Maison

Les conditions d'une bonne isolation

Dossier - Isolation naturelle : une solution en plein essor
DossierClassé sous :isolation , isolation naturelle , isolant naturel

Les isolants naturels sont des produits sains et faciles à recycler, dit-on. Leurs performances seraient comparables à celles des produits industriels. Qu’en est-il vraiment ?

  
DossiersIsolation naturelle : une solution en plein essor
 

Les isolants d'origine animale ou végétale sont « respirants ». Autrement dit, ils laissent passer l'humidité sans subir de tassement du fait de leur texture (d'où une meilleure longévité que les laines minérales). Ces matériaux se caractérisent par un bon lambda grâce à l'air contenu dans leurs fibres.

Une bonne isolation est indispensable dans une maison. © Artursfoto, Fotolia

Mais, pour garantir une isolation thermique efficace, cet air doit rester immobile. S'il y a convection entre les deux faces du matériau, ses performances thermiques s'en trouvent singulièrement affectées. Par ailleurs, les défauts d'étanchéité à l'air sont responsables, à plus de 90 % des cas, des dégâts causés aux bâtiments. L'air transporte la vapeur d'eau provenant des activités humaines et la condensation créée imprègne les pièces de charpente, les supports de couverture, voire les parements décoratifs. En conséquence, une bonne isolation doit respecter au moins ces deux principes :

  • une épaisseur suffisante ;
  • l'étanchéité à l'air du bâti.

Quels critères pour calculer l’épaisseur isolante ?

La réglementation thermique 2005 affine et complète les exigences de la version 2000. Elle partage la France non plus en trois zones climatiques mais la subdivise en huit, de la plus froide à la plus chaude : H1a, H1b, H1c ; H2a, H2b, H2c, H2d ; H3. Son application concerne tous les bâtiments résidentiels (extensions incluses) ou tertiaires, qui ont fait l'objet d'une demande de permis de construire à dater du 1er septembre 2006. Des spécifications particulières sont destinées à l'existant.

La réglementation thermique 2005partage la France non plus en trois zones climatiques mais la subdivise en huit, de la plus froide à la plus chaude : H1a, H1b, H1c ; H2a, H2b, H2c, H2d ; H3.© Ademe

À chaque zone correspondent des valeurs de référence attribuées pour les combles (aménagés ou perdus), les parois verticales, les sols... Les normes à respecter prennent en compte le confort d'hiver et d'été. Plus complexes à assimiler que celles de 2000, elles font intervenir plusieurs critères visant à obtenir rapidement une baisse sensible de la consommation énergétique. L'outil de référence s'appuie sur le coefficient de déperditions U (exprimé en W/m2.K) qui permet de calculer la résistance thermique R (en m2K/W) de la couche isolante et, donc, l'épaisseur minimale conseillée. Pour effectuer le calcul, on utilise la formule suivante : λ x R = e (en mètres, convertis dans le tableau ci-dessous en centimètres).

Résistance thermique conseillée en fonction de la valeur de référence U :

© Rockwool

Exemples d'épaisseurs minimales sous combles aménagés, selon la RT 2005 :

© DR

Pare-vapeur ou frein-vapeur ?

Pour empêcher la migration de l'air, il faut au moins barrer celui-ci côté combles. Dans le cas d'une isolation non respirante (laine de verre ou de roche), la présence d'un pare-vapeur est indispensable. L'écran, en papier kraft ou matière synthétique, est conçu pour assurer une totale étanchéité à l'air et à la vapeur d'eau. À condition, bien sûr, que la pose se fasse dans les règles : c'est-à-dire en continu. Les lisières, les moindres découpes et raccords doivent être recouverts d'un adhésif d'étanchéité afin d'éviter les ponts thermiques. Ce faisant, si l'on décide de poser une laine minérale, le plus simple est de la choisir avec un pare-vapeur intégré (en respectant le même principe de pose).

Pose de laine de roche en panneaux (Easyrock) avec pare-vapeur en papier kraft, toujours orienté vers l’intérieur de la pièce. © Rockwool

Le frein-vapeur (ou freine-vapeur) n'a pas pour vocation d'être hermétique mais de fonctionner comme un filtre régulateur. L'hiver, cette membrane freine la diffusion de vapeur d'eau de l'intérieur (là où il fait le plus chaud) vers l'extérieur. L'isolation joue pleinement son rôle.

L'été, c'est l'inverse. La chaleur extérieure crée de la vapeur d'eau qui est dirigée vers l'intérieur de la maison, évitant un phénomène de condensation sous la couverture. La toiture respire, la charpente sèche naturellement et les combles sont plus frais. Le frein-vapeur est le complément idéal des isolants hygroscopiques : laine de mouton, de plume, de lin, ouate de cellulose, etc.

© DR

Une bonne régulation en toute saison

Ce frein-vapeur hygrovariable (DB + de pro clima) se compose d'une membrane en carton d'étanchéité. Sa mise en œuvre exige quelques précautions et l'emploi de produits de raccordement spécialement formulés : colle latex extrudable et adhésif double-face.

© pro clima

Les lés doivent déborder en périphérie de 10 cm et se chevaucher de même. Leurs raccords s'effectuent à l'adhésif et les fixations périphériques avec un cordon de colle. Les points singuliers comme les passages de canalisations doivent être parfaitement étanchéifiés.