Planète

Les différentes catégories de récifs artificiels

Dossier - Les récifs artificiels au secours des poissons
DossierClassé sous :Environnement

-

Face aux pressions constantes exercées par les activités humaines sur le littoral et aux dégradations de l’environnement marin et de ses ressources ; les récifs artificiels représentent une solution.

  
DossiersLes récifs artificiels au secours des poissons
 

On distingue généralement trois grandes catégories de récifs artificiels : les récifs de production, les récifs de protection et les récifs paysagers. 

Les récifs artificiels se distinguent en trois types. © CRPM

On distingue trois catégories de récifs : 

  • les récifs de « production », véritables « maisons à poissons », créateurs de biodiversité et de biomasse ;
  • les récifs de « protection » pour réduire les nuisances liées au chalutage illégal dans la bande côtière ;
  • enfin, les récifs « paysagers », ayant un objectif plus récréatif et ludique pour la plongée sous-marine ou la pêche récréative. 

Les récifs de production

Ce sont de véritables « maisons à poissons », créateurs de biodiversité et de biomasse. Ces récifs visent un accroissement des ressources en vue d'une exploitation par la pêche. L'idée est d'immerger des habitats artificiels sur des fonds meubles naturellement pauvres pour en augmenter la productivité et la diversité biologique, en apportant des abris et des habitats adaptés de type rocheux et nécessaires à la sédentarisation de nombreuses espèces de poissons. En outre, ces récifs permettent aussi la restauration d'habitats dégradés par l'Homme, avec une augmentation de la biodiversité et une diversification des ressources. Les récifs anfractueux offrant de multiples habitats, ils présentent des rendements similaires et souvent supérieurs aux zones rocheuses naturelles.

Le coralligène, habitat spectaculaire avec un tombant de gorgones rouges et des axinelles. © E. Charbonnel

Les récifs de protection

Différents types de structures ont été imaginées pour réduire les nuisances liées au chalutage illégal dans la bande côtière des 3 milles nautiques (environ 5,5 kilomètres). L'objectif est d'implanter un ensemble de récifs qui soit suffisamment dissuasif pour détourner les chalutiers de ces zones littorales. Le principe de base est de constituer des obstacles physiques aux chaluts, par une action mécanique d'accroche, en disposant les modules un à un en ligne, afin d'occuper le maximum d'espace et de former une véritable barrière contre les chalutiers.

L'herbier de Posidonie et les roches coralligène, habitats prioritaires en Méditerranée. © E. Charbonnel

Ces types de récifs permettent la gestion des pêcheries, des usages et des conflits entre pêcheurs, ainsi que le partage de l'espace de pêche et des ressources vivantes. Ils servent à soutenir la pêche artisanale aux « petits métiers », qui privilégient des techniques plus sélectives (pêche aux filets, palangres et casiers) que la pêche aux engins traînants comme les chalutiers, qui en raclant les fonds ont une action plus destructrice sur les habitats et sont beaucoup moins sélectifs que les engins dormantsCe type de récif est principalement utilisé en Méditerranée. Il a également une vocation écologique, avec la protection d'habitats naturels riches (herbiers, roches coralligènes) définis comme habitats prioritaires par l'Europe (Directive habitats de 1992), mais également la protection des nurseries et nourriceries des espèces vivant sur les fonds sableux (soles, rougets). La préservation de l'intégrité physique des habitats naturels est en effet la condition indispensable au maintien des ressources exploitables.

Les récifs paysagers

Ils ont un objectif plus récréatif et ludique pour la plongée sous-marine (concept des « jardins d'épaves ») ou la pêche récréative. Ce type de récifs, encore en gestation, est certainement amené à se développer fortement dans les années à venir sur le littoral, compte tenu de sa vocation touristique, ce qui permettrait également de délester certains sites naturels trop fréquentés.

Cependant, pour pouvoir percevoir l'influence favorable des récifs sur les ressources et avoir effectivement des retombées positives sur la pêche, la zone aménagée doit être suffisamment grande : l'expérience japonaise montre qu'il faut au moins 50.000 m3 de récifs sur un site (cela dépend bien sûr avant tout du nombre de pêcheurs exploitants), ce qui est loin d'être le cas en France (seulement 52.000 mde récifs dispersés sur l'ensemble du littoral Méditerranéen, sur une vingtaine de sites). Il faut également préciser que le récif n'est pas non plus une « fontaine à poissons ». L'exploitation halieutique et l'effort de pêche doivent être raisonnables et raisonnés, au risque de dépeupler non seulement le récif, mais également les zones périphériques. En ce sens, les aménagements en récifs doivent être suffisamment importants et étendus, et toujours garder un certain caractère diffus dans l'espace, afin d'éviter une agrégation des ressources.