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Les solutions alternatives au béton pour les récifs artificiels

Dossier - Les récifs artificiels au secours des poissons
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Face aux pressions constantes exercées par les activités humaines sur le littoral et aux dégradations de l’environnement marin et de ses ressources ; les récifs artificiels représentent une solution.

  
DossiersLes récifs artificiels au secours des poissons
 

La plupart des récifs sont construits en béton armé (avantage de l'utilisation d'un matériau inerte, durable et modulable) dont les formes sont issues du BTP, ce qui fait aussi qu'on peut reprocher aux récifs actuellement utilisés leur manque d'esthétisme. Si l'efficacité biologique des modules cubiques en béton a été montrée, un des inconvénients majeurs de ce type de modules réside dans son coût très élevé. Des solutions alternatives doivent être recherchées, à travers l'utilisation d'autres matériaux et d'autres structures adaptés aux contraintes du milieu marin (résistance aux contraintes physiques et chimiques).

Exemple à ne pas suivre : utilisation de pneumatiques usagés. © E. Charbonnel - Tous droits réservés

En effet, il ne s'agit en aucun cas d'utiliser les récifs artificiels comme prétexte pour se débarrasser de déchets encombrants et de matières polluantes tels que les pneus, les carcasses de voiture et d'autres déchets qui ont prouvé leur inefficacité et leur vulnérabilité à l'immersion. 

Les matériaux de substitution

En revanche, l'utilisation de matériaux totalement inertes tels que les enrochements (blocs de carrière), les poteaux électriques en béton ou certaines structures métalliques comme les épaves de navires préalablement dépolluées (enlèvement des moteurs, réservoirs carburant et huile) ou dans certains cas les plateformes pétrolières peuvent constituer une solution alternative satisfaisante.

Exemple de matériaux pouvant être utilisés comme récifs artificiels : plateforme, épaves de navires, poteaux en béton. © E. Charbonnel - Tous droits réservés

Les épaves sous-marines : des récifs idéaux

Un amoncellement de blocs rocheux de différentes tailles sur le fond permet la création d'habitats multiples et d'abris de tailles variées, dont l'architecture est similaire à celle des éboulis rocheux, qui sont certainement les zones naturelles les plus performantes sur le plan biologique. Les épaves sous-marines, fait bien connus des pêcheurs et des plongeurs, sont souvent très riches sur le plan halieutique.

Les épaves attirent les plongeurs du fait de leur richesse en espèces, de leur aspect esthétique et de leur intérêt paysager, historique et émotionnel. En créant de nouveaux sites de plongée et de pêche, les épaves permettront certainement une meilleure gestion pour un développement durable de ces activités, en désenclavant certains sites naturels trop fréquentés. Actuellement, des pays comme le Canada ou Cuba misent leur développement sur les activités touristiques et la plongée en particulier. De nombreuses épaves de navires réformés ont été coulées ces dernières années, créant de nouveaux sites de plongée.

En Australie, dans le Queensland, une trentaine d'épaves ont été immergées pour les plongeurs, qui peuvent explorer plusieurs épaves durant la même plongée.  Ces pays ont une réelle volonté politique afin de favoriser les immersions d'épaves préalablement dépolluées comme nouveaux sites de plongée. Néanmoins, en France, l'immersion volontaire de bateaux est interdite (décret de 1982), pourtant quelques immersions ont eu lieu (Boulogne, île d'Yeu, Sables d'Olonne, Languedoc, Golfe-Juan) et surtout en Nouvelle-Calédonie et à la Réunion, épaves destinées aux plongeurs sous-marins.

Exemples de récifs paysagers avec une recherche d’esthétisme : Reef ball. © Reef Ball Foundation

Les récifs esthétiques

Le concept de récifs « paysagers », avec une recherche de l'esthétisme dans les formes se développe également. Ces récifs sont généralement spécialement conçus pour les plongeurs (voûtes, structures dressées). Par exemple, les « Reef Ball » (cloches percées de multiples trous) mis au point aux Àtat-Unis, connaissent actuellement un essor spectaculaire dans le monde (300 sites et 50.000 unités immergées).

Exemples de récifs paysagers avec une recherche d’esthétisme : Khéops. © Hydro M

En France, des modules expérimentaux « Khéops » ont été testés sur la Côte Bleue et donnent également de bons résultats biologiques.

Récif paysager Hexapora. © E. Clamagirand/Architeuthis
Récif paysager Fractal. © E. Clamagirand/Architeuthis

Un architecte marseillais a également mis au point plusieurs types de récifs paysagers (« Hexapora » et « Fractal »).

Exemples de récifs paysagers avec une recherche d’esthétisme : village en cloche. © Figure et photo : JY Jouvenel/P2A