Santé

La greffe de moelle osseuse

Dossier - Greffe : greffes d'organes et de tissus
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L'attente d'une greffe d'organe concerne chaque année en France plus de 14.000 personnes. Greffe de foie, greffe de cœur... mais aussi greffes de tissus (peau, cornée, moelle osseuse).

  
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Dans la moelle osseuse, les cellules souches hématopoïétiques peuvent se diviser et se différencier en cellules sanguines : globules rouges, globules blancs et plaquettes. C'est pourquoi, lors d'une greffe de moelle osseuse, ce sont ces cellules souches qui sont greffées pour reconstituer tout le tissu hématopoïétique du patient.

Prélèvement de moelle osseuse en vue d'une greffe de moelle osseuse. © US Navy, domaine public

Donneurs et receveurs pour la greffe de moelle osseuse

Les patients ayant besoin d'être greffés sont atteints d'une maladie grave du système hématopoïétique comme une leucémie, un lymphome ou un myélome. Le donneur doit partager une compatibilité tissulaire avec le receveur ; c'est pourquoi les donneurs sont tout d'abord recherchés dans la fratrie du receveur. S'il n'y a pas de donneur potentiel dans le cercle familial, le patient est inscrit sur une liste d'attente nationale ou internationale, mais la probabilité de trouver un donneur histocompatible est parfois inférieure à 1 chance sur un million, selon le groupe tissulaire du receveur. Les banques de sang placentaire peuvent représenter une alternative : ces cellules proviennent de prélèvements réalisés à la naissance sur le cordon ombilical.

La greffe de moelle osseuse

Avant la greffe, le médecin informe le malade de tous les risques liés à l'opération.

La greffe consiste à reconstituer le tissu hématopoïétique du patient avec des cellules souches hématopoïétiques provenant d'un donneur. Le prélèvement de moelle osseuse chez le donneur est réalisé sous anesthésie générale. L'opération présente peu de risques, hormis ceux inhérents à toute anesthésie. Il existe une possibilité de prélever des cellules souches hématopoïétiques directement dans le sang, mais en utilisant un facteur de croissance hématopoïétique qui peut présenter des risques cardiovasculaires.

Avant la greffe, le receveur subit un traitement de conditionnement qui le place dans un état d'immunosuppression. Il peut s'agir d'une chimiothérapie et d'une irradiation afin d'éliminer toutes les cellules cancéreuses, si le patient souffre d'une tumeur. L'objectif est que les cellules souches du donneur puissent totalement remplacer la moelle osseuse détruite du patient. Les cellules hématopoïétiques du donneur sont transférées au receveur par voie veineuse, dans les heures qui suivent leur prélèvement. Au bout de quelques semaines, les cellules souches implantées commencent à fonctionner. En attendant le début de l'hématopoïèse, le greffé est transfusé et isolé dans une pièce stérile pour éviter toute contamination.

Après la greffe

Il faut plusieurs mois pour que les cellules souches greffées rétablissent des défenses immunitaires suffisantes. Une des complications possibles est une réaction du greffon contre l'hôte : il s'agit en quelque sorte de l'inverse de la réaction de rejet, les cellules immunocompétentes du donneur réagissant contre les cellules de l'hôte.