Lancé le 25 décembre 2021, le télescope spatial James-Webb n'a cessé de nous émerveiller depuis ses premières images dévoilées il y a 6 mois. Retour sur ses cinq plus belles et (déjà) iconiques images de l'Univers. La sélection a été difficile.

Lancé le 25 décembre 2021, le télescope spatial James-Webbtélescope spatial James-Webb a rejoint le point de Lagrange L2point de Lagrange L2, sa destination après environ un mois. Depuis, il piste le ciel profond, recherche des traces de vie extraterrestre, décortique les astres... et les photographiephotographie ! La toute première image fournie par le JWST a été dévoilée en juillet 2022 mais depuis, de nombreuses autres ont suivi. Futura propose une rétrospective avec cette sélection de cinq d'entre elles les plus marquantes.

Les « piliers de la création », incontournables et iconiques, dans la nébuleuse de l'Aigle photographiés par le télescope James-Webb. © Nasa, ESA, CSA, STScI, Joseph DePasquale (STScI), Anton M. Koekemoer (STScI), Alyssa Pagan (STScI)
Les « piliers de la création », incontournables et iconiques, dans la nébuleuse de l'Aigle photographiés par le télescope James-Webb. © Nasa, ESA, CSA, STScI, Joseph DePasquale (STScI), Anton M. Koekemoer (STScI), Alyssa Pagan (STScI)

Les célèbres « Piliers de la Création »

Cette région située au cœur de la nébuleuse de l'Aigle M16 était déjà bien connue, et avait notamment été mise en image par le télescope HubbleHubble en 1995 et 2014. Mais, cette fois, les « Piliers de la Création » apparaissent sous un jour nouveau grâce au James-Webb et à son instrument NIRCamNIRCam ! Situés à 6 500 années-lumièreannées-lumière, ces étranges nuagesnuages tiennent leur surnom des nombreuses étoilesétoiles qui se forment en leur sein. En effet, celles-ci découlent de l'effondrementeffondrement gravitationnel de nuages de gazgaz et de poussières. Ce sont des myriadesmyriades d'entre elles qui apparaissent ainsi au sein des piliers de la création, notamment des étoiles en cours de formation au niveau des bords, surgissant comme des points rouge vif ! Les étranges ondulations ressemblant à des coulées de lavelave correspondent, quant à elles, à des éjections de matièrematière provenant d'étoiles naissantes, de seulement quelques centaines de milliers d'années !

Comparaison en vidéo des « Piliers de la Création » vus par les télescopes spatiaux Hubble et James-Webb. © Nasa, ESA, CSA, STScI; J. DePasquale (STScI), A. Pagan (STScI), A. Koekemoer (STScI), N. Bartmann (ESA/Webb)

Les mystérieux anneaux cosmiques entourant une étoile

Sur cette image dévoilée en octobre 2022, d'étranges anneaux de poussière semblent entourer une étoile, rappelant des motifs d'empreintes digitalesempreintes digitales. Ils trahissent en fait le mouvementmouvement d'un système d'étoiles binairesbinaires, appelé Wolf-Rayet 140. Situées à 5 000 années-lumière, les deux étoiles qui le composent ne se rencontrent que tous les huit ans, et lorsque cela se produit, leurs ventsvents stellaires et les poussières qu'ils contiennent se concentrent autour d'elles sous forme d'anneaux ! James-Webb est parvenu à capturer 17 d'entre eux, là où les télescopes au sol n'en distinguaient que deux ! Le nom Wolf-Rayet provient de l'une des deux étoiles qui, comme son nom l'indique, est une étoile de Wolf-Rayet. Avec une massemasse de plusieurs dizaines de masses solaires, elle a déjà passé la phase principale où elle consomme de l'hydrogène, et réalise maintenant de la fusionfusion avec des éléments plus lourds, d'où les grandes quantités de vents stellaires émis dans l'espace.

