La plus longue avalanche sous-marine connue a parcouru plus de 1.000 km

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Tout le monde connaît les avalanches de neige, déclenchées par une instabilité du manteau neigeux. Mais avez-vous déjà entendu parler des avalanches sous-marines ? Ces flux de sédiments, plus correctement nommés « courant de turbidité », peuvent charrier des quantités de boue et de sable considérables en raclant les fonds sous-marins. En janvier 2020, une gigantesque avalanche s'est ainsi produite au large de l'Afrique de l'Ouest, dans un profond canyon à l'embouchure du fleuve Congo. « Plus d'un kilomètre cube de sable et de boue est descendu dans les profondeurs, et s'est écoulé sur plus de 1.100 kilomètres au fond de l'Atlantique », rapporte la BBC.

L'avalanche a apparemment été provoquée par une inondation exceptionnelle le long du fleuve Congo, qui a déversé de grandes quantités de sable dans le canyon. « Des marées printanières inhabituellement importantes ont ensuite provoqué un changement de pression interstitielle qui a déclenché l'avalanche », explique Dan Parsons, de l'université de Hull (Royaume-Uni). L'écoulement a démarré le 14 janvier 2020 à 22 h 31 à la vitesse de 5,2 m/s, puis s'est accéléré jusqu'à atteindre 8 m/s à l'extrémité du chenal, avant de s'arrêter 1.100 kilomètres plus loin le 16 janvier à 21 h 01.

L'évènement aurait pu passer totalement inaperçu s'il n'avait pas endommagé deux câbles de télécommunications sous-marins, ralentissant le trafic Internet entre le Nigeria et l'Afrique du Sud. Plusieurs amarrages ont ainsi été arrachés par le flux de sédiments. Les chercheurs, qui ont publié un livre blanc sur le sujet, expliquent que l'étude des courants de turbidité est particulièrement importante pour l'industrie du câble : « Ces données peuvent être utilisées pour concevoir de nouveaux itinéraires, afin d'éviter les zones les plus susceptibles de subir une érosion profonde où le câble est plus vulnérable aux dommages », explique à la BBC Mike Clare, scientifique marin au National Oceanography Centre du Royaume-Uni.

En décembre 2019, une crue exceptionnelle du fleuve Congo a vu passer 70.000 mètres cubes d'eau par seconde à Kinshasa. Ce déluge aurait déclenché l’avalanche sous-marine dans le canyon en aval. © Nasa WorldView
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