Comme une invite au voyage, les cases traditionnelles des îles Sous-le-Vent arborent d'harmonieuses couleurs. © Antoine tous droits réservés
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Reportage photo : escapade aux îles Sous-le-Vent

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Quand Christophe Colomb aperçut les nuages qui couronnaient l'île de Nevis, il crut qu'il s'agissait de neige, et la baptisa « Isla de Nieves, l'île des neiges ». Au débarcadère du bourg de Charlestown, un rasta autochtone gratte sa guitare, c'est un des chauffeurs de taxi locaux qui vous emmènera en chantant découvrir son île. Un des titres de gloire de Nevis, c'est d'avoir traditionnellement ravitaillé en eau les navires de la flotte de l'Amiral Nelson, qui s'est marié dans une des chapelles de l'île. Alexander Hamilton, un des pères fondateurs des États-Unis était, lui, né à Nevis.

Il ne reste plus que des ruines de l'ancienne activité sucrière de l'île, seules les tours de quelques moulins ont été converties en appartements d'hôtels de luxe. Un sympathique petit hôtel aux maisons traditionnelles colorées, la plantation « Hermitage », qui m'avait séduit il y a vingt ans, est toujours aussi agréable. La côte ouest de l'île comporte quelques hôtels de très grand luxe, et Nevis possède aussi un beau jardin botanique, riche de fleurs multicolores et de nombreuses espèces de palmiers.

Saint-Kitts et Nevis, deux îles volcaniques 

Du rivage de Nevis, on aperçoit l'île voisine qui lui est associée, la plus grande de Saint-Christopher, couramment appelée St-Kitts. Au sud de St-Kitts s'étend une région qui m'avait fasciné jadis : c'était Jacques Higelin, naviguant dans les parages, qui m'en avait dévoilé son existence. Malheureusement le vaste « Salt Pond », l'étang salé, a été repéré par les promoteurs, et dans quelques années on y trouvera certainement une marina, des hôtels et des villas de luxe. Un chenal a été dragué pour relier l'étang à la mer des Caraïbes, et le premier établissement vient de s'installer : l'endroit sera sans doute un jour aussi peuplé que la région de Frigate-Bay.

Salt Pond, étang salé de Saint-Kitts. © Antoine, tous droits réservés

Des paquebots de croisière géants viennent s'amarrer devant la capitale de l'île, Basseterre, et les voiliers s'abritent de la houle dans une marina, où l'on remarque un certain nombre de grands multicoques, certains d'entre eux construits depuis près de cinquante ans à St-Kitts sous la direction d'architectes comme Peter Spronk.

Le Big Ben local de la petite ville de Basseterre. © Antoine, tous droits réservés

Basseterre est une ville très animé particulièrement lorsqu'arrive le vendredi soir : toute la population se retrouve dans les rues de la vieille ville, qui baigne dans une musique reggae tonitruante. Dans les ruelles, on achète des T-shirts à l'effigie des héros des rastas : Bob Marley et l'empereur Haïlé Sélassié. Quant aux touristes débarqués des paquebots, ils voient à peine la ville de Basseterre, car on les cantonne surtout à une sorte de « shopping center » artificiel qui leur est réservé.

Finalement, le lieu le plus paisible de la ville c'est le square de l'indépendance, qui s'étend devant l'église catholique. Et le centre de l'île de Saint-Kitts est occupé par une magnifique caldeira volcanique.

Statia (Saint-Eustache) : le « Rocher d’Or » des Caraïbes

Au nord de Saint-Kitts et Nevis, deux autres îles font partie des Antilles néerlandaises, Statia et Saba. Saint-Eustache, aujourd'hui connue sous le nom de Statia, a été le siège d'un fait historique important : l'île, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle était une place commerciale si prospère qu'on l'appelait le « Rocher d'Or » des Caraïbes, son littoral était ourlé de riches entrepôts, dont il ne reste que des ruines. C'est à Statia que fut salué pour la première fois d'une salve de canons, en 1776 à l'époque de l'indépendance américaine, un navire portant les couleurs de la toute jeune nation. On raconte que la marine britannique considéra cet affront comme intolérable, et que c'est pour cela que l'amiral Rodney vint quelques années plus tard mettre à sac la ville, qui ne parvint jamais à se remettre du désastre.

Le Quill est un stratovolcan formant la moitié méridionale de l'île de Statia. © Walter Hellebrand, Wikimedia commons, CC 3.0

Le fort Oranje, (prononcer Oran'yah) qui domine la ville a été magnifiquement restauré, un vrai décor de cinéma, et ses canons témoignent du passé tumultueux de l'île, qui changea au moins vingt fois de mains avant de devenir finalement une possession hollandaise.

Case traditionnelle à Oranjestad. © Antoine, tous droits réservés

À voir absolument le village d'Oranjestad avec ses jolies maisons coloniales peintes de couleurs vives. L'une d'elles abrite un petit musée qui raconte la saga de l'île de Saint-Eustache, depuis ses premiers habitants, les Indiens Caraïbes dont on a retrouvé des traces partout aux Antilles, et qui, semble-t-il, avaient réduit en esclavage une autre peuplade indienne plus pacifique, celle des Indiens Arawaks.

Saba, un joyau méconnu des Caraïbes

La petite île de Saba est née elle aussi d'un volcan surgissant des profondeurs de l'océan. Le seul port de Saba n'est ni très vaste ni très protégé, il vaut mieux aller s'abriter sous le vent de l'île : pas question ici de jeter l'ancre, tout le pourtour de l'île est un parc naturel sous-marin et l'amarrage aux bouées prévues à cet effet est obligatoire. Du mouillage, les plus courageux peuvent emprunter un escalier très raide, the Ladder. L'île offre plusieurs sentiers de randonnée dont l'un conduisant au sommet du volcan avec 1.064 marches. L'intérieur de l'île est aussi vert que son pourtour est aride. Et l'on peut atteindre ainsi la capitale de l'île, construite à plus de 200 mètres d'altitude, mais qui porte pourtant le nom de « The Bottom », le fond, parce qu'elle occupe le fond d'un cratère.

La ville de « The Bottom » sur l'île de Saba. © Simon Wong, wikimedia commons, DP

Il est surprenant de découvrir que parmi ces petites maisons coloniales se trouve une importante école de médecine de niveau international, où les étudiants viennent des quatre coins du monde.

Pour tracer la route, réputée impossible à construire, qui relie la capitale haut perchée à l'autre côté de l'île, un habitant de Saba apprit un jour le métier d'ingénieur par correspondance et il est devenu le héros national.

Dominant la plus courte piste d'atterrissage du monde, une autre église porte elle aussi, c'est étrange, le nom de « Porte de l'enfer ». Une route escarpée en lacets ramène au petit port, où de nombreux clubs subaquatiques proposent d'aller découvrir les remarquables sites de plongées, célèbres dans le monde entier, du Saba Marine Park.

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