D’une masse au lancement de 553 kg, avec une puissance électrique de 550 W et une précision de pointage de 0,15°, Jason-3 sera lancé vers la mi-2013 en vue d’une mission de 5 ans. Crédit Cnes / D. Ducros

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Jason-3, un satellite pour l’océanographie jusqu'en 2018

ActualitéClassé sous :climatologie , océanographie , Astronautique

Le Cnes et la Nasa ont signé avec Thales Alenia Space le contrat portant sur la construction de Jason-3 en vue d'un lancement en 2013. Ce satellite va prendre le relais des Jason 1 et 2 et garantir la fourniture des données d'altimétrie au moins jusqu'en 2018. Il s'agit d'un élément indispensable pour mesurer la tendance du niveau moyen global de la mer, un des indicateurs clés du changement climatique.

Pour mieux comprendre les effets des changements climatiques, quel que soit le paramètre étudié, il est indispensable de disposer de longues séries temporelles de mesures. C'est le cas pour les données altimétriques de l'océan mondial. Depuis les premières études de Topex-Poseidon, en 1992, les scientifiques disposent aujourd'hui de 18 années d'observation continue de la topographie océanique qui montrent une augmentation du niveau global de la mer de 3,3 mm par an.

Les océans sont considérés comme l'un des principaux moteurs de la machine climatique. En cause, leur gigantesque système de courants, en surface et en eaux profondes, qui en transférant d'immenses quantités d'énergie avec l'atmosphère façonnent les conditions météorologiques au-dessus des terres émergées. Or le changement climatique se traduit, entre autres, par une élévation du niveau des mers. Cette élévation résulte en grande partie de l'élévation de température de l'eau qui, en chauffant, se dilate. Le phénomène est accentué par la montée de la mer alimentée par la fonte des glaciers de montagne et celle des calottes polaires. Résultat, les courants océaniques sont en train de se modifier ce qui peut avoir des effets désastreux sur le temps et le climat pour l'homme.

Carte de l'évolution du niveau de la mer entre 2002 et 2008 établie grâce aux données Jason-1. Les missions altimétriques sont une contribution essentielle pour les modèles d'interaction océan-atmosphère avec des paramètres toujours plus précis, ce qui doit renforcer le suivi opérationnel du climat et des changements climatiques à l'échelle de la planète.
© CNES/CLS/Legos/, 2008

Les mesures altimétriques fournissent des informations sur la topographie dynamique de l'océan, ce qui permet d'en déduire les phénomènes profonds. Des courants océaniques aux variations de salinité et aux marées en passant par la hauteur des vagues et la vitesse des vents, l'altimétrie est à la base d'une multitude d'applications qui font de l'océanographie opérationnelle un outil très précieux pour comprendre le changement climatique.

Basé sur la plate-forme Proteus, Jason-3 emportera l'altimètre Poseidon-3B, également développé par Thales Alenia Space, qui constitue l'élément clé de ce programme. Il emportera également le système Doris pour l'orbitographie de précision, un radiomètre micro-ondes, la charge utile de localisation GPSP (un système de positionnement utilisant les satellites du GPS) et un ensemble de réflecteurs à lasers. Le satellite sera placé sur la même orbite que Jason-2, à une altitude de 1.336 kilomètres et avec une inclinaison de 66°, ce qui permettra une couverture presque totale de toutes les étendues océaniques libres de glaces.

Jason-3 ne fera pas que poursuivre les mesures de son prédécesseur. Il délivrera le même niveau de précision que Jason-2 pour les mesures océaniques et répondra à d'autres besoins incluant les zones en bordure des côtes ainsi que les lacs et les cours d'eau.

Comme nous l'explique François Parisot, responsable des programmes altimétriques chez Eumetsat, qui fournit des services opérationnels pour la météorologie et la climatologie, « les scientifiques, mais également les utilisateurs opérationnels des produits altimétriques, ont émis un double besoin. La continuité des mesures de haute précision de type Jason, c'est la raison d'être principale de Jason-3. Mais il y a aussi l'amélioration de la couverture spatio-temporelle grâce à une "constellation" de plusieurs altimètres (aujourd'hui Envisat, demain les Sentinelle-3) ». Et d'ajouter « Jason-3 va bien également contribuer à cela en devenant la mission de référence par rapport à laquelle les autres missions seront calibrées ».

Concernant le domaine côtier, François Parisot précise que des « traitements spécifiques de données acquises près des côtes sont aujourd'hui en cours de validation sur Jason-2 », ce qui devrait bénéficier à Jason-3 « et peut-être rendre certains de ces produits côtiers opérationnels et non plus dédiés seulement à la recherche ».

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