« Une pieuvre (autrement appelé poulpe ou Zourite à la Réunion) nageant en pleine eau certainement pour fuir un prédateur ». © Gabriel Barathieu, tous droits réservésQuelle allure aérodynamique ! Le photographe a figé ce mouvement dont on peut ressentir la propulsion et l’élan salvateur. Bien que ce poulpe soit aussi un prédateur, chassant à l’affût et attrapant ses proies avec ses tentacules et les déguste avec son bec corné, la gourmandise humaine est aussi redoutable pour ce céphalopode qui est en effet très apprécié dans la cuisine malgache et réunionnaise. Son terrier, des anfractuosités rocheuses, se reconnaît aux déchets qu’il laisse à l’entrée. Il vit dans les eaux chaudes. Doté de facultés d’homochromie, ce poulpe tacheté possède un don de camouflage étonnant mais pour l’heure, il s’est fait bien visible pour notre photographe.

Sciences

Plongée extrême : entre les îles de Mayotte et de la Réunion

PhotoClassé sous :photographe , plongée , Le monde sous la mer

L'exploration des zones profondes sous-marines ne s'est fait jusqu'à présent qu'avec des petits sous-marins de recherche, robots ou drones, des dispositifs coûteux et imprécis. Très exceptionnellement par des plongeurs.

Gabriel Barathieu fait partie de ces rares plongeurs à descendre dans la zone mésophotique et « la Twilight zone », sombre et crépusculaire où il passe aujourd'hui, le plus clair de son temps. Il est l'un des rares à poser son regard de photographe sur cette vie aquatique, et à pouvoir rapporter aux scientifiques matière à étudier, contribuant ainsi à dresser un état de lieux de ces zones mésophotiques (entre 50 et 150 m) et crépusculaires (entre 200 et 600m) sur lesquelles les scientifiques peuvent enfin travailler.

Ses sublimes photos, plusieurs fois primées lors de concours photo, sont autant d'informations qui sont exploitées dans le cadre du projet scientifique et pluridisciplinaire MésoMay, débuté en novembre 2018. Il contribue à faire l’inventaire fort documenté aux pieds des récifs profonds des îles de Mayotte et de la Réunion.

Gabriel Barathieu est un plongeur recycleur certifié, fort d'une formation Trimix Normoxique. Ces qualifications l'autorisent à plonger bien au-delà des 60 mètres, là où, dans un milieu hostile à la physiologie de l’Homme, il doit supporter des pressions de l'ordre de 10 kg par cm2 de peau : des paliers de décompression de plusieurs heures pour quelques minutes dans cette pénombre... Il n'est plus question, ici, de plongée loisirs mais de plongée TEK et de gestion du mental.

Grâce au recycleur à circuit fermé (CCF), dont il explique le fonctionnement sur son site richement documenté, Gabriel plonge sans faire de bulles et sans effrayer la faune.

Chaque descente se transforme en véritables expéditions longuement et minutieusement préparées. L'encombrement des machines respiratoires, le matériel photo avec ses caissons et ses flashs, les bouteilles de rechange demandent un investissement que seule la passion peut motiver.

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