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Espèces marines et terrestres au « Crétacé moyen » : une vie foisonnante

Dossier - Dinosaures et autres géants du Crétacé au Maroc
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Les dinosaures sont les plus fameux animaux du passé, notamment par leur grande taille. Étonnement, ces restes de dinosaures géants sont souvent accompagnés d’autres vertébrés – requins, poissons osseux, crocodiles – également de très grande taille. Que signifient ces assemblages singuliers ?

  
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Au « Crétacé moyen », la vie dans les mers et sur les terres présente un mélange de formes aux apparences étranges, aujourd'hui éteintes, et d'organismes d'allures modernes.

Pterosauria. © HombreDHojalata, CC BY-SA 3.0
L'ammonite disparaît à la fin du Crétacé. © DR

Les espèces marines au « Crétacé moyen »

Dans les mers, l'essentiel des espèces d'invertébrés appartiennent à des groupes encore présents de nos jours et seuls des détails anatomiques permettent de distinguer les espèces crétacées des espèces modernes. Parmi les exceptions se trouvent les ammonites, des mollusques à coquilles généralement spiralées et les rudistes, des mollusques bivalves en forme de cônes pouvant constituer des récifs. Ces deux groupes disparaissent à la fin du Crétacé.

Parmi les vertébrés marins, on observe chez les requins et les poissons osseux un mélange de familles éteintes et actuelles, mais l'aspect général de ces animaux est proche des formes actuelles.

Aipichthys minor (Pictet 1850) poisson téléostéen de la Téthys cénomanienne. Localité : Hjoula Liban Taille : 45 x 42 mm. © Didier Descouens licence Creative Commons Paternité – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported

Les espèces terrestres au « Crétacé moyen »

C'est au sein des reptiles que l'on trouve les espèces qui nous paraissent aujourd'hui étranges. On rencontre des ichtyosaures, des reptiles à l'allure de poissons, des plésiosaures et des pliosaures, des lézards dont les premiers mosasaures qui disparaissent à la fin du Crétacé et les premiers serpents qui étaient alors marins.

Comme dans le milieu marin, les invertébrés terrestres du milieu du Crétacé n'auraient pas choqué, dans leur ensemble, un œil humain. Plusieurs groupes d'insectes se diversifient parallèlement aux plantes à fleurs dont ils sont dépendants.

Squelette d'un ptérosaure au North American Museum of Ancient Life. © Zachary Tirrell

Parmi les vertébrés, les mammifères, déjà diversifiés bien que généralement de petite taille, poursuivent une évolution entamée plus de 100 millions d'années plus tôt et les oiseaux - un groupe spécialisé de dinosaures - occupent les airs depuis 50 millions d'années. Là encore, c'est parmi les reptiles que les formes les plus surprenantes se rencontrent avec, bien sûr, les dinosaures mais également les ptérosaures volants. À leur côté évoluent depuis plusieurs dizaines de millions d'années des tortues et des crocodiles dont certaines espèces sont très spécialisées.

Schémas montrant des silhouettes des principaux groupes de vertébrés du Cénomanien en milieux terrestre et d’eau douce (gauche) et en milieu marin (droite). © DR

Impact des conditions environnementales sur les espèces

Les conséquences des conditions environnementales extrêmes du « Crétacé moyen » sur la vie de cette époque sont importantes et multiples. Dans les océans, on assiste à une diversification de certains groupes, notamment des poissons osseux et de certains reptiles marins (les squamates, le groupe qui réuni lézards et serpents). En contrepartie, des épisodes d'anoxie marine (une chute du taux d'oxygène dans les mers) causent des séries extinctions.

Les conditions de vie en milieu continental, qu'il s'agisse d'environnements terrestres ou d'eau douce, sont moins bien connues car on dispose de beaucoup moins d'informations. Cependant, de plus en plus de gisements fossilifères de l'étage cénomanien fournissent de nouvelles données sur les organismes continentaux. Le tableau que dessinent ces découvertes montre un monde fascinant.