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Centrales nucléaires

Dossier - Découvrir le Loiret
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De Briare à Orléans, 80 km au bord de la Loire, le dossier que vous allez lire vous fera découvrir un tout petit tronçon de ce grand fleuve français.

  
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Près d'un demi-siècle d'histoire

La production d'électricité et le Bassin de la Loire, c'est une histoire vieille de près d'un siècle. Dès le début du 20ème siècle, des installations hydroélectriques ont été implantées sur des affluents de la Loire, notamment sur la Sioule, le Cher, la Vienne et surtout la Creuse qui a joué, dès les années 1930, un rôle fondamental dans l'interconnexion de la région parisienne avec les usines du Massif Central.

Centrale nucléaire. © Fietzfotos, Pixabay, DP

Puis vient, après la Seconde Guerre Mondiale, le temps d'aménagements hydroélectriques plus conséquents comme Montpezat sur la haute Loire et Grangent près de Saint-Etienne. Des aménagements thermiques, utilisant du charbon ou du fioul, se succèdent dans l'estuaire : Chantenay puis Cheviré et enfin Cordemais. Enfin sur les bords de la Loire a débuté l'utilisation de l'atome pour la production d'électricité.

Schéma d'une centrale nucléaire

L'histoire du nucléaire civil en France commence sur les bords de Loire.

La première centrale nucléaire française conçue pour la production d'électricité, date de 1963. Elle fut connue sous le nom de " la Boule " bâtiment sphérique en acier de 55 mètres de diamètre. Les travaux auront duré dix ans. Cette " Boule ", les collectivités locales ont souhaité la conserver et elle abrite actuellement un musée du nucléaire. En 1965 et en 1966 suivront la mise en service de Chinon A2 puis de Chinon A3. En 1969 et 1971, ce sont deux autres unités de production de cette filière nucléaire française qui démarrent à Saint-Laurent-des-Eaux, totalisant 840 MW. Pendant dix ans, vont se dérouler les travaux des quatre réacteurs " à eau pressurisée " de Chinon, réacteurs de 900 MW chacun. Dans la même période, Saint-Laurent s'équipe de deux nouvelles unités de production du même type.

St Laurent, centrale EDF

Le nucléaire en dates clés : En France, la physique nucléaire est de longue tradition.

  • 1934 : Frédéric et Irène Joliot-Curie découvrent la radioactivité artificielle.
  • 1939 : une équipe du Collège de France montre que la fission de l'uranium peut entraîner une « réaction en chaîne ».
  • 1945 : Création du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) De Gaulle.
  • 1948 : le CEA construit la première « pile » nucléaire d'Europe, nommée ZOE.
  • 1956 : première électricité d'origine nucléaire à Marcoule.
  • 1963 : inauguration, à Chinon, de « la Boule »

1968 : construction de Réacteurs à Eau sous Pression (REP).

  • 1973 : premier choc pétrolier
  • 1977 : Fessenheim (Alsace), première centrale de la filière REP de 900 MW.
  • 1985 : mise en service de Paluel, première de la série des 1 300 MW.
  • 1986 : mise en chantier à Chooz de la première unité de 1450 MW

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  • 1990 : plus de 420 réacteurs, dans plus de 30 pays, fournissent 17% de l'électricité mondiale. En France, 75% de l'électricité est nucléaire.
  • 1999 : Civaux possède un réacteur de dernière génération.

Dès la conception, une préoccupation: la sûreté.

Bien avant le début des chantiers, dix ans environ, des études de sûreté. Les centrales sont en particulier conçues pour résister à une crue d'un débit deux fois supérieur à celui de la plus forte crue observée. Ces études ont fait considérablement progresser la connaissance de l'écosystème ligérien. Mais ceci n'a pas empêché les problèmes de refroidissement, entre autres, en 2003...

