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La vermiculite pour l'isolation

Dossier - Isolation naturelle : une solution en plein essor
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Les isolants naturels sont des produits sains et faciles à recycler, dit-on. Leurs performances seraient comparables à celles des produits industriels. Qu’en est-il vraiment ?

  
DossiersIsolation naturelle : une solution en plein essor
 

Pour l'isolation, la vermiculite ne manque pas d'atouts. Néanmoins, gare aux risques sanitaires liés à la possible contamination à l'amiante. Dans ces cas-là, le danger n'est pas très loin.

La vermiculite pour l'isolation. © Praisaeng, Fotolia

Minéral argileux d'origine basaltique, la vermiculite appartient au groupe des micas. De couleur gris-brun à brun doré, celle-ci est constituée de feuillets (lamelles) qui renferment de l'eau et réagissent comme la perlite à un traitement thermique.

Aspect du minerai micacé après extraction. © U.S. EPA

Le minerai est d'abord trié, calibré et tamisé. Puis il est chauffé à haute température, entre 800 et 1.000 °C. Sous l'effet de la chaleur, les lamelles s'exfolient (s'écartent) et l'air qui se cale entre elles augmente considérablement le volume des éclats de roche.

Flocons de vermiculite exfoliée prête à l’emploi. © U.S. EPA

Vermiculite : propriétés

La vermiculite conserve sensiblement la même masse une fois exfoliée. Cela en fait un matériau très léger, qui convient bien à l'isolation thermique et phonique de planchers anciens (combles...), à la réalisation de bétons allégés et de chapes isolantes. Elle s'utilise aussi, enrobée de bitume, sur les toitures-terrasses.

La vermiculite est moins dense que la perlite (100 à 110 kg/m3) et ses qualités hygrométriques sont du même ordre (μ = 2 à 4). Mais avec un lambda de 0,060 à 0,080, ses performances thermiques sont inférieures. Son prix équivaut à celui de la perlite (source Ageden). Côté santé, une veille s'impose car la vermiculite a été associée à de sérieux problèmes liés à l'amiante.

La vermiculite se décline en plusieurs granulométries, de superfine (0-1) à large (0-8). Elle est disponible en vrac, en sacs de différentes contenances (jusqu’à 100 litres) et « Big bags ». Les principaux pays producteurs sont l’Afrique du Sud, l’Australie, la Chine, les États-Unis et le Zimbabwe. © U.S. EPA

Danger : de l'amiante dans la vermiculite ?

Certains gisements de vermiculite peuvent croiser un silicate hydraté de nature fibreuse, la trémolite, qui s'avère être la forme la plus dangereuse de l'amiante amphibolique. Il suffit que le minerai de vermiculite en soit imprégné (en très faible quantité, généralement) pour présenter un risque sanitaire.

Mine de Libby dans le Montana (États-Unis). © U.S. EPA

C'est ce qui s'est passé sur le site de Libby, dans le Montana (États-Unis) : les poussières ont contaminé des centaines d'ouvriers et le minerai extrait. Celui-ci a servi à de nombreux bâtiments construits aux États-Unis, au Canada et ailleurs dans le monde de 1919 à 1990, date de la fermeture du site, que l'Agence de protection environnementale américaine (EPA) a entrepris de nettoyer.

Est-ce à dire que la vermiculite est dangereuse ? A priori non car l'isolant incriminé (du nom de « zonolite » au Canada) ne serait plus disponible depuis 1995. Une veille est toutefois recommandée et, en France, comme l'indique une spécialiste de l'amiante à l'INRS (Michèle Guimont), « les distributeurs sont tenus de vérifier les bulletins d'analyse pour s'assurer que leur vermiculite ne contienne pas d'amiante »...