L'étoile double Wolf-Rayet 140 et ses anneaux de poussière disséqués par le télescope James-Webb. © Nasa, ESA, CSA, STScI, JPL-Caltech
L'étoile double Wolf-Rayet 140 et ses anneaux de poussière disséqués par le télescope James-Webb. © Nasa, ESA, CSA, STScI, JPL-Caltech

La toute première photo de James-Webb, montrant l'Univers jeune

Dévoilée en juillet 2022, c'est la toute première photo prise par le télescope James-Webb, et a nécessité plusieurs semaines ! Plus exactement, c'est une image composite, réalisée par l'instrument NIRCam à partir d'une multitude d'images acquises dans différentes longueurs d'ondeslongueurs d'ondes. Au total, environ 12,5 heures de pose auront été nécessaires. Elle représente Smacs 0723, un amas de galaxiegalaxie en abritant des milliers, dont certaines visibles seulement dans l'infrarougeinfrarouge, jamais observées jusqu'à aujourd'hui ! Il apparait tel qu'il était il y a 4,6 milliards d'années, mais avec un niveau de détail bien plus élevé que lorsqu'il a été photographié par Hubble en 2017.

La toute première image du James-Webb montre l'Univers tel qu'il était il y a 4,6 milliards d'années avec l'amas de galaxies Smacs 0723 ! © Nasa, ESA, CSA / STScI
La toute première image du James-Webb montre l'Univers tel qu'il était il y a 4,6 milliards d'années avec l'amas de galaxies Smacs 0723 ! © Nasa, ESA, CSA / STScI

Jupiter aux couleurs étonnantes

Cette fois, c'est un astre que l'on connait très bien : Jupiter ! L'une des planètes géantesplanètes géantes du Système solaireSystème solaire, la plus proche du SoleilSoleil. Le traitement d'image, effectué par Judy Schimdt, montre cette planète gazeuseplanète gazeuse sous des couleurscouleurs inhabituelles !

Jupiter se dévoile sous les yeux du télescope James-Webb. © Nasa, ESA, CSA, Jupiter ERS Team; image processing by Judy Schmidt.
Jupiter se dévoile sous les yeux du télescope James-Webb. © Nasa, ESA, CSA, Jupiter ERS Team; image processing by Judy Schmidt.

Plusieurs vues ont été générées par le télescope puis travaillées pour donner ces couleurs. La toute première permet de bien observer la grande tâche rouge de Jupiter, qui apparait cette fois blanche, comme d'autres nuages, car ils réfléchissent une grande partie de lumière solaire. Des aurores apparaissent aussi aux deux pôles de cette géante.

L'autre image, quant à elle, permet de voir non seulement Jupiter, mais aussi ses anneaux, et plusieurs de ses satellites ! Plus exactement, ce sont Amalthea et Adrastea qui se dévoilent !

Cette deuxième photo dévoile les environs de la géante gazeuse Jupiter. © Nasa, ESA, équipe Jupiter ERS ; traitement d'image par Ricardo Hueso (UPV/EHU) et Judy Schmidt, Lesia
Cette deuxième photo dévoile les environs de la géante gazeuse Jupiter. © Nasa, ESA, équipe Jupiter ERS ; traitement d'image par Ricardo Hueso (UPV/EHU) et Judy Schmidt, Lesia

Un incroyable sablier cosmique

À première vue, il est difficile d'identifier ce qui se trouve sur cette photo. Capturé, encore une fois, grâce à l'instrument NIRCam, ce phénomène ressemblant étrangement à un sablier n'est autre qu'une étoile en cours de formation ! Appelée L1527 et située au centre de la photo, elle aspire vers elle des gaz et des poussières qui forment un disque protoplanétairedisque protoplanétaire tout autour d'elle. Sur l'image, il apparait comme une ligne sombre traversant la protoétoileprotoétoile. Les nuages, de part et d'autre de L1527, correspondent aux restes du nuage dans lequel l'étoile a commencé à se former. C'est parce qu'ils sont attirés petit à petit vers le centre du nuage que le tout prend cette forme de sablier. Agée de seulement 100 000 ans, cette protoétoile qui n'a pas encore enclenché la fusion nucléairefusion nucléaire nous permet finalement de regarder le passé de notre Système solaire.

La protoétoile dans le nuage sombre L1527, illustrée sur cette image de la caméra infrarouge proche du télescope spatial James-Webb (NIRCam) de la Nasa, est intégrée dans un nuage de matière alimentant sa croissance. © Nasa, ESA, ASC et STScl, J. DePasquale, A. Pagan et A. Koekemoer (STScI)
La protoétoile dans le nuage sombre L1527, illustrée sur cette image de la caméra infrarouge proche du télescope spatial James-Webb (NIRCam) de la Nasa, est intégrée dans un nuage de matière alimentant sa croissance. © Nasa, ESA, ASC et STScl, J. DePasquale, A. Pagan et A. Koekemoer (STScI)