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Avec Oural, se profile l'après Ariane 5

ActualitéClassé sous :Astronautique , Oural , Ariane 6

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A l'occasion du 11ème Séminaire intergouvernemental franco-russe qui s'est tenu les 13 et 14 février 2006, la France et la Russie, au travers de leur agence spatiale respective, ont décidé de poursuivre plus en avant leur coopération dans le domaine des futurs lanceurs de façon à rendre l'accès à l'espace plus facile et moins cher. Cet accord s'inscrit également dans un état d'esprit qui pousse à ce que l'Europe conserve son autonomie d'accès à l'espace tout en préservant sa position de leader sur le marché commercial à travers Arianespace.

Concepts exploratoires de lanceurs futurs

Cet accord, connu sous le nom de projet Oural vise, pour la partie française, à explorer et défricher certains choix technologiques en vue du remplacement d'Ariane 5 à l'orée 2020. Notez que d'ici 2020, une évolution du lanceur est possible. Si les conditions du marché le nécessitent, la version 12 tonnes d'Ariane 5 (ECB) pourrait être mise en service dès 2008. Il s'agit d'une Ariane 5 équipée d'un étage supérieur cryotechnique réallumable grâce au moteur Vinci, en cours de développement.

L'après Ariane 5 n'est pas très clair. Plusieurs études sont en cours en vue de déterminer si cette 'Ariane 6' (New Generation Launcher dans le jargon du CNES) sera un lanceur dépensable, partiellement réutilisable ou totalement réutilisable. Dans le cadre d'Oural, des démonstrateurs technologiques seront développés de façon à explorer certaines de ces tendances.

Alors, dépensable ou réutilisable. Tant au CNES qu'à l'Agence spatiale européenne on préfère ne pas trop s'avancer sur ce sujet. Dans un marché qui s'annonce de plus en plus concurrentiel, le développement d'un lanceur réutilisable n'est peut-être pas la solution idéale, surtout si sa mission consiste à lancer des satellites.

Arianespace a démontré sa capacité à exploiter une flotte de fusées dépensables avec le succès technique et économique qu'on lui connaît et bien que la firme européenne puisse perdre des parts de marché, tout laisse à penser qu'elle conservera sa position prédominante du moment que l'industrie européenne lui fournisse un lanceur fiable et économiquement viable.

Notez que l'utilisation d'un lanceur dépensable n'a de sens que si sa cadence de lancement est importante ou si l'on a la certitude de l'utiliser de façon prolongée sur au moins deux décennies, voire plus. Une cadence importante implique de multiples missions, des vols commerciaux au lancement de charges utiles vers la station spatiale internationale ou toute autre infrastructure orbitale. Mais dans tous les cas, ce lanceur devra être capable de viser toutes les orbites, ce qui implique le développement d'un corps central de base, auquel pourraient être adaptés divers éléments tels qu'étages supérieurs cryogéniques ou non, ainsi que plusieurs configurations de boosters à propergols liquides ou solides.

En attendant la décision finale, qui n'est pas attendue avant 2010, on peut penser que, dans le cadre du programme Oural mais également du programme préparatoire des lanceurs du futur de l'ESA (FLPP), les domaines suivants seront explorés :


    • la dynamique (vibrations, acoustique, chocs)
    • l'aérodynamique (externe ou interne)
    • le contrôle du vol (guidage, pilotage, navigation)
    • la propulsion par ergols liquides
    • la propulsion à propergols solides et la pyrotechnie
    • les structures
    • les systèmes électriques et l'avionique
    • les systèmes au sol

    Reste que si la décision finale porte sur un lanceur de type dépensable, l'Europe est consciente des efforts à faire dans le développement des technologies de rentrée atmosphérique. Cette recherche n'est pas à fonds perdus. Elle se justifie pour des projets d'exploration planétaire, on pense aux missions de retour d'échantillons, mais également de vols habités et dans une moindre mesure d'applications de défense (missiles).
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