Le New Shepard de Blue Origin au décollage. Ce véhicule suborbital est composé d'un étage propulsif et d'une capsule aménagée pour transporter des touristes et des charges utiles, comme des expériences scientifiques ou des démonstrations de technologies. © Blue Origin
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Blue Origin : le premier vol habité du New Shepard aura lieu le 20 juillet. Une place est aux enchères

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[EN VIDÉO] Blue Origin réutilise son lanceur spatial New Shepard avec succès  Les lanceurs spatiaux réutilisables semblent dans l'air du temps. Après un premier vol puis un retour sur Terre réussis pour le lanceur suborbital New Shepard, Blue Origin, l’entreprise américaine à l’origine du projet, a pu le réutiliser avec succès. La preuve en vidéo. 

Après 15 vols consécutifs réussis à une centaine de kilomètres d'altitude, au-dessus de la ligne de Kármán, Blue Origin annonce un premier vol avec passagers le 20 juillet. Et pour marquer le coup, une place à bord de ce vol qui fera date pour le tourisme spatial a été mise aux enchères ! 

Il y a 60 ans, Alan Shepard devenait le premier Américain dans l'espace lors d'un vol parabolique à bord de la capsule Mercury. Vingt-trois jours après le premier vol orbital du Soviétique Youri Gagarine, les Américains se limitaient à une brève incursion dans l'espace, de quelques minutes avec un apogée à 187 kilomètres. À l'époque, le retard technologique des Américains sur les Soviétiques était énorme.

Soixante ans plus tard, Blue Origin, dont le véhicule suborbital est nommé Alan Shepard en l'honneur de ce vol historique, annonce un premier vol avec passagers le 20 juillet prochain. À cette date, le New Shepard transportera un équipage de plusieurs passagers dont tous seront nommés astronautes au retour de leur vol qui réalisera, comme la capsule Mercury en son temps, une brève incursion dans l'espace mais à une altitude bien moins élevée. Environ 100 kilomètres.

Pour ce premier vol habité et pour marquer le coup, Jeff Bezos, le patron de Blue Origin, a lancé une vente aux enchères pour « devenir le premier touriste spatial à bord du New Shepard », souligne le communiqué de la firme. À partir d'aujourd'hui, tout un chacun peut placer une enchère depuis le site Internet de Blue Origin et donc gagner une place à bord du New Shepard lors de ce vol « historique ».

Cette vente aux enchères inédite se déroulera en trois phases. Le montant de l'enchère gagnante sera intégralement reversé à la fondation de Blue Origin « Club for the Future », créée par la société de Jeff Bezos pour intéresser les jeunes à l'espace et aux sciences.

  • Du 5 au 19 mai, les enchères en ligne seront scellées. C'est-à-dire que vous pouvez enchérir du montant de votre choix sur le site d'enchères et aucune offre ne sera visible ;
  • Le 19 mai, les enchères en ligne ne seront plus scellées et deviennent visibles, de sorte que tous les participants pourront surenchérir à leur guise ;
  • Le 12 juin, fin des enchères. Tout au long de la journée, les enchères seront en direct.

À quelle frontière de l’espace se vouer !

Comme le rappelle Blue Origin, au cours des décennies qui ont suivi ces deux événements, moins de 600 astronautes se sont rendus dans l'espace, en « franchissant la ligne Kármán pour voir la Terre sans frontière et la fine couche de notre atmosphère ». Ils disent tous que cette expérience les a changé. À ne pas en douter, la très petite expérience spatiale, petite en durée (quelques minutes) et en altitude (une centaine de kilomètres), que propose Blue Origin « changera votre vision du monde », conclut le communiqué.

Le fait que le communiqué de Blue Origin précise « quelle frontière » compte franchir le New Shepard pour accéder à l'espace n'est évidemment pas anodin. Il faut savoir que le SpaceShipTwo de Virgin Galactic, dont le service touristique devrait ouvrir dans le courant de l'année, tient compte d'une autre frontière, celle à 80 kilomètres d'altitude, reconnue par la Nasa, la FAA, la NOAA et l'U.S. Air Force. Aux États-Unis, le franchissement de cette frontière permet d'obtenir les fameuses « ailes », un insigne américain décerné aux astronautes.

Forcément, voler une vingtaine de kilomètres plus haut, c'est forcément mieux ! Et Jeff Bezos ne se prive pas de rappeler que les vols à bord de Virgin Galactic auront toujours un « astérisque », car ils n'atteignent pas cette ligne de Kármán (100 kilomètres d'altitude).

