La comète 46P/Wirtanen photographiée le 26 novembre 2018. © avec la permission de Gerald Rhemann
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La comète 46P/Wirtanen chauffe mystérieusement

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[EN VIDÉO] Qu'est-ce qu'une comète ?  D’où viennent-elles ? Combien sont-elles ? Leur nom vient du grec komêtês signifiant « chevelu ». Au Japon, elles sont surnommées « astre-balais ». Autant d’appellations qui font référence à leurs physionomies très différentes des étoiles qui brillent dans le ciel. Apprenez à les connaître en vidéo ! 

La comète 46P/Wirtanen a marqué l'année 2018 en passant seulement à environ 11 millions de kilomètres de la Terre le 16 décembre. L'astre chevelu le plus brillant de cette année-là n'a pas encore livré tous ses secrets, comme le montre une équipe d'astrophysiciens pointant des éléments intrigants.

On a de bonnes raisons de penser qu'il y a environ 4,6 milliards d'années une supernova aurait déclenché l'effondrement du nuage moléculaire à l'origine du Système solaire, celui-ci étant initialement trop froid et trop peu dense pour se contracter de lui-même. Ce faisant, des quantités importantes d'isotopes radioactifs à courtes périodes, comme l'aluminium 26, auraient été produites et injectées dans la nébuleuse protosolaire en train de se condenser en planétésimaux et comètes.

En se désintégrant rapidement, cet isotope aurait contribué à chauffer fortement des planétésimaux de grande taille et peut-être certaines comètes géantes. C'est une façon de rendre compte du chauffage des matériaux constatés dans certaines météorites ayant conservé des traces de ce phénomène.

On s'est même demandé si une partie du chauffage constaté ne s'était pas produite dans certains grands astéroïdes par effet d’induction électromagnétique dans les conditions particulières régnant dans le disque protoplanétaire alors que notre étoile encore très jeune était en phase dite T-Tauri.

Mais, de nos jours, les sources de chauffage des corps cométaires ne devraient plus rien devoir à l'aluminium 26 et en fait seuls les photons du Soleil devraient intervenir. Curieusement, cette explication ne tiendrait pas selon des astrophysiciens ayant étudié la comète 46P/Wirtanen avec les instruments du W. M. Keck Observatory, au sommet du Mauna kea à Hawaï, comme ils l'expliquent dans un article paru dans The Planetary Science Journal.

Une présentation du W. M. Keck Observatory. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © W. M. Keck Observatory

De curieuses anomalies chimique et thermique

La comète est trop chaude par rapport à ce que l'on attendrait à la distance du Soleil où elle se trouve actuellement. Rappelons pour la petite histoire que cette comète périodique avec une période orbitale actuellement de 5,4 ans, appartenant à la famille des comètes de Jupiter et dont le diamètre est estimé à 1,2 kilomètre seulement, était initialement la cible de la mission Rosetta. Comme on le sait, c'est finalement 67P/Tchourioumov-Guérassimenko qui fut explorée.

Mais il y a plus encore, comme l'explique dans un communiqué l'un des auteurs de l'article publié, Neil Dello Russo, du laboratoire de physique appliquée de l'Université Johns-Hopkins : « 46P / Wirtanen a l'un des rapports alcool/aldéhyde les plus élevés mesurés dans toutes les comètes à ce jour. Cela nous donne des informations sur la façon dont les molécules de carbone, d'oxygène et d'hydrogène ont été distribuées au début du Système solaire là où Wirtanen s'est formée ».

Ce contenu quelque peu anormalement élevé, selon le même communiqué, a été révélé par des analyses de données collectées dans le proche infrarouge lors du survol rapproché effectué par la comète vers la Terre à la mi-décembre 2018. C'était le spectrographe NIRSPEC récemment upgradé pour le télescope Keck II à ce moment-là. Il a permis de mettre en évidence la présence d'autres molécules comme celle de l'acétylène, du formaldéhyde, du cyanure d'hydrogène mais aussi du méthanol et bien sûr de l'eau.

Mais, revenons au problème de la température de 46P/Wirtanen. Celle mesurée dans la coma devrait décroître significativement avec la distance au Soleil, or ce n'est pas ce qu'elle fait. Nous ne savons pas quelle est l'origine de cette autre anomalie du comportement de la comète mais cela ne veut pas dire que des hypothèses à ce sujet n'ont pas déjà été avancées.

Les rayons ultraviolets du Soleil pourraient conduire certaines espèces chimiques proches du noyau cométaire à devenir ionisées. Les électrons libérés filtrant à travers la coma y déposeraient alors une partie de leur énergie en entrant en collision avec les molécules présentes.

Autre explication proposée, des blocs de glace issus de la fragmentation de la comète offriraient plus de surface à sublimer aux rayons du Soleil et en dérivant au loin de son noyau, injecteraient de la chaleur dans la coma.

