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L’année 2011 sous le signe des lanceurs pour l’Esa

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Lors de sa conférence de presse du 14 janvier, le directeur général de l'Esa, Jean-Jacques Dordain, a présenté 2011 comme L'Année des Lanceurs. 2011 verra le lancement des lanceurs Soyuz et Vega depuis Kourou, le déploiement des premiers satellites opérationnels Galileo et du système de relais de données européen. Enfin, 3 astronautes européens séjourneront à bord de l'ISS. La Roumanie doit devenir le 19e État membre de l'Agence spatiale européenne et des accords de coopération seront signés avec Israel.

La gamme des lanceurs européens avec Vega, Soyuz et les deux versions d'Ariane 5 actuellement en service : celle qui permet de lancer l'ATV et celle utilisée pour les satellites (Ariane 5 ECA). © Esa/Cnes/Arianespace

2010, Année de la science, aura été extraordinaire du point de vue des progrès scientifiques dans de nombreuses disciplines des sciences de la Terre et de l'univers. Les satellites Planck et Herschell, lancés en mai 2009, ont contribué à des avancées considérables dans la connaissance de l'univers, comme le montrent les premiers résultats astrophysiques de Planck, récemment présentés.

Concernant l'observation de la Terre, les résultats sont également à la hauteur des attentes des chercheurs, voire plus. Avec Goce, par exemple, qui fournit des résultats uniques sur la mesure du champ de gravité de la Terre et donc des informations sur la circulation océanique, élément majeur du changement climatique. Les données sont fournies au satellite Smos contribuent à redessiner les cartes de la salinité des océans et l’humidité des sols. Enfin, avec CryoSat-2, le dernier explorateur de la Terre lancé en avril 2010, l'Esa dispose donc avec ces trois satellites d'instruments qui assurent la continuité des données fournies par Envisat.

L'ATV-2 pour ouvrir le ballet des missions

La première mission de l'année 2011 sera, le 15 février, le lancement de l'ATV Johannes Kepler, deuxième exemplaire de cet engin, le plus complexe des engins spatiaux construits en Europe. D'une part, ce véhicule automatique répond à des exigences de sécurité imposées aux seuls vols habités et d'autre part il est conçu comme un étage de lanceur, un satellite et un élément de la Station.

Ce tir sera suivi par deux lancements de navettes qui emporteront des éléments européens. Discovery, dont le tir est prévu le 24 février, transportera le module permanent PMM (Permanent Multipurpose Module) qui y sera amarré pendant au moins 10 ans et Endeavour, le 19 avril, livrera le détecteur AMS qui traquera la matière noire. Cet instrument promet d'être la charge utile la plus spectaculaire à bord de la Station spatiale.

Apprendre à travailler avec plusieurs lanceurs

2011 va surtout marquer le passage pour l'Agence spatiale européenne entre 30 années de vols spatiaux à l'aide d'un seul lanceur et un travail désormais confié à trois lanceurs, changeant considérablement la façon d'accéder à l'espace. En avril, l'Ensemble de lancement de Soyuz en Guyane (ELS) sera mis à la disposition d'Arianespace, signant la fin du programme à l'Esa et ouvrant la voie aux premiers lancements. Le vol inaugural du lanceur russe, avec les deux premiers satellites opérationnels Galileo, devrait intervenir entre le 15 août et le 15 septembre, marquant le début de la phase opérationnelle du système Galileo. Ce premier tir sera suivi, probablement en septembre, du lancement de Vega, mais de nombreuses étapes restent à franchir avant de déclarer le lanceur apte au vol (aptitude qui pourrait être confirmée en juillet). Ainsi, la première campagne de lancement pourrait débuter fin juillet, début août.

Autre activité importante en 2011, le démarrage du système de relais de données européen, un programme qui vise à délivrer des services opérationnels qui vont concerner le programme européen de surveillance de la Terre (GMES). L'intérêt du relais de données via satellite à été démontré avec succès par le satellite Artemis. Avec ce programme, on s'attend à des temps d'accès aux données passant de l'ordre de l'heure à celui de la minute avec la série des satellites  Sentinelle. Un progrès considérable qui va augmenter et améliorer de façon très importante les services opérationnels GMES, notamment lorsqu'il s'agira de fournir des informations pendant des catastrophes naturelles, pour la surveillance du climat, de la pollution et de la sécurité.

Enfin, l'année s'achèvera avec le lancement de l'astronaute néerlandais de l'Esa André Kuiper qui prendra place à bord d'une capsule Soyuz pour rejoindre la Station pour une mission de 6 mois. Au total, en 2011, 3 astronautes européens séjourneront à bord de la Station. Rappelons que Paolo Nespoli s'y trouve depuis le 17 décembre 2010 et doit retourner sur Terre en mai 2011. Entre-temps, son collègue de l'Esa, l'Italien Roberto Vittori, l'aura rejoint quelques jours dans le cadre de la mission STS-134.

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