Pour rappel, il existe au moins trois frontières de l'espace, dont deux ont été fixées arbitrairement. À ceux qui s'étonnent pourquoi il n'y a pas une seule frontière, il faut savoir que l'atmosphère terrestre ne disparaît tout simplement pas. Elle devient de plus en plus fine et s'étend bien au-delà de la Lune !

Pour en savoir plus

Blue Origin devrait envoyer dès le prochain vol des passagers à la frontière de l'espace

Article de Rémy Decourt publié le 17/04/2021

L'ultime répétition générale du New Shepard de Blue Origin s'est très bien déroulée. Le prochain vol sera habité mais sa date n'a pas encore été communiquée. L'entreprise américaine est également très discrète sur la nature du premier équipage qui prendra place à bord de la capsule. Simples touristes ou membres de l'équipe du New Shepard. Dans les deux cas, un ou deux professionnels des vols suborbitaux pourraient également être du voyage. 

Sans surprise, Blue Origin a réalisé avec succès un nouveau lancement du New Shepard. Il s'agissait du dernier essai à vide de la capsule. Le vol, du décollage à l'atterrissage, a duré un peu plus de 10 minutes. La capsule a atteint une vitesse de pointe de 3.596 kilomètres par heure et l'altitude de 107 kilomètres avant d'entamer son retour sur la terre ferme.

À la suite de ce succès, Blue Origin peut se préparer sereinement au premier vol « habité » de sa capsule.

Bientôt un vol habité

Le prochain vol, prévu dans plusieurs semaines, voire quelques mois, embarquera un équipage dont la composition n'a pas été révélée tout comme la date de lancement. On suppose que pour ce premier vol commercial un ou deux professionnels seront du voyage.


Blue Origin : test décisif aujourd’hui avant le vol d’essai habité

Article de Rémy Decourt publié le 14/04/2021

Blue Origin s'apprête à tester, très certainement pour la dernière fois, sa capsule New Shepard avec un mannequin. Conçue pour des vols habités suborbitaux, elle est dotée des améliorations nécessaires pour des vols avec passagers. Si ce test se déroule bien, le prochain vol devrait être habité avec un ou deux pilotes d'essais à bord.

Trois mois après le dernier vol d'une capsule New Shepard, Blue Origin annonce un nouveau vol d'essai, le quinzième (NS-15). Mais alors que nous étions convaincus que ce vol serait habité, Blue Origin souhaite de nouveau réaliser un vol automatique en configuration de vol habité. Le décollage de la capsule était prévu ce mercredi après-midi mais Blue Origin a annoncé un report à une date pas encore précisée.

Cependant, et contrairement aux derniers vols, ce vol est une répétition générale d'une véritable mission habitée qui mettra en scène de « faux passagers » qui simuleront une mission opérationnelle. Ces passagers, des salariés de Blue Origin, réaliseront les différentes tâches et opérations à faire avant le décollage de la capsule et sortiront juste avant la mise à feu. Au retour de la capsule, ils reprendront leur place à bord pour simuler leur sortie ! Rien de bien compliqué donc car les tâches en question consisteront à s'attacher et se détacher correctement de leur siège et vérifier les différents équipements individuels et collectifs de communication notamment. La gestion de l'état de santé de la capsule et de son étage propulsif n'est pas du ressort de l'équipage à bord, mais des contrôleurs au sol.

Lors de ce vol, l'habituel mannequin Skywalker sera installé sur l'un des sièges accompagné de plus de 25.000 cartes postales du Club for the Future créé par la société de Jeff Bezos pour intéresser les jeunes à l'espace et aux sciences.

Des vols suborbitaux plutôt que spatiaux

Si ce vol réussit, le prochain vol sera habité et contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce système de transport ne va évidemment pas proposer des voyages spatiaux mais des vols ascensionnels jusqu'à une centaine de kilomètres d'altitude afin de franchir la ligne de Kármán, qui définit la frontière entre l'atmosphère terrestre et l'espace (fixée arbitrairement à 100 kilomètres d'altitude).

