À en croire les simulations informatiques de chercheurs américains, les « pâtes nucléaires » que l’on trouverait dans la croûte interne des étoiles à neutrons constitueraient le matériau le plus résistant de l’univers. © Peter Jurik, Fotolia

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Étoiles à neutrons : les « pâtes nucléaires », matériau le plus résistant de l’univers

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Les pâtes alimentaires se brisent sans difficulté d'un simple coup de dent. Mais, des chercheurs américains sont formels, leurs cousines, les « pâtes nucléaires » que l'on trouverait sous la croûte des étoiles à neutrons, seraient autrement plus résistantes.

La question de la résistance de la croûte des étoiles à neutrons se pose dans de nombreux problèmes d'astrophysique. Et même au-delà puisqu'il s'agit là d'un modèle de physique des conditions extrêmes. C'est donc pour comprendre un peu mieux l'élasticité de cette croûte que des chercheurs américains viennent de réaliser la plus importante simulation informatique jamais menée à ce sujet.

Rappelons que les étoiles à neutrons sont le résultat de l'effondrement d'une étoile massive sous l'effet de sa propre gravité. Elles sont de fait extrêmement denses. 1014 fois plus que le noyau de la Terre. Pourtant, comme notre planète, elles présentent une croûte. Une croûte à la limite de laquelle existeraient d'étranges structures, en forme de lasagnes et de spaghettis notamment, que les scientifiques appellent des « pâtes nucléaires ».

Différents types de « pâtes nucléaires » telles que les imaginent les astrophysiciens. © Caplan & Horowitz, McGill University

« Pâtes nucléaires » et ondes gravitationnelles

Après deux millions d'heures de calculs, les ordinateurs des chercheurs américains ont rendu leur verdict : leur existence reste hypothétique, mais si elle se vérifie, les « pâtes nucléaires » doivent être 10 milliards de fois plus résistantes que l’acier. Un chiffre fou qui résulte, à la fois de la forme de ces structures et de la densité incroyable qui préside à leur formation.

Ces résultats devraient aider les astrophysiciens à mieux comprendre les ondes gravitationnelles telles que celles détectées l'année dernière suite à la collision de deux étoiles à neutrons. Ils suggèrent même que des étoiles à neutrons solitaires pourraient générer de petites ondes gravitationnelles.

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