Santé

La greffe de rein ou transplantation rénale

Dossier - Greffe : greffes d'organes et de tissus
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L'attente d'une greffe d'organe concerne chaque année en France plus de 14.000 personnes. Greffe de foie, greffe de cœur... mais aussi greffes de tissus (peau, cornée, moelle osseuse).

  
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La greffe de rein est la plus couramment réalisée en France, avec plus de 2.800 greffes rénales sur l'année 2010. La transplantation rénale intervient comme traitement de l'insuffisance rénale chronique en phase terminale. Contrairement à d'autres greffes, elle ne relève pas de l'urgence vitale dans la mesure où une alternative existe : la dialyse, très lourde à vivre dans le quotidien du patient.

Lors de la greffe d'un rein, les reins du receveur restent en place. © NIH – Domaine public (administration américaine)

Avant la transplantation rénale

L'insuffisance rénale terminale est atteinte lorsque 80 % des unités fonctionnelles des deux reins sont détruites. Les causes principales de cette insuffisance rénale sont le diabète sucré et l'hypertension artérielle au long cours. Lorsqu'un patient a besoin d'une greffe, il subit des examens préliminaires afin de vérifier qu'il pourrait supporter le traitement immunosuppresseur, l'anesthésie et l'opération. Puis le malade est inscrit sur une liste d'attente nationale gérée par l'Agence de la biomédecine. En général, les patients en attente de greffe d'un rein sont en dialyse pendant ce temps d'attente.

Greffe de rein : donneur vivant ou donneur en mort cérébrale

S'il en a la possibilité, le patient peut bénéficier d'une greffe à partir d'un donneur vivant, généralement issu de son cercle familial proche, ce qui permet de raccourcir le temps d'attente. Toujours minoritaires en France, les greffes de rein de donneur vivant voient leur proportion augmenter, représentant 280 greffes sur les 2.889 réalisées en 2010, soit près de 10 %. Le donneur ne doit pas souffrir de maladies qui constitueraient un risque pour lui ou le receveur et il doit donner son consentement sans être contraint à ce choix.

S'il n'existe pas de donneur vivant, le rein est prélevé sur un donneur en état de mort encéphalique. Comme les médicaments antirejet sont de plus en plus efficaces, il est possible de faire des transplantations rénales même en l'absence de compatibilité des groupes sanguins du donneur et du receveur.

La technique de transplantation rénale

Pour prélever le rein d'un donneur vivant, on utilise de plus en plus la chirurgie laparoscopique « hand-assisted » : une petite incision ne laisse passer que la main du chirurgien qui visualise son geste grâce à une caméra insérée par une autre incision. Cette technique favorise la récupération rapide du donneur.

Les reins du receveur sont généralement laissés en place car il se peut qu'ils produisent encore un peu d'urine. Le rein greffé est donc placé dans un endroit différent, en général dans l'une des deux fosses iliaques. La veine et l'artère rénales sont connectées aux vaisseaux iliaques externes et l'uretère à la vessie.

Vivre avec un rein greffé : la peur du rejet de greffe

Le rein greffé commence à fonctionner dès sa transplantation mais il faut attendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines avec un donneur décédé, pour que le fonctionnement atteigne un niveau normal. La survie d'un greffon rénal est évaluée à 90 % au bout d'un an et au bout de dix ans :

  • 60 % pour un donneur décédé ;
  • 80 % avec un donneur vivant.

Le greffé doit prendre toute sa vie un traitement immunosuppresseur pour éviter un rejet de la greffe. Le rejet aigu concerne 10 à 25 % des personnes dans les deux premiers mois suivant la transplantation. Plusieurs molécules sont combinées dans le traitement immunosuppresseur :

Ce traitement a pour conséquences de diminuer les défenses de l'organisme et donc d'augmenter ses risques de développer des infections opportunistes, voire un cancer. C'est pourquoi la transplantation est contrindiquée aux patients ayant des antécédents récents de cancer. Des bilans réguliers sont réalisés afin de dépister ces éventuelles complications. La durée de vie moyenne d'un rein greffé étant de 10 à 15 ans, il faut parfois envisager une seconde transplantation.