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Étoiles filantes : en décembre, surveillez les Géminides !

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Pendant quelques nuits, l'essaim météoritique des Géminides va produire un joli spectacle céleste avec un maximum le 14 décembre. Un rendez-vous pour les plus courageux !

Comme pour les Perséides visibles sur cette image, les météores des Géminides peuvent produire un joli spectacle au mois de décembre. © R. Boucher
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Tout le monde a déjà entendu parler des Perséides, ce célèbre essaim d'étoiles filantes dont on peut admirer l'activité pendant les douces nuits du mois d'août, un spectacle à ne pas manquer surtout si, comme en 2010, la Lune est couchée. C'est pourtant loin d'être le seul moment où l'on peut surprendre le passage fugitif de ces poussières célestes qui s'illuminent lors de leur rapide traversée de l'atmosphère terrestre. Les Léonides du mois de novembre par exemple peuvent produire de spectaculaires averses météoritiques en moyenne tous les 33 ans, périodicité du retour de la comète 55P/Tempel-Tuttle dans les parages du Soleil.

En décembre, l'essaim des Géminides mérite qu'on lui consacre quelques heures d'observation. Cet essaim est associé à l'astéroïde 3200 Phaéton. Découvert en avril 1983 par le télescope infrarouge IRAS, Phaéton, si l'on en juge par son orbite, pourrait bien être le cœur d'une ancienne comète. Un lien de parenté que les scientifiques assument de plus en plus, tant la ressemblance entre ces deux familles d'astres errants est troublante. On en a eu récemment une autre confirmation avec les images de la comète Hartley 2 réalisées par la sonde Epoxy, qui rappelaient étrangement celles obtenues 5 ans plus tôt au cours du survol de l'astéroïde Itokawa. Bien que leur observation hivernale rebute de nombreux astronomes, les Géminides ont de beaux arguments à mettre en avant.

Avec un peu de chance, vous pourrez peut-être photographier un très brillant météore et sa désintégration silencieuse. © J.-B. Feldmann

Un joli taux horaire

Rappelons tout d'abord que le nom d'un essaim correspond à la constellation (les Gémeaux dans ce cas) d'où semblent émaner les météores, depuis un point de l'espace appelé le radiant. Les Géminides se déplacent assez lentement, leur vitesse de pénétration dans l'atmosphère étant estimée à 35 kilomètres par seconde. L'analyse patiente de nombreuses observations compilées par l'IMO, l'International Meteor Organization, a montré que les traînées laissées par les Géminides sont assez souvent persistantes, et qu'il n'est pas rare d'observer des bolides, ces brillants météores dont l'éclat surpasse celui de la planète Vénus (magnitude -4).

Selon la Royal Astronomical Society, la nuit du 13 au 14 décembre sera la plus prolifique avec un taux horaire qui pourrait atteindre une centaine de météores. Bien entendu un tel spectacle n'est possible qu'à certaines conditions. Il faut disposer d'un ciel dégagé de tout nuage et le plus noir possible, c'est-à-dire éloigné de toute pollution lumineuse. Un coin de jardin à la campagne conviendra parfaitement, pour peu qu'aucun lampadaire ne vienne vous éblouir. La prise de conscience de la préservation du ciel nocturne commence à porter ses fruits, et de plus en plus de communes éteignent leur éclairage public au milieu de la nuit. Une mesure pleine de sagesse qui concilie économies d'énergie et respect de l'alternance jour-nuit, un cycle naturel pour l'Homme et la nature. Le plus gros souci pour les observateurs d'étoiles filantes à cette époque de l'année reste bien entendu le froid, que chacun s'attachera à combattre avec efficacité. Mais quel bonheur ensuite d'assister au passage silencieux des étoiles filantes qui viennent rayer la voûte céleste de leur éclat éphémère !

Certains voudront immortaliser la scène par une photographie. L'appareil installé sur pied, il suffit de pointer le ciel et d'effectuer des séries de poses de quelques minutes avec un objectif de courte focale, en espérant qu'un brillant météore passera dans le champ visé. Dernier conseil pour les photographes comme pour les observateurs : même si les étoiles filantes jaillissent du radiant, il ne faut pas regarder dans cette direction qui est leur point d'entrée dans l'atmosphère. Lorsque les météores deviennent lumineux, ils ont déjà parcouru un bout de chemin et apparaissent dans n'importe quelle partie du ciel. Bonnes observations, que nous vous invitons à venir partager sur notre forum d'astronomie.

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