Santé

Autogreffe de la main droite d'un patient sur son bras gauche

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La vie active de ce patient espagnol de 43 ans aurait pu s'arrêter là. Amputé de la main gauche il y a 40 ans, il s'est retrouvé avec son seul bras droit valide. Puis en 2004, atteint d'un accident vasculaire cérébral l'ayant partiellement paralysé, il perd complètement l'usage de son bras droit, ainsi que de la seule main qui lui reste.

Double greffe de mains par le Dr Cavadas (à gauche). Image d'archives fondation Cavadas.

Restait une alternative : greffer une main gauche sur le bras resté valide et que le patient pouvait encore contrôler, ou "déplacer" sa main droite paralysée mais saine, vers le bras opposé.

C'est cette dernière option qu'a choisie le docteur Pedro Cavadas, chirurgien espagnol de la fondation du même nom, spécialisé dans les greffes et la microchirurgie réparatrice. Ce faisant, il éliminait presque totalement le risque de rejet, ce type d'autogreffe étant bien mieux accepté par l'organisme qu'une transplantation provenant d'un donneur.

"Il ne pouvait rien faire et il avait besoin d'aide pour tout", a déclaré Pedro Cavadas, insistant sur l'absence de traitement anti-rejet liée à cette technique et le taux accru de réussite qui en résulte.

Cette opération délicate s'est effectuée le 29 avril dernier à l'hôpital Virgen del Consuelo de Valence (Espagne), et a exigé 13 heures d'un travail minutieux, non seulement pour la greffe elle-même, mais aussi pour la préparation du greffon, en raison des différences physiologiques existant entre deux mains opposées. Le Dr Cavadas explique qu'il a dû modifier toute la structure de la main, qui se présentait comme une image miroir inversée d'un greffon idéal, et effectuer tout un travail de préparation sur les os et les tendons. Le pouce a aussi été déplacé, à la fois pour des raisons esthétiques mais aussi d'ordre pratique.

Ce n'est que lorsque les articulations de la main ont pu correspondre à celles de l'avant-bras que la pose a pu être effectuée, et toutes les parties fonctionnelles minutieusement reliées entre elles avant rétablissement de la circulation sanguine dans le membre greffé.

Un peu plus d'un mois après l'opération, le patient peut déjà bouger la main et se dirige vers une rééducation qui lui permettra vraisemblablement de pouvoir mener une vie normale.

Le Dr Cavadas était déjà connu pour avoir réalisé la première double transplantation de mains en Espagne en 2006, sur une patiente de 47 ans amputée depuis 28 années suite à une explosion. Au premier janvier de cette année, ce chirurgien avait à son actif un total de 36 mains greffées sur 27 sujets, mais curieusement et excepté le cas de cette patiente, tous les receveurs étaient de sexe masculin.

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