Des choix innovants en matière de réfrigération atmosphérique

L'eau de refroidissement des condenseurs cède ses calories dans de grandes tours où circule un courant d'air permanent. C'est la vapeur d'eau, et non de la fumée, qui contribue à former les panaches. A Saint-Laurent-des-Eaux, la hauteur des tours de réfrigération a été réduite à 120 mètres - au lieu de 160 mètres pour les centrales du même type - afin de les rendre invisibles des terrasses du château de Chambord situé à 13 kilomètres de la centrale ! Aucun effet significatif sur la température au sol n'a été révélé ; le seul impact mesurable, dû aux panaches de vapeur d'eau, est une réduction d'insolation de 2 à 5 %, soit 40 à 100 heures par an, entre 2 et 5 kilomètres autour des centrales. De plus il a été montré qu'il n'y avait pas de risque de précipitations artificielles.

Une surveillance du milieu

Avant la mise en service des centrales un état de référence est établi. Le système de refroidissement atmosphérique limite les échauffements de la Loire. De même, l'atmosphère et le milieu aquatique font l'objet d'une surveillance permanente et d'un contrôle sous l'autorité de l'Office de Protection contre les Rayonnements Ionisants (OPRI). En pratique, ce sont plus de 7 000 mesures réglementaires qui sont effectuées chaque année au voisinage des sites.

Les déchets

Les déchets solides de faible et moyenne activité proviennent du traitement des rejets gazeux et liquides (filtres des circuits d'eau, des pièges à iode, concentrats d'évaporateurs) et d'opérations d'entretien (chiffons, papiers, gravats, gants, tenues d'intervention, huiles, effluents de décontamination). Ces déchets sont conditionnés caractérisés et suivis. Les déchets de très haute activité, les éléments combustibles, sont évacués vers la Hague.

Ceci ne résout pas du tout le problème des déchets en eux-mêmes bien entendu !

Les 58 réacteurs EDF français, répartis sur 19 centrales, produisent environ 420 TWh/an en consommant une moyenne de 1150 tonnes de combustible neuf.  Ils génèrent des déchets radioactifs. Les déchets dits « à vie courte », représentent plus de 90% de la quantité totale, mais ne contiennent que 0,1% de la radioactivité des déchets. Les déchets dits « à vie longue », issus du traitement du combustible nucléaire, perdent leur radioactivité sur des dizaines de milliers d'années ! Ils représentent moins de 10%, mais contiennent 99,9% de la radioactivité. Et ceux- ci personne ne sait qu'en faire !!!

Dampierre produit 7 fois la consommation du Loiret

Située à 10 km en aval de Gien (Loiret), la centrale de Dampierre déploie ses installations sur 120 hectares en bord de Loire. En 1994, elle a fêté le cap des 300 milliards de kWh livrés sur le réseau depuis sa création.

Dampierre

La centrale est équipée de quatre réacteurs de 900 MW et produit en moyenne, chaque année, 22 milliards de kilowattheures (22 TWh), soit 5 % de la production d'EDF et sept fois la consommation annuelle du Loiret. En 2003, ce sont 24,17 TWh qui ont été produits.
Les quatre aéroréfrigérants de Dampierre mesurent chacun 165 mètres de haut sur une base de 131 mètres de diamètre.

La centrale de Belleville est implantée à Lere (18), près de Gien (30 km en amont).

Etendues sur une surface de 170 hectares en bords de Loire, les installations ont été construites sur une plate-forme "hors d'eau" rehaussée de 4,60 mètres. Ce niveau est prévu pour résister à une crue millénaire. Les deux réacteurs filière REP de 1300 MW chacun ont produit 17 milliards de KWh (17 TWh) en 2003. Ce résultat couvre l'équivalent de la consommation électrique annuelle de la Région Centre (15,6 milliards de kWh).

Belleville, centrale EDF

Saint-Laurent-des-Eaux couvre les besoins de la Région Centre
La centrale de Saint-Laurent-des-Eaux se situe sur le territoire de la commune de Saint-Laurent-Nouan, à l'est du département de Loir-et-Cher (41). Elle est construite sur la rive gauche de la Loire, entre Blois et Orléans, à 150 km de Paris.

Les deux réacteurs en fonctionnement, de filière REP et d'une puissance unitaire de 900 MW, produisent en moyenne 11 milliards de KWh par an (11 TWh). Ce résultat représente environ 75 % de la consommation annuelle des 6 départements de la région Centre. En 2003, la production s'est élevée à 11,57 TWh. Deux unités de production de la filière UNGG, respectivement mises en service en 1969 et 1971, sont définitivement arrêtées depuis 1990 et 1992.

