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La Nasa a choisi les lanceurs pour quatre de ses satellites

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La Nasa, qui avait mis en compétition plusieurs lanceurs, a fait son choix. Quatre satellites d'observation de la Terre seront lancés par United Launch Services et SpaceX, dont le franco-américain Jason-3.

En remportant le contrat de lancement du satellite Jason-3, prévu en décembre 2014, SpaceX tend à devenir un fournisseur de services des lancements de satellites pour le compte de la Nasa. Mais le Cnes aurait très vraisemblablement préféré que Jason-3 soit envoyé par un lanceur plus mature. © SpaceX

United Launch Services (Ula) et SpaceX sont les deux firmes que la Nasa a finalement retenues pour lancer quatre de ses satellites d'observation de la Terre en 2014 et 2016. Le lanceur Atlas de Lockheed Martin et la fusée aéroportée Pegasus d'Orbital Sciences, également en compétition, ont été écartés de cet appel d'offre. Ula remporte le gros lot en se voyant confier le lancement des satellites Smap et Oco-2 en 2014 par deux Delta II puis JPSS-1 pour un total de 412 millions de dollars, prévu en 2016.

Quant à SpaceX, elle gagne le contrat du satellite franco-américain Jason-3 qui sera lancé en décembre 2014 par un Falcon-9 pour un montant de 82 millions de dollars. Un prix du billet bien loin d'un vol low cost que nous promettait Elon Musk, P-DG et fondateur de la firme, au moment de la mise en développement de son lanceur et ce malgré un coût de développement raisonnable.

Les quatre satellites d'observation de la Terre planifiés sont :

  • Oco-2 (Orbiting Carbon Observatory), en remplacement du premier exemplaire perdu au lancement, mesurera les émissions en gaz carbonique (CO2), d'origine humaine aussi bien que naturelle ;
  • JPSS-1 (Joint Polar Satellite System-1), dédié à la surveillance de l'évolution climatique et la prévision météorologique ;
  • Smap (Soil Moisture Active Passive) qui prendra le relais des mesures d'humidité de sol fournies par le satellite Smos de l'Esa ;
  • Jason-3 assura la continuité des données de la hauteur des mers débutée avec Topex-Poséidon en 1992.
Les satellites Smap et Oco-2 seront lancés par Delta II comme ce fut le cas pour Suomi NPP en octobre 2011, ici à l'image. © Ula

Quatre satellites pour étudier notre planète

Smap réalisera des mesures d'humidité de sol avec des observations en bande L que font actuellement l'instrument Aquarius de la Nasa et le satellite Smos de l’Esa. Les données de Smap serviront à tracer des cartes des estimations de l'humidité du sol et de son état de gel et dégel. Il embarquera un radiomètre (1,41 GHz) et un radar à synthèse d'ouverture en bande L (1,20 GHz).

Oco-2 reprend les mêmes objectifs que le premier exemplaire Oco, perdu au lancement. Il a pour mission l'étude du CO2, le principal gaz à effet de serre de l'atmosphère. Il en mesurera les émissions d'origine humaine ou naturelle afin d'évaluer l'impact de notre activité sur le climat, ainsi que les effets du réchauffement climatique. Il aidera à mieux comprendre les processus naturels et le rôle des activités anthropiques qui régulent l'abondance et la distribution de ce gaz à effet de serre.

Oco-2 rejoindra en orbite l'A-Train, une constellation de cinq satellites mise en place par la Nasa, l'Agence spatiale canadienne et le Cnes. Elle comprend les satellites Aura, Glory, Parasol, Calipso, Cloudsat et Aqua, qui volent en formation à quelques minutes d'intervalle sur une orbite héliosynchrone. Ce train spatial est entièrement dévolu à l'étude de l'atmosphère terrestre et à la compréhension de l'impact des activités humaines sur le climat. Chaque satellite a sa propre mission, complémentaire aux autres.

Le satellite JPSS-1 doit succéder à Suomi NPP (National Polar-orbiting Operational Environmental Satellite), lancé en octobre 2011. Tous deux ont pour mission la surveillance du climat mondial et la prédiction de phénomènes météorologiques, climatiques et environnementaux présentant un danger pour la vie humaine et les infrastructures.

Quant à Jason-3, il s'agit d'une mission océanique opérationnelle d'altimétrie conçue pour surveiller la circulation océanique et le niveau des mers (avec des mesures précises).

L'utilisation des données de la filière Jason intéresse de nombreuses disciplines concernant les changements climatiques et un large éventail d'applications liées à la prévision de phénomènes dévastateurs comme les cyclones, El Niño ou La Niña. Construit par Thales Alenia Space pour le compte du Cnes, Jason-3 fait partie d'un programme international qui associe la Nasa, la Noaa, Eumetsat et le Cnes.

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