Portrait de James Cook par William Hodges vers 1775. National maritime museum, Greenwich, Londres. © Wikimedia Commons, domaine public.

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Histoire : James Cook l'explorateur du Pacifique

Question/RéponseClassé sous :Époque moderne , James Cook , XVIIIe siècle

Courageux, leader ambitieux et humaniste dans l'âme, doté d'un grand sens marin, doué pour la cartographie, James Cook incarne l'idée de l'explorateur au XVIIIe siècle bravant et dépassant les limites. Le récit des observations de ce capitaine de la Royal Navy fut précieux pour enrichir les connaissances sur l'océan Pacifique.

Au XVIIIe siècle, le grand navigateur explorateur est certainement incarné par l'Anglais James Cook (1728-1779) : cartographe et hydrographe, il débute sa carrière dans la marine royale britannique en 1755. Pendant la guerre de Sept Ans et le siège de Québec, il cartographie l'embouchure du Saint-Laurent, Terre-Neuve et les côtes du Labrador.

Nommé commandant de l'Endeavour en 1768, il va acquérir un prestige considérable en se consacrant à trois expéditions successives dans l'océan Pacifique, au cours desquelles il effectue le tour complet de la Nouvelle Zélande, explore la côte est de l'Australie, tente d'approcher le continent antarctique, étudie l'île de Pâques et découvre les îles Hawaï.

Deux navires de James Cook (Le Resolution et l'Adventure) dans la baie de Matavai, Tahiti (deuxième voyage), par William Hodges en 1776. National maritime museum, Greenwich, Londres. © Wikimedia Commons, domaine public.

Premier voyage (1768-1771)

Commandité par la Royal Society de Londres, le premier voyage de James Cook a pour but d'observer à Tahiti, le passage de la planète Vénus sur le disque du Soleil, phénomène très rare prévu pour le 3 juin 1769. Parti de Plymouth en août 1768, le navire Endeavour traverse l'Atlantique, passe le Cap Horn et atteint Tahiti en avril 1769. Cook y fait construire un observatoire dans le but de recueillir des mesures permettant de déterminer avec précision la distance séparant Vénus du Soleil.

Les instructions pour la seconde partie de son voyage concernent la recherche de la mythique Terra Australis inconnue (le continent Antarctique). La Royal Society est persuadée de son existence et la couronne britannique espère y faire flotter l'Union Jack ! En septembre 1769, l'expédition atteint la Nouvelle Zélande : James Cook est le deuxième explorateur à visiter l'île après sa découverte par Abel Tasman en 1642. Il en établit une carte exceptionnellement précise, qui montre qu'elle comprend deux îles séparées par un détroit qui porte aujourd'hui son nom.

Carte de la Nouvelle Zélande par James Cook, 1769-1770. © Mary Evans, Rue des Archives.

Sur le chemin du retour, il explore la côte orientale de la Nouvelle Hollande (Australie) où les scientifiques anglais découvrent les kangourous et une grande quantité d'espèces animales nouvelles, dans une baie baptisée Botany Bay. La Grande Bretagne choisira ce site pour y établir la première colonie britannique d'Australie. En poursuivant vers le nord, le long de la côte australienne, l'Endeavour évite de justesse un naufrage sur la Grande Barrière de corail, en juin 1770.

Après sept semaines de réparation à l'embouchure de l'Endeavour River, le navire prend la route maritime de l'Ouest et entre dans le port de Batavia (Indonésie), siège de la Compagnie des Indes orientales néerlandaises, en octobre 1770. Puis, il double le Cap de Bonne Espérance en mars 1771 et rejoint l'Angleterre en juin. La publication du journal de l'expédition rend James Cook très populaire au sein de la communauté scientifique britannique.

Aquarelle représentant l'Endeavour de James Cook, par le peintre de marine Gregory Robinson. © Ouest France.

Deuxième voyage (1772-1775)

Très satisfaite des conclusions de la première expédition, la Royal Society demande à Cook de se rendre à nouveau dans le Pacifique, à la recherche du continent austral. Le deuxième voyage va détruire pour un temps le mythe de la terre australe inconnue. Deux navires participent à l'expédition : le Resolution et l'Adventure. L'acquisition d'un nouveau chronomètre de marine va permettre le calcul précis de la longitude.