Pour en savoir plus

46P/Wirtanen : la comète de l’année passe près de la Terre ce week-end !

Article de Xavier Demeersman publié le 14/12/2018

Retenez bien son nom : 46P/Wirtanen. C'est la comète de l'année ! Le 16 décembre, l'astre chevelu passera au plus près de la Terre. C'est le moment idéal pour l'observer. D'une magnitude de 4.6, elle est visible à l'œil nu. Sa luminosité pourrait encore augmenter ces prochains jours. Un beau spectacle céleste à ne pas manquer ce week-end, surtout quand le noyau cométaire brillera près des Pléiades.

Deux beaux spectacles célestes nous attendent en décembre : les Géminides, l'une des plus intenses pluies d'étoiles filantes de l'année et... 46P/Wirtanen, une comète visible à l'œil nu ! Le petit astre glacé, d'à peine plus d'un kilomètre de diamètre, est actuellement visible à l'œil nu. Très optimistes, les spécialistes voient en elle « a great comet », en tout cas elle est déjà sacrée comète de l'année !

Le 12 décembre, 46P a atteint le périhélie, le point le plus proche du Soleil de son orbite. Elle était alors à quelque 1,05 unité astronomique, soit quasiment la distance moyenne entre la Terre et notre étoile. D'une magnitude de 4.6 le 14 décembre, elle est bien visible à l'œil nu dans un environnement peu gêné par la pollution lumineuse. Toutefois, pour en profiter au maximum, préférez une paire de jumelles. Vous la distinguerez alors sans difficulté.

Itinéraire de 46P/Wirtanen dans le ciel de décembre. Le 12 décembre, la comète est aux portes du Taureau. Le 16 décembre, elle passe entre les Hyades et les Pléiades. Un spectacle à ne pas manquer ! © Observatoire de Paris, IMCCE

Où est la comète 46P/Wirtanen ?

Le 16 décembre, quatre jours après le périhile, 46P sera au plus près de la Terre, à 11,6 millions de kilomètres seulement. Une distance relativement courte - c'est la dixième comète la plus proche de la Terre depuis les années 1950 - qui profitera bien sûr à tous les observateurs terriens (les astrophotographes ont déjà commencé à lui tirer le portrait). Nous serons effectivement aux premières loges pour l'admirer. Et l'un des meilleurs moments sera sans nul doute lorsqu'elle passera entre les Hyades et les Pléiades dans le Taureau, les 16 et 17 décembre.

Le 16 décembre, la comète 46P/Wirtanen sera visible à côté des Pléiades. © Capture d'écran de l'app SkyGuide

De courte période, 46P/Wirtanen est habituée à revenir auprès du foyer du Système solaire tous les 5,44 ans. Bien qu'il soit de taille modeste, l'astre peut être pris de sursauts d'activité qui, espérons-le, rehausseront son éclat par moments pour le plus grand plaisir de nos yeux. Mais comme toujours, avec ces corps de glace et de poussière, il est difficile de prévoir comment il va se comporter. En tout cas, cela se présente bien et 46P devrait briller jusqu'à Noël avec, qui sait ? une queue panachée visible. Autour du 22 décembre néanmoins, la Pleine Lune rendra son observation plus délicate.

Un beau cadeau céleste de fin d'année en tout cas, offert à tous les curieux.

Quand une étoile filante de l'essaim des Géminides passe devant 46P/Wirtanen. © Joe Lawton, Spaceweather.com, Youtube


Une comète visible à l'œil nu pour bientôt

Article de Frank Menant publié le 25 février 2002

Pour ceux à qui, la découverte d'une comète manquait qu'ils se rassurent... deux astronomes amateurs viennent d'en découvrir une le 1er février 2002. D'après les calculs, elle s'avère très prometteuse.

L'astronome amateur japonais Kaoru Ikeya et le chinois Daquing Zhang n'en ont pas cru leurs oreilles quand ont leur a annoncé que la comète C/2002 C1 allait porter leurs noms. En effet, ils l'ont située dans la constellation de la Baleine au début du mois. D'une magnitude de 7 lors de sa découverte, son éclat augmente rapidement et devrait atteindre la magnitude de 4,2 au plus fort de sa visibilité.

Pour l'instant, vous pouvez l'observer avec une bonne paire de jumelles (7X50) dans la constellation des Poissons. C'est vers la mi-mars, lorsqu'elle sera en plein cœur de la constellation des Poissons, que vous pourrez commencer à l'observer à l'œil nu. Le 3 avril quand elle sera non loin de la galaxie d'Andromède elle atteindra sa magnitude maximale : 4,2. Puis vous pourrez encore l'observer avec un éclat décroissant jusqu'au 28 avril.

Les confirmés pourront la suivre jusque début juin où elle traversera la constellation d'Hercule, la Couronne boréale, et enfin la tête du Serpent.

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