Si le New Shepard est capable de voler jusqu'à environ 120 kilomètres d'altitude, lors du dernier vol il a atteint 109 kilomètres, la capsule ne peut guère aller plus haut sans risquer des contraintes thermiques et aérodynamiques trop fortes lors du retour au sol. À cela s'ajoute que la vitesse maximale de la capsule est d'un peu plus de 3.600 kilomètres par heure, ce qui reste loin de la vitesse nécessaire pour une éventuelle satellisation et donc voler dans l'espace.

Cela dit à seulement une centaine de kilomètres, la vue sera imprenable sur la courbure de la Terre et permettra quelques minutes de micro-pesanteur.


Blue Origin : test décisif aujourd’hui avant le vol d’essai habité

Article de Rémy Decourt publié le 11/04/2021

Blue Origin s'apprête à tester, très certainement pour la dernière fois, sa capsule New Shepard avec un mannequin. Conçue pour des vols habités suborbitaux, elle est dotée des améliorations nécessaires pour des vols avec passagers. Si ce test se déroule bien, le prochain vol devrait être habité avec un ou deux pilotes d'essais à bord.

Pour son premier vol d'essai de l'année, le système de transport suborbital de Blue Origin, le New Shepard, utilisera une capsule dotée de nombreuses améliorations nécessaires aux vols habités. Ce vol est prévu aujourd'hui à 16 h 45, heure de Paris. il est à suivre en direct sur le site de Blue Origin.

Sans surprise, la Covid-19 a quelque peu bouleversé le planning initial qui prévoyait les premiers vols habités dès la fin 2020. Ce vol pourrait bien être le dernier du programme de qualification de la capsule avant le début des essais habités, puis de l'ouverture du service commercial, certainement au début de l'année 2021. Ni Blue Origin ni Virgin Galactic, autre société engagée dans le tourisme spatial et unique concurrent du New Shepard, ne souhaitent avancer une date pour le premier vol commercial, c'est-à-dire avec des passagers, touristes payants.

Une capsule prête pour les vols habités suborbitaux

Comme son nom l'indique, NS-14 sera le quatorzième vol d'essai de la capsule depuis 2015. Pour ce test, le New Shepard est équipé de plusieurs améliorations utiles à « l'expérience astronaute », explique le communiqué de Blue Origin. L'acoustique et la régulation de la température à l'intérieur de la capsule sont améliorées et chaque passager bénéficiera à son siège d'un écran, de haut-parleurs et d'un microphone, entre autres. Lors de ce vol, Blue Origin testera des systèmes d'alerte et de sécurité ainsi qu'un système de communication pour les passagers. La capsule sera équipée de six sièges, dont un occupé par le mannequin Skywalker.

Enfin, à l'initiative du Club For the Future, lancé en mai 2020 par Jeff Bezos, le fondateur de Blue Origin, plus de 50.000 cartes postales voleront à bord du New Sheppard, dont certaines seront mises dans les poches du mannequin Skywalker.


Blue Origin vise un vol habité d'ici 2020

Article de Rémy Decourt publié le 07/10/2019

Aujourd'hui, il ne fait plus guère de doute que Virgin Galactic et Blue Origin débuteront leurs activités touristiques à la frontière de l'espace en deuxième partie de l'année 2020. Au vu des derniers vols, l'avion SpaceShipTwo de Virigin Galactic, son étage propulsif, et la capsule du New Shepard sont apparement prêts, même si Blue Origin souhaite encore réaliser deux vols d'essais inhabités. Bien que Blue Origin souhaite faire voler des Hommes d'ici la fin de l'année, ce premier vol habité devrait avoir lieu en 2020.  

Dans la course que se livrent Blue Origin et Virgin Galactic pour devenir la première société à faire voler un équipage touristique à la frontière de l'espace, bien malin qui pourra dire laquelle sera la première. Régulièrement, depuis deux ans, les deux ne se prétendent qu'à « quelques mois de leurs premiers vols touristiques avec des clients à bord », bien que chacune d'elles reste prudente et se garde d'avancer une date précise.

Il y a quelques semaines, Virgin Galactic a annoncé que son service commercial devrait débuter dès 2020 pour la modique somme de 226.000 euros. Après un premier vol en juin, 15 autres missions sont prévues, puis jusqu'à 270 en 2023 avec 5 avions !

