Les récifs coralliens fourmillent de vie. Mais le réchauffement climatique les met gravement en danger. © silvae, Adobe Stock
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Les récifs coralliens ne survivront pas à un réchauffement climatique de + 1,5 °C

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[EN VIDÉO] Grande barrière de corail : la vie sous-marine prospère malgré le réchauffement  En dépit du confinement, l’Institut Schmidt pour l’océan a continué à mener ses expéditions d’exploration dans la Grande Barrière de corail en Australie. Les scientifiques ont enchaîné les découvertes, avec des espèces encore jamais observées auparavant, dont 10 nouvelles espèces de poissons, escargots de mer ou éponges, ainsi que les coraux vivants les plus profonds jamais vus dans les eaux d’Australie orientale. 

Que le réchauffement climatique allait mettre les récifs coralliens en danger, les scientifiques le savaient depuis longtemps déjà. Mais de nouveaux travaux montrent aujourd'hui une réalité qu'ils n'avaient pas osé imaginer. Car, avec des températures de 1,5 °C supérieures à celles de l'ère préindustrielle, les coraux auront bien de la peine à trouver des refuges viables pour eux sur notre Terre.

Un récif corallien, c'est bien plus qu'un simple assemblage de coraux. C'est un écosystème marin complexe. L'un des écosystèmes les plus riches en biodiversité. Dans les milieux autorisés, il se murmure que les récifs coralliens offrent nourriture, refuge et même protection à pas moins d'un quart de la vie marine. Plus de 4.000 espèces de poissons. Et ils constituent de fait, on l'imagine aisément, une source non négligeable de revenus et de nourriture pour de nombreuses personnes. Un demi-milliard, selon les estimations.

Malheureusement, les coraux s'épanouissent dans une plage de température assez spécifique. Ce qui les rend particulièrement vulnérables aux variations du climat. Ainsi, avec le réchauffement climatique anthropique et non seulement la hausse de la température des océans, mais aussi la multiplication et l'intensification des vagues de chaleur marines, les récifs coralliens sont en danger. De plus en plus d'épisodes de blanchiment -- une décoloration qui fragilise le corail et dont il lui faut une dizaine d'années pour se remettre -- et même de mort des coraux sont rapportés.

En 2018, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) alertait. Si notre Terre devait se réchauffer de seulement 1,5 °C par rapport aux moyennes préindustrielles -- ce qui correspond au meilleur des cas des engagements de l'Accord de Paris sur le climat --, entre 70 et 90 % des récifs coralliens pourraient disparaître. Aujourd'hui, des chercheurs de l’université de Leeds (Royaume-Uni) rendent une conclusion encore plus tranchée. À 1,5 °C de réchauffement, 99 % des coraux auront à faire face à des vagues de chaleur trop fréquentes pour qu'ils puissent se rétablir. Or, +1,5 °C, c'est le point où nous en serons dès le début des années 2030 si des mesures drastiques de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre ne sont pas prises immédiatement.

Ici, la proportion de récifs coralliens susceptibles de survivre aux vagues de chaleur (Refugia) ou non (Exposed), des vagues de chaleur qui accompagneront un réchauffement climatique de 1,5° ou de 2 °C. © Dixon et al.

Une seule solution : limiter nos émissions de gaz à effet de serre

À partir de données historiques, d'images satellites et de projections climatiques, les chercheurs montrent plus exactement que, alors qu'au cours de ces dernières décennies, 84 % des coraux tropicaux ont pu avoir suffisamment de temps entre deux vagues de chaleur pour se rétablir d'épisodes de blanchiment, dans un monde plus chaud de 1,5 °C, ils ne seront plus que... 0,2 % ! Et les scientifiques sont parvenus à identifier les seuls refuges thermiques qui pourraient subsister. Du côté de la Polynésie et du Triangle de corail -- une petite région du Pacifique dans laquelle baignent la Malaisie, l'Indonésie, les Philippines et les îles Salomon. Grâce à un taux de réchauffement moindre et à des épisodes de remontée vers la surface d'eaux plus froides.

Ainsi, les chercheurs appellent à mettre en œuvre des opérations de protection de ces refuges. Des actions visant à éliminer les autres facteurs de stress comme la pêche, le tourisme, la pollution de l’eau. Ou des actions qui favorisent la résistance, la récupération ou la migration des coraux. Mais les scientifiques soulignent que ces opérations ne peuvent être envisagées que sur le court terme car, avec un réchauffement de 2 °C, ils prévoient déjà que plus aucun des refuges de coraux ne pourra subsister.

De quoi confirmer une fois de plus qu'il est urgent de limiter nos émissions de gaz à effet de serre. Qu'il ne s'agit pas seulement de tenir les engagements de l'Accord de Paris sur le climat, mais de réussir à les dépasser. Pour les coraux aussi, c'est une question de vie... ou de mort !

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