Une prise en compte des poissons migrateurs

Le site de Saint-Laurent-des-Eaux est concerné par le passage des espèces migratrices du fait de la présence d'un seuil dans le fleuve sur lequel a été aménagée une passe à poissons.

Saumon de Loire

Les efforts faits à Saint-Laurent se situent dans le contexte global de l'action d'EDF sur l'ensemble du bassin de la Loire, depuis l'estuaire jusqu'au haut Allier ou encore sur la Vienne. Cette action est menée en étroite collaboration avec tous les organismes concernés et s'intègre dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature. La passe de Saint-Laurent-des-Eaux va faire l'objet, d'améliorations vis-à-vis des aloses et des anguilles.

Souhaitant faire reconnaître les résultats obtenus sur le plan de l'environnement, les deux centrales du Val de Loire se sont engagées dans une démarche ISO 14001 qui constitue le standard optimal en matière de management de l'environnement. Un organisme indépendant validera l'obtention de cette certification d'ici 3 à 4 ans.

Saumon de l'atlantique

Chaque année, le Conseil Supérieur de la Pêche (CSP) effectue, à la demande de la centrale nucléaire de Saint-Laurent, l'étude du milieu aquatique de la Loire.

Saumon du Pacifique
Saumon du Pacifique

Vous pouvez ici comparer les caractères respectifs des saumons des 2 régions.

C'est pour vérifier l'impact significatif de ses activités sur la faune vivant dans la Loire que St-Laurent fait procéder chaque année au comptage des poissons. En 2005, l'opération a eu lieu début octobre. Les poissons sont capturés, triés par espèce et par classe d'âge, puis comptés avant d'être relâchés. Ainsi, plusieurs milliers de poissons sont étudiés par campagne et les informations recueillies sont intégrées dans une base de données, constituée depuis dix ans. Les constats effectués permettent de confirmer que la qualité des eaux de la Loire s'améliore sensiblement depuis plusieurs années. Les résultats de cet inventaire annuel sont transmis à la centrale de St-Laurent, puis à l'Autorité de sûreté nucléaire. Ils sont également mis à la disposition du public et de la Commission locale d'information, au travers d'un Rapport annuel de surveillance de l'environnement. Ce suivi du peuplement piscicole en Loire s'inscrit dans une démarche réglementaire globale de surveillance à long terme de l'impact sur l'environnement de l'activité nucléaire, qui se traduit par l'analyse régulière de la qualité de l'eau, des sols et de l'air, mais aussi d'échantillons de lait et de végétaux.

Les centrales nucléaires de St-Laurent-des-Eaux et de Chinon utilisent, pour leur refroidissement, 50 à 60 m3/sec d'eau de la Loire. Par quatre campagnes d'étude (1975 à 78) en avril-mai, accompagnées de marquages en amont, ont été étudiés, principalement à St-Laurent, où les pertes sont les plus importantes, le comportement et le nombre des saumoneaux (ou "smolts") qui entrent dans les prises d'eau.

Pour plus de détails sur les saumons français:

Pour la Loire : http://www.saumondeloire.com/
Et la Garonne : http://www.futura-sciences.com/sante/actualites/vie-saumons-garonne-sous-haute-surveillance-6948/

A St-Laurent, ces nombres (530 à 3 300), ainsi que la proportion approximative par rapport à l'effectif total dévalant (0,5 à 8,5%), sont d'autant plus élevés que le débit de la Loire est plus faible en avril-mai. Ils constituent une estimation minimale des pertes, car ils ne concernent pas la totalité de la période réelle de dévalaison. 70% de ces saumoneaux (c'est-à-dire environ 3,5% du total des saumoneaux passant à cet endroit) sont rejetés à la Loire morts ou en mauvais état parce que pris dans les machines. A défaut de pouvoir maintenant aménager dans les canaux de prise un exutoire vers l'aval, il a été conseillé de protéger l'entrée du canal de St-Laurent par une longue drôme flottante, presque parallèle au courant principal, et munie d'un rideau de chaînes. Un tel dispositif a été installé par E.D.F.