En étudiant trois grands paramètres de l'atmosphère et des océans dès la fin de l'été, la NOAA émet une probabilité de risque de canicule pour l'été suivant. © Korn V., Adobe Stock
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Des chercheurs pensent pouvoir prédire une canicule 9 mois à l'avance

ActualitéClassé sous :météorologie , Réchauffement climatique , chaleur

Une équipe de la NOAA estime pouvoir prédire la probabilité d'une canicule pour l'été, dès la fin de la saison estivale précédente, en analysant trois paramètres de l'atmosphère et des océans.   

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Les météorologues estiment que les prévisions météorologiques peuvent être vraiment fiables et précises, sur 4 à 5 jours, avec une tendance plus ou moins claire sur 10 à 15 jours. Au-delà, il n'est possible que d'identifier des tendances globales saisonnières basées sur l'influence de l'océan, des glaces de mer et les grands centres d'action dans l'atmosphère. Cela signifie qu'au-delà de 15 jours, un évènement (pluie, neige, tempête...) n'est pas prévisible avec fiabilité, actuellement.

Mais, concernant les températures, il est tout de même possible d'avoir une idée générale de l'évolution sur le mois à venir : il est souvent envisageable de prévoir une anomalie thermique sur les 3 à 4 prochaines semaines, c'est-à-dire un temps simplement plus chaud ou plus froid que la normale.

Une équipe de chercheurs de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l'administration américaine des océans et de l'atmosphère, vient de publier une étude sur ses avancées en matière de prévision des canicules sur le continent nord-américain. En étudiant les vagues de chaleur survenues entre 1992 et 2019, et les paramètres atmosphériques et océaniques qui ont précédé ces évènements, les chercheurs estiment pouvoir prédire la probabilité d'une canicule l'été 9 mois avant, du jamais vu !

L'évolution des températures est jusqu'à maintenant prévisible 3 à 4 semaines avant, de manière très globale. © Tom Wang, Adobe Stock

Trois paramètres météo décisifs dès la fin de l'été

Trois paramètres météo sont analysés dès septembre pour déterminer ce risque de températures au-dessus des moyennes de saison au cours de l'été suivant : le forçage radiatif, la température de surface de l'océan Pacifique Nord et de l'Atlantique Nord, qui influence la chaleur et l'humidité du centre des États-Unis, et enfin, la survenue du phénomène El Niño ou pas, lequel est prévisible de manière fiable au moins 4 mois à l'avance.  

Le forçage radiatif est l'équilibre entre le rayonnement solaire qui entre, et les émissions de rayonnements infrarouges qui sortent : si la somme de ces deux types de rayonnement est positive, alors la Terre se réchauffe, comme c'est le cas actuellement. La température des océans joue aussi un rôle très important dans la régulation du climat sur les terres : l'océan absorbe les radiations solaires, et redistribue ensuite cette chaleur et humidité à travers le globe, en influençant directement les conditions météo. L'eau de l'océan est en effet en constante évaporation et l'air qui s'en échappe est donc plus chaud et plus humide : celui-ci voyage ensuite vers les terres au gré des courants, influençant le risque de chaleur et d'orages au centre et au sud des USA.

Le climat des États-Unis est également largement déterminé par La Niña et El Niño, deux phénomènes climatiques caractérisés par une anomalie de température d'une partie des eaux de l'océan Pacifique. Ils se produisent par phase d'une à trois années, et influencent les conditions météo d'une partie du monde. On parle d'une « année El Niño » lorsque l'eau d'une zone précise du Pacifique est plus chaude que la moyenne. Dans ce cas, de l'air chaud se trouve régulièrement bloqué sur le nord des États-Unis et l'ouest du Canada, augmentant  largement la probabilité de vagues de chaleur sévères et durables.

L'équipe de la NOAA utilise deux modèles pour déterminer la probabilité d'une canicule entre juin et août, dès le mois de septembre de l'année précédente : le GFDL (Geophysical Fluid Dynamics Laboratory) et le Spear (Seamless system for Prediction and EArth system Research). Ces deux modèles sont des outils statistiques, ils émettent une probabilité de canicule, et non pas une prévision : en d'autres termes, avec les paramètres de l'atmosphère et des océans visibles actuellement, le risque de canicule est statistiquement faible ou fort pour l'été suivant.  


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