Un vol habité probablement en 2020

Quant à Blue Origin, les déclarations les plus récentes datent du 2 octobre quand Bob Smith, son directeur général, s'est exprimé lors d'une interview à la conférence TechCrunch Disrupt SF 2019, à San Francisco. Comme Jeff Bezos en début d'année, Bob Smith a déclaré « viser un premier vol habité d'ici la fin de l'année » mais a reconnu qu'il aurait « plus vraisemblablement lieu en 2020 ». En septembre, Erika Wagner de Blue Origin, s'exprimant lors d'une conférence sur la recherche et les vols en micro-gravité, déclarait que le dernier vol d’essai du New Shepard, en mai, avait « permis de tester de nombreux paramètres nous permettant de nous préparer pour les premiers vols humains, qui sont censés avoir lieu avant la fin de l'année ».

La capsule New Shepard lors de son retour sur la terre ferme après son onzième vol d'essais en mai 2019. © Bue Origin

Avant ce premier vol habité, Bob Smith a déclaré que deux autres vols d'essais inhabités étaient encore nécessaires avant d'envoyer des humains en l'air. Vu la date d'aujourd'hui, le début de l'année 2020 semble un objectif plus réaliste. D'autant plus que le site d'informations spatiales Spacenews croit savoir que le prochain vol d'essai aurait lieu au mieux le 1er novembre.

Si Virign Galatic a déjà fixé un prix pour ses places à bord de son SpaceShipTwo et débuté leur commercialisation, Blue Origin n'a fourni aucune indication sur la date de mise en vente de ses billets à bord du New Shepard ni à quel prix. Bob Smith a annoncé que les premiers billets « ne seront pas bon marché », mais que la société chercherait à réduire ce prix au fil du temps, de façon à ce que les gens de la classe moyenne puissent se les payer.


Le New Shepard de Blue Origin bientôt prêt pour un vol habité

Article de Rémy Decourt publié le 25/02/2019

Alors que les deux derniers vols d'essais inhabités du New Shepard de Blue Origin avaient été annoncés comme réussis (avril et juillet 2018), nous étions nombreux à penser que le prochain vol serait habité. Eh bien non ! Blue Origin a, semble t-il, besoin d'un dixième vol de démonstration avant d'embarquer des pilotes d'essais. Ce vol est prévu aujourd'hui. Il ne volera pas à vide : il embarque huit expériences scientifiques. Voici notre analyse. 

Alors que l'on s'attendait à ce que le premier vol habité du New Shepard survienne après son neuvième lancement, il n'en sera rien. Pourtant, à l'été 2018, après ce dernier vol du lanceur suborbital, conçu pour promener des touristes à la frontière de l'espace, tous les voyants étaient au vert. Comme le précédent d'ailleurs. Ces deux vols avaient été parfaits et représentatifs d'une mission touristique à la frontière de l'espace.

Interrogée sur le planning des vols habités, la société Blue Origin n'a pas souhaité répondre. Ariane Cornell, responsable développement et stratégie économique de Blue Origin a néanmoins confirmé que ce premier vol habité aurait bien lieu dans le courant de l'année. Cela étant dit, la commercialisation de vols touristiques à bord du New Shepard n'est pas encore d'actualité. La société n'a toujours pas procédé à la mise en vente des billets pour prendre place à bord de la capsule, ni communiqué sur le prix d'un voyage estimé aux alentours de 200.000 dollars, voire plus, pour un vol d'une douzaine de minutes.

Notez que les touristes ne seront pas les seuls passagers du New Shepard. Blue Origin souhaite également commercialiser cette capacité de vol suborbital auprès des scientifiques et des ingénieurs pour surveiller ou réaliser des expériences en gravité zéro, pendant les quelques minutes que durera le vol en apesanteur.

Retour sur la terre ferme du New Shepard, après un test d'éjection d'urgence de la capsule de l'étage propulsif en plein vol. © Blue Origin

Une dixième démonstration avant un premier vol habité suborbital ? 

Dans un contexte de compétition avec Virgin Galactic, dont le dernier vol d’essai habité à la frontière de l'espace a été une grande réussite, Blue Origin ne doit pas trop tergiverser. Richard Branson, fondateur du groupe Virgin, a laissé entendre que Virgin Galactic pourrait débuter son service commercial dans le courant de l'année prochaine, voire dès la fin de cette année, avec un vol promotionnel.