Le cercle polaire antarctique est franchi le 17 janvier 1773 et la latitude de 71°10' (sud) est atteinte. Les deux bateaux se perdent de vue dans le brouillard de l’Antarctique et l'Adventure met le cap sur la Nouvelle-Zélande, avant de repartir pour la Grande Bretagne. Cook poursuit son exploration de la zone Antarctique et frôle le continent sans l'apercevoir ; personne n'est encore jamais allé aussi loin vers le sud.

Carte de la deuxième expédition de James Cook, 1772-1775. Données du trajet dans « Le grand défi des pôles » par B. Imbert et C. Lorius chez Gallimard Histoire, réédité en 2006. © Wikimedia Commons, domaine public.

Cook en conclut que la grande terre australe tant recherchée n'existe pas. Sur le chemin du retour, il effectue une halte à l’île de Pâques (Rapa Nui), découverte par le navigateur hollandais Jakob Roggeveen, le dimanche de Pâques 1722. Cook est le premier à tenter de percer l'énigme des statues gigantesques : son séjour sur l'île en mars 1774, fournit des informations essentielles sur la constitution géologique, la végétation, la population et pose de nombreuses questions sur les statues déjà renversées par les Hommes ou par un séisme.

Troisième voyage (1776-1779)

Pour son troisième voyage, James Cook tente de trouver le passage du nord-ouest entre Atlantique et Pacifique. L'expédition comprend encore deux navires : le Resolution et le Discovery. L'exploration commence par les îles Kerguelen à Noël 1776, et se poursuit par un détour en Nouvelle Zélande. Puis, Cook met le cap au Nord, découvre l'île Christmas à Noël 1777 (Kiribati, Pacifique nord) et accoste aux îles Hawaï (ou îles Sandwich) en 1778.

Les navires suivent les côtes du continent américain : dans son journal, James Cook décrit les tribus indiennes de Vancouver, les côtes d'Alaska, les îles Aléoutiennes et les rives du détroit de Béring. Après plusieurs tentatives, le détroit de Béring reste infranchissable en raison des glaces qui l'obstruent même en plein mois d'août.

Baie du Prince William en Alaska, dans « L'Atlas du troisième voyage de James Cook », de John Webber, Londres, 1784. © Gallica, Bibliothèque nationale de France

Une escale fatale aux îles Sandwich en février 1779, met fin à la vie du grand navigateur : une altercation éclate avec les habitants, Cook est frappé à la tête, battu puis, les Hawaïens enlèvent son corps. Des hypothèses controversées font état d'une possible consommation humaine ; l'équipage récupère les restes de leur capitaine pour l'inhumer en mer avec les honneurs militaires.

C'est James Cook lui-même qui a baptisé les îles « Sandwich » en l'honneur d'un comte anglais du même nom ! Il n'est certainement pas le premier Européen à y poser le pied : en effet durant le XVIe siècle, des navigateurs espagnols, néerlandais et portugais sillonnent déjà le Pacifique. Les îles Hawaï sont peut-être découvertes en 1527 par des navigateurs espagnols envoyés par Cortés.

Kealakekua Bay, Hawaï, lieu de débarquement de James Cook en février 1779. © Wikimedia Commons, domaine public.

James Cook a consacré plus de dix années à naviguer dans l'océan Pacifique et ses voyages ont apporté énormément de connaissances sur cette région du globe aux Européens. Il a découvert plusieurs îles, cartographié d'immenses portions de côtes, permis le calcul précis de la longitude. L'une des conséquences des explorations de Cook est la colonisation de l'Australie par la Couronne britannique et l'installation d'un lieu de déportation à Botany Bay. En 1788, les premiers déportés vont y croiser le Français, Jean-François de La Pérouse, et son équipage. Ils seront aussi les derniers à le voir vivant.

Endeavour River et Botany Bay, dessinées par James Cook en 1773. © Wikimedia Commons, domaine public.
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