En 2016, une Ariane 5 (ES) plaçait en orbite, en un seul vol, quatre satellites de la constellation Galileo. © Esa, P. Carril

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Quand Arianespace commandait 18 lanceurs Ariane 5

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Le lancement d'une Ariane 5, lors du tir VA241 le 25 janvier 2018, a connu un problème, qui n'a cependant pas empêché les deux satellites emportés de suivre leur orbite de transfert vers leur destination finale (l'orbite géostationnaire). Le programme Ariane 5, dans ses différentes versions, aura montré une grande fiabilité. En 2013, nous présentions le modèle ECA, plus puissant, réalisé par ArianeGroup.

Article paru le 21 décembre 2013

En attendant l'entrée en service d'Ariane 6, le lanceur qui succédera à l'actuelle fusée Ariane 5 à l'horizon 2020, Arianespace doit sécuriser et garantir à ses clients la pérennité de son offre de services de lancement au Centre spatial guyanais jusqu'à la fin de la décennie. La société vient donc de signer avec Astrium, maître d'œuvre unique du lanceur Ariane 5, un contrat portant sur la fabrication de 18 lanceurs Ariane 5 ECA, qui voleront entre 2017 et 2019.

Par rapport au lot précédent commandé en 2009 (le lot PB, qui comptait 35 lanceurs dont 5 lanceurs ATV de type A5 ES), les 18 lanceurs bénéficieront de capacités d'emport nettement améliorées par rapport aux lanceurs qui volent aujourd'hui, aussi bien en masse qu'en volume. Pour rappel, on utilise Ariane 5 depuis 1996. Ce lanceur a été employé à 71 reprises toutes versions confondues, avec seulement deux échecs complets et deux échecs partiels. Lors de sa dernière mission, en août 2013, le lanceur a réalisé son 57e lancement consécutif réussi.

Une Ariane 5 au décollage depuis son pas de tir du Centre spatial guyanais (V204, septembre 2011). En août dernier, Ariane 5 a effectué son 57e lancer d’affilée sans échec. © Esa, Cnes, Arianespace, Photo Optique, CSG

Ariane 5 ECA, un lanceur plus performant

Pour Arianespace, cette commande porte à 38 le nombre de lanceurs Ariane 5 en cours de production ou à produire. Ils lui permettront non seulement de préserver ses parts de marché, mais surtout d'adapter son offre de services dans un contexte de compétition toujours plus exigeant. Explications.

Ariane 5 ECA est un lanceur qui évolue et qui a vu ses performances s'accroître régulièrement pour répondre aux besoins du marché. En effet, pour Ariane 5 ECA qui effectue des lancements doubles, les améliorations de performances sont nécessaires pour continuer de permettre l'appairage de satellites dont les masses se sont accrues progressivement depuis les origines du programme, à la fin des années 1990.

On peut retenir que la performance générique d'Ariane 5 ECA, qui était encore de neuf tonnes au début des années 2000, a atteint les dix tonnes en 2012, et continue d'augmenter. Typiquement, Ariane 5 ECA emporte aujourd'hui généralement un « gros » satellite de six tonnes et plus, ainsi qu'un « petit » de trois à quatre tonnes.

Un étage principal cryotechnique et son moteur Vulcain 2 du lanceur Ariane 5, exceptionnellement vus de dessous, en cours d'intégration dans l'usine d'Astrium aux Mureaux, dans les Yvelines. © Rémy Decourt

Le tournant du satellite électrique

Avant l'arrivée future de la nouvelle version d'Ariane 5 dite ME (Midlife Evolution), dont le premier vol est prévu en 2018 et qui ambitionne une performance de 12 tonnes, un plan d'amélioration est en cours sur Ariane 5 ECA, qui doit permettre d'atteindre une capacité d'emport de 10,5 tonnes à l'horizon 2015. Pour rappel, la performance maximale offerte par le lanceur Ariane 5 ECA pour une orbite standard inclinée à 6° est supérieure à 10.300 kg. Une prouesse atteinte le 7 février 2013 par le lanceur L568, au profit des satellites Amazonas-3 et Azerspace-1/Africasat-1a.

Par ailleurs, dans le cadre du programme UPA (Upper Part Adaptation), l'Agence spatiale européenne va financer le développement d'une évolution de l'étage supérieur. Cela permettra une capacité d'emport supérieure en volume et répondant aux spécificités de nouveaux passagers que sont les satellites à propulsion électrique, plus légers mais plus volumineux que les traditionnels satellites à propulsion chimique. Cette capacité doit être disponible à compter de 2015, et fera l'objet d'une déclinaison au cas par cas, en fonction de la mission propre à chaque vol d'Ariane 5.

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