Jason-3 devant le caisson Espace 70 Jason à l’intérieur duquel seront recréées les conditions que le satellite rencontrera dans l’espace : le vide et des environnements froids et chauds. © Rémy Decourt

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En image : le satellite océanographique Jason-3 à l'épreuve du vide

ActualitéClassé sous :Astronautique , Jason-3 , Utilisation de l'espace

Le satellite d'océanographie Jason-3 est maintenant construit. Il sera lancé dans neuf mois par un Falcon 9 de SpaceX. Les derniers éléments seront intégrés ces prochaines semaines et le satellite s'apprête à subir ses essais dits environnementaux.

À moins de neuf mois de son lancement par SpaceX, le satellite Jason-3 se prépare à subir l'essai de vide thermique dans l'usine cannoise de Thales Alenia Space qui l'a construit. Il s'agit d'un des nombreux essais auxquels sont soumis les satellites à différentes étapes de leur construction. Le but étant bien sûr de s'assurer qu'une fois l'engin à son poste, rien ne viendra en perturber le fonctionnement.

« Lors de cet essai dit d'environnement, on simule les conditions extrêmes de température et de pression pour vérifier le bon fonctionnement du satellite et des contrôles thermiques » nous explique Jean-Loup Foret, responsable du programme chez Tales Alenia Space.

Jason-3 est un satellite construit par Thales Alenia Space autour de la plateforme Proteus. Il emporte l’altimètre Poseidon-3B, le système Doris pour l’orbitographie de précision, un radiomètre micro-ondes, une charge utile de localisation GPSP et un ensemble de réflecteurs à laser. © Rémy Decourt

Le vide, le froid et le chaud au menu des tests d'un satellite

Pour ce qui concerne Jason-3, on débute par des « essais de déverminage sous vide où l'on fait subir au satellite des cycles (5 ou 6 en général) en chaud puis en froid à des températures un petit peu plus extrêmes que ce qu'il subira en orbite (typiquement -20 °C et +50 °C), afin de le tester thermiquement ».

Ensuite on vérifie son bon fonctionnement en simulant l'environnement qu'il connaîtra sur son orbite :

  • Le vide ;
  • Le froid spatial (simulé à 100 K) ;
  • Les flux de chaleur externes, tels que les flux solaires et terrestres et le flux solaire réfléchi par la Terre qui sont simulés par des réchauffeurs ;
  • Les éclipses pour lesquelles seul le flux terrestre demeure.

Le satellite est ensuite mis en position « ON » dans une ou plusieurs configurations telle que nominale ou survie, ou encore avec la charge utile (les instruments) en position « ON » ou « OFF ».

Préparation de Jason-3 à son essai de vide thermique. © Rémy Decourt

Pendant l'essai, tous ces paramètres seront mis à leur valeur minimale puis maximale, pour le satellite se stabilise à son niveau le plus froid puis le plus chaud qu'il subira en orbite. Ces conditions d'essais permettent de « vérifier la bonne santé de tous les équipements et de tous les instruments un à un ». L'essai est alors terminé.

Cependant, si ce type d'essai est une procédure parfaitement maîtrisée, ils ne sont pas sans risque car le satellite utilisé est le modèle de vol. Comprendre unique et cher... Ainsi, dans son caisson, il peut être exposé à une fuite ou une perte du vide, consécutive à la panne d'une pompe par exemple, à une pollution ou encore à une contamination qui peut survenir lors d'un dégazage des matériaux.

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