En attendant, le New Shepard est sur son pas de tir. Il devrait décoller dans ces prochaines heures pour réaliser son dixième vol. À bord, pas d'équipage donc, mais huit expériences embarquées dans le cadre du programme Flight Opportunities de la Nasa. Ce programme identifie des occasions de vol pour des charges utiles de recherche à placer à bord de lanceurs suborbitaux, de ballons ou d'avions commerciaux. Ces huit expériences ont été fournies par des universités, des instituts et des centres de la Nasa. Elles vont de la recherche en microgravité dans des domaines, tels que la dynamique des fluides et la science planétaire, aux démonstrations technologiques permettant de surveiller les conditions de vol de la capsule du New Shepard.

Ce dixième vol d'essai est prévu dans la journée. À l'origine, ce vol aurait dû avoir lieu le 18 décembre. Mais un problème technique concernant le segment sol avait contraint Blue Origin a reporté ce vol à ces jours-ci.


Le New Shepard de Blue Origin prêt pour un vol d'essai habité

Article de Rémy Decourt, publié le 20/07/2018

Blue Origin a réalisé le neuvième vol inhabité du New Shepard. Lors de cet essai, un test d'éjection d'urgence de la capsule a été réalisé avec succès. Le prochain vol d'essai sera habité et devrait avoir lieu d'ici la fin de l'année.

Et de neuf ! Alors que l'on s'attendait à un vol d'essai habité, Blue Origin a de nouveau réalisé un vol inhabité en utilisant un propulseur qui avait déjà volé deux fois. La capsule transportait huit expériences pour le compte d'agences spatiales, d'universités et d'entreprises privées. 

Pour son neuvième vol d'essai inhabité, le New Shepard de Blue Origin a aussi réalisé avec succès un test d'éjection d'urgence de la capsule en plein vol. Celle-ci s'est séparée du propulseur et s'en est éloignée très rapidement. L'étage comme la capsule se sont ensuite posés en douceur sur la terre ferme. Lors de ce vol, la ligne de Karman, qui définit la frontière entre l'atmosphère terrestre et l'espace (fixée à 100 kilomètres d'altitude), a été dépassée de 19 kilomètres.

Vidéo de la neuvième mission du New Shepard, avec une rétrospective des vols d'essais précédents. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais apparaissent alors. Cliquez ensuite sur la roue dentée à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Blue Origin

Un prochain vol d'essai habité à la fin de l'année ?

Ce n'est pas la première fois que Blue Origin réalise ce type d'essais très poussés pour démontrer que la sécurité des passagers à bord de la capsule sera garantie à toutes les phases du vol. En octobre 2012, installée sur la rampe de lancement, la capsule a réalisé un test d'abandon d'urgence du New Shepard en s'éjectant du véhicule après une panne simulée. En octobre 2016, lors d'un vol d'essai, une panne simulée en plein vol à max Q, le point de pression maximale de l'atmosphère sur la fusée (donc la pression la plus contraignante pour la structure du véhicule), a permis de s'assurer que la capsule pouvait se séparer en toute sécurité du propulseur lors d'un test d'éjection d'urgence

Ce neuvième vol d'essai a aussi permis de caractériser la performance du moteur d'échappement dans le quasi-vide de l'espace. En confirmant que la capsule pourra retourner sur Terre en sécurité à n'importe quel moment de la phase du vol, Blue Origin a sous-entendu que le prochain vol d'essai serait habité. Celui-ci devrait avoir lieu d'ici la fin de l'année. La vente des billets pour des vols commerciaux et touristiques suborbitaux devrait débuter dès 2019, avec une fourchette de prix allant de 200.000 à 300.000 dollars (environ 170.000 à 250.000 euros au cours actuel).


Blue Origin : vol réussi pour le New Shepard

Article de Rémy Decourt publié le 03/05/2018

Et de huit ! Avec ce huitième vol d'essai réussi il y a quelques jours, Blue Origin démontre la fiabilité du New Shepard. Mieux encore, les deux derniers vols ont été représentatifs d'une mission touristique à la frontière de l'espace. À moins d'une très mauvaise surprise à l'analyse des données du vol, le prochain tir pourrait être un vol d'essai habité.

Dans la course au tourisme spatial, pour des vols suborbitaux à la frontière de l'espace, que se livrent Virgin Galactic et Blue Origin, la société de Jeff Bezos pourrait avoir pris un coup d'avance avec son New Shepard. Certes, les deux systèmes de transport suborbitaux sont très différents l'un de l'autre, un avion pour Virgin Galactic (le SpaceShipTwo) et un étage suborbital surmonté d'une capsule pour Blue Origin, mais les objectifs sont identiques : amener des touristes à la frontière de l'espace, arbitrairement fixée à 100 kilomètres, et les maintenir plusieurs minutes en apesanteur lors de la phase de vol balistique.

