Des anticorps s'agglutinant autour d'un agent pathogènes. © Christoph Burgstedt, Adobe Stock
Santé

Immunodépression : qu'est-ce que c'est ?

DéfinitionClassé sous :médecine , système immunitaire , Cellules

L' immunodépression congénitale ou acquise est l'état dans lequel les réponses immunitaires d'une personne sont affaiblies. Cette situation augmente la sensibilité aux agents infectieux et la probabilité d'acquérir une pathologie grave, voire opportuniste (germes généralement peu agressifs).

Quelles sont les causes de l’immunodéficience?

Le déficit immunitaire peut être primaire (ou inné). D'origine génétique, il se traduit par un déficit de fonctionnement de la moelle osseuse à l'origine de la fabrication des cellules de l'immunité. L'absence de phagocytes, de lymphocytes B (et donc d’anticorps) ou de lymphocytes T est due à une anomalie du gène qui code pour leur formation. Le traitement repose sur le contrôle des maladies infectieuses : antibiotiques, antiviraux, antifongiques, associés selon les cas à des injections d'immunoglobulines (anticorps provenant des dons de sang) voire, dans les cas les plus graves, d'une greffe de moelle osseuse. La fréquence de cette anomalie est faible, 1 cas sur 10.000 personnes.

L'immunodéficience dite secondaire ou acquise est plus répandue. Elle est causée par des facteurs extérieurs et sont la conséquence de maladies (leucémie, lymphome) ou de traitements (chimiothérapie, traitements immunosuppresseurs). Le VIH, virus de l'immunodéficience humaine en est un exemple. En s'attaquant aux lymphocytes T4, ce virus réduit les mécanismes de reconnaissance de l'antigène par les cellules de l’immunité. Sans traitement, la personne contaminée présentera des infections récurrentes pouvant entraîner le décès. D'autres conditions pathologiques peuvent s'accompagner d'un degré plus ou moins important d'immunosuppression telles que le diabète ou l'insuffisance rénale chronique.

La pulpe blanche de la rate élabore les lymphocytes producteurs d'anticorps. © Wikipedia Commons, Domaine public

La rate est aussi une composante du système immunitaire. La pulpe blanche produit des lymphocytes, de telle sorte qu'après une splénectomie (ablation de la rate) post-traumatique par exemple, l'organisme perd sa capacité à produire les anticorps protecteurs contre les agents pathogènes.

Quelles sont les possibilités face à l’immunodéficience ?

Quelle soit innée ou acquise, l'immunodéficience engendre une gestion des pathologies infectieuses. Outre les médicaments anti-infectieux, les personnes immunodéficientes doivent bénéficier de schémas vaccinaux adaptés. Les protocoles vaccinaux s'évaluent avant la détérioration du système immunitaire quand cela est prévisible (splénectomie, mise sous traitement immunosuppresseur).  

D'autre part, les immunodéprimés ne peuvent pas recevoir de vaccins vivants atténués en raison des risques potentiels de survenue de la maladie. Certains vaccins non recommandés en population générale (infection à pneumocoques) seront donc préconisés et les posologies habituelles, généralement renforcées en raison de la faible réponse immunitaire.

C'est le cas dans la vaccination contre la Covid-19, pour laquelle le protocole préconisé s'appuie sur une vaccination de l'entourage, une diminution de l'espacement entre les doses, des sérologies fréquentes et l'administration d'anticorps monoclonaux récemment disponibles face à une immunodéficience sévère.

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