche de temps en temps en automne. N'hésitez pas non plus, chaque printemps, à l'enrichir avec du compost et des engrais organiques.

Elle manque de cohésion, est perméable et récupère la chaleur rapidement en mars. Mais attention : on lui reproche d'être pauvre en éléments fertilisants ! Vous pouvez lui apporter régulièrement du fumier ou du compost de feuilles mortes à la dose de 3 kg/m2, avec du terreau (20 à 30 g/m2).

  • Terre franche :

Il s'agit de la meilleure terre dont vous pourrez disposer ! L'eau, la matière organique et les engrais y sont bien retenus et les racines y circulent librement. Afin d'y maintenir une bonne fertilité, vous aurez quand même intérêt à y pratiquer chaque année des apports de compost, de limon et d'argile. Une bonne terre de jardin correspond bien à ce type de sol, avec 60 % de sable, 20 % de limon et 20 % d'argile et de matière organique.

Mais ne vous faites surtout pas d'illusions : si votre sol mérite quelques réajustements au niveau de sa composition, les amendements que vous pourrez lui apporter ne modifieront pas sa composition d'un seul coup ! Il vaudra mieux vous armer de patience et l'enrichir progressivement, en plusieurs années.

Les vers de terre sont les bienvenus !

On a calculé que les vers de terre présents sur un mètre carré du sol d'un jardin pouvaient consommer par an 40 kg d'aliments divers (résidus de récolte notamment) ! Ces lombriciens, comme on les appelle aussi, jouent un rôle fondamental en matière de fertilité d'une terre. Ils améliorent sa porosité, permettant une meilleure circulation de l'air et de l'eau, ainsi que la pénétration des racines. Ils facilitent par ailleurs le mélange des matières organiques et des particules argileuses et stimulent l'activité d'une partie importante de la microflore. Ce capital biologique mérite d'être respecté au maximum !

Grâce aux vers de terre, votre sol va prendre peu à peu une structure grumeleuse, c'est-à-dire souple et facile à travailler. Sachez aussi que les déjections rejetées par les lombriciens contiennent davantage d'humus et de matières minérales que la terre environnante. Le premier principe lié au jardinage biologique va être de favoriser le plus possible la présence de ces vers. Bien sûr, vous n'allez pas pouvoir acheter dans le commerce des emballages pouvant en contenir et les épandre comme vous le feriez avec un engrais chimique ! Mais rassurez-vous : le fait de fournir régulièrement de la matière organique à votre terre, fraîche ou compostée, vous permettra d'accroître sensiblement leur présence et, par la même occasion, celle d'un grand nombre de micro-organismes favorables à la bonne tenue de votre jardin.