La semaine dernière, le New Shepard a réalisé avec succès un huitième vol d'essai. Comme le précédent, il était représentatif d'une mission touristique. La capsule était semblable au modèle habitable, munie de larges hublots pour permettre aux futurs clients de Blue Origin de profiter de la rotondité de la Terre et du spectacle qu'offrent la noirceur du ciel et la beauté bleue de notre planète.

Huitième vol d’essai du New Shepard, vu depuis l’intérieur de la capsule. Suivre le déroulement de la mission, du lancement au retour au sol et sous cet angle montre bien ce que vivront ces touristes de l'espace. Notez la poussière à l'intérieur de la capsule qui se met à flotter quand la capsule est en apesanteur. Enfin, on remarque que le mannequin n'a pas l'air d'être très secoué.  © Blue Origin

Jeff Bezos prépare-t-il un coup ?

L'étage et la capsule avaient déjà volé une première fois le 15 décembre 2017, lors du septième vol d'essai du New Shepard. Le mannequin Skywalker, doté de capteurs pour mesurer les conditions (notamment les accélérations) auxquelles seront soumis les futurs passagers lors du décollage et du retour au sol, était de nouveau à bord. Il était accompagné de huit expériences commerciales logées dans des emplacements spécifiques.

Au total, cette huitième mission a duré un peu moins de 13 minutes et, selon des données provisoires, tous les paramètres mesurés du vol sont ressortis nominaux. La capsule s'est posée en douceur, freinée par trois immenses parachutes et un petit coup de rétrofusée.

La date du prochain vol d'un New Shepard n'a pas été annoncée. Mais, avec huit lancements et plusieurs réutilisations réussies, le prochain tir pourrait être un vol d'essai habité avec en ligne de mire un premier vol touristique pour les 50 ans des premiers pas de l'Homme sur la Lune, en juillet 2019 !


Blue Origin réutilise son petit lanceur New Shepard avec succès

Article de Rémy Decourt publié le 26/01/2016

Et de deux ! Le lanceur New Shepard a une nouvelle fois franchi les 100 kilomètres d'altitude, deux mois seulement après son essai réussi du mois de novembre. Du coup, Blue Origin démontre la réutilisabilité de son système de lancement. D'autres essais en vol et de récupération sont prévus tout au long de l'année.

Si la réutilisabilité d'un certain nombre de lanceurs est une des solutions envisagées pour baisser le coût de l'accès à l'espace, Blue Origin l'a d'ores et déjà adopté pour son véhicule suborbital New Shepard. À la différence d'un lanceur qui peut envoyer en orbite à plusieurs centaines de kilomètres d'altitude un satellite, le New Shepard est un véhicule suborbital qui fait le pari d'amener à quelque 100 kilomètres d'altitude des touristes dans l'espace.

Il y a tout juste deux mois, Blue Origin faisait décoller ce véhicule suborbital en direction de l'espace et le ramenait intact au sol. Vendredi dernier, la société de Jeff Bezos, l'emblématique patron d'Amazon, a réédité son exploit avec ce même lanceur démontrant du coup la réutilisabilité du véhicule. Lors de ce vol, le New Shepard a de nouveau dépassé les 100 kilomètres d'altitude (101,7 km). L'étage comme la capsule, vide pour cet essai, sont ensuite retournés se poser au sol à l'aide de parachutes pour la capsule et du moteur utilisé pour l'amener à la frontière de l'espace pour l'étage.

Si l'on se fie aux déclarations de Jeff Bezos, les préparatifs de ce lancement ont été simples. Bien que Blue Origin ne détaille pas le coût de la remise en état du véhicule, l'entreprise a toutefois précisé que seuls les parachutes et des allumeurs pyrotechniques avaient été remplacés. Des modifications logicielles ont également été apportées afin que le lanceur ait un très bon comportement en vol au moment de se poser, à défaut de réaliser un atterrissage très précis. En effet, il s'agit d'éviter des à-coups trop brusques qui pourraient avoir lieu au dernier moment pour l'amener à se poser à l'endroit précis visé.

En parallèle au développement de ce véhicule, Blue Origin développe le moteur réutilisable BE-4 pour le futur lanceur Vulcan d'ULA.

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