Richard Branson, au premier plan, flottant en apesanteur, au côté des trois autres passagers du premier vol du SpaceShipTwo en configuration opérationnelle. © Virgin Galactic
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Richard Branson gagne son pari et vole quelques minutes sous la frontière de l’espace

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Dans un véhicule pas complètement opérationnel, Richard Branson, trois autres passagers et deux pilotes d'essais ont réalisé un vol suborbital sans encombre à bord du SpaceShipTwo. Une performance technologique indéniable qui laisse un goût d'inachevé. L'appareil plafonne sous les 100 kilomètres d'altitude, la seule frontière de l'espace que reconnaît la Fédération aéronautique internationale. Un vol qui n'a évidemment rien d'historique pour un avion qui a déjà volé 22 fois. L'activité commerciale de Virgin Galactic devrait débuter en 2022.

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[EN VIDÉO] Unity, le nouveau SpaceShipTwo de Virgin Galactic  L’activité de Virgin Galactic est principalement axée sur le tourisme spatial. Suite au crash de son avion suborbital en 2014, l’entreprise a construit un nouvel exemplaire du SpaceShipTwo. Baptisé Unity, le véhicule a été dévoilé en grande pompe, comme on peut le voir au cours de cette vidéo. 

Le milliardaire britannique Richard Branson qui a toujours rêvé d'espace depuis qu'il est enfant a donc réussi son pari à bord de l'avion développé par la société Virgin Galactic qu'il a fondée en 2004. Dimanche, lors du premier vol suborbital du SpaceShipTwo en configuration opérationnelle avec un équipage au complet, Richard Branson a volé à plus de 85 kilomètres d'altitude. La durée de ce vol, du décollage au retour sur la terre ferme, a été d'environ 70 minutes.

À bord de l'avion, deux pilotes d'essais et trois employés de Virgin Galactic. Au côté de Branson, on comptait Beth Moses, instructeur en chef des astronautes, Colin Bennett, ingénieur en chef des opérations, Sirisha Bandla, vice-présidente des affaires gouvernementales. Les pilotes d'Unity étaient Dave Mackay et Michael Masucci, tandis que Kelly Latimer et C.J. Sturckow pilotaient Eve, l'avion porteur.

En franchissant les 80 kilomètres d'altitude, la frontière de l'espace reconnue par la Nasa, la Federal Aviation Administration (FAA), la National Oceanic and Atmospheric Administration (Noaa) et l'U.S. Air Force, les quatre passagers du vol se verront remettre les fameuses « ailes », un insigne américain décerné aux astronautes. Cela dit, cette frontière de l'espace ne fait pas consensus. La Fédération aéronautique internationale (FAI) la fixe à 100 kilomètres d'altitude, aussi appelée ligne de Kármán, du nom du physicien hongrois Theodore von Kármán. À cela s'ajoute que pour devenir astronaute la réalisation d'au moins une orbite complète autour de la Terre devrait être une condition sine qua non.

Ce vol a aussi permis d'atteindre un certain nombre d'objectifs liés à l'utilisation et l'ergonomie de la cabine et à l'expérience client avec un équipage au complet. Il a également permis de vérifier l'efficacité du programme de formation de prévôt d'une durée de cinq jours en matière de sécurité et de l'apesanteur entre autres.

Une expérience unique dans une vie 

Une fois le moteur de l'avion coupé, les quatre passagers ont pu se détacher de leur siège pour flotter quelques minutes en apesanteur, et admirer la courbure de la Terre depuis l'un des 12 hublots de la cabine. À bord d'Unity comme dès son retour au sol, Richard Branson s'est montré très enthousiasmant déclarant « avoir rêvé de ce moment depuis tout petit, mais rien ne pouvait me préparer à la vue de la Terre depuis l'espace » et d'ajouter, c'est « une expérience unique dans une vie ».

Enfin, Richard Branson a aussi indiqué que le secteur spatial est « à l'avant-garde d'une nouvelle ère spatiale ». À ce sujet, l'activité commerciale de Virgin Galactic devrait débuter dans le courant de l'année 2022, dès que les deux derniers vols d'essais prévus auront été réalisés, notamment pour qualifier les ailes cantilever dont l'angle peut être modifié. À terme, 400 vols sont prévus depuis Spaceport America, au Nouveau-Mexique. À ce jour, quelque 600 billets ont déjà été vendus à des personnes de 60 pays différents pour un prix compris entre 200.000 et 250.000 dollars.

Pour en savoir plus

Espace : Richard Branson va voler plus tôt que Jeff Bezos, lequel embarque une passagère de 82 ans

Article de Rémy Decourt publié le 02/07/2021

Richard Branson va-t-il remporter la très petite et tout aussi amicale course à l'espace qu'il livre à Jeff Bezos pour devenir la première société à offrir un service touristique à la frontière de l'espace ? Il semble que oui. Du côté de Jeff Bezos, on préfère avoir l'équipage le plus fun. Wally Funk, 82 ans, sera du voyage ! Cette Américaine, membre des programmes Woman in Space et Mercury 13, a toujours rêvé de devenir astronaute.

Le 11 juillet 2021, Richard Branson participera au prochain vol suborbital du SpaceShipTwo qui sera piloté par Dave MacKay (3e vol spatial) et Michael Massuci (2e vol spatial). Le milliardaire britannique sera accompagné en cabine par Sirisha Bandla, Colin Benett et Beth Moses (2e vol spatial). Si tout se passe comme prévu, alors Richard Branson quittera la Terre neuf jours avant Jeff Bezos, le patron d'Amazon et de Blue Origin qui réalise l'autre véhicule suborbital, le New Shepard !... Et l'histoire retiendra que Virgin Galactic est devenue la première société à débuter un service commercial touristique de vol suborbital à la frontière de l'espace.

Le VSS Unity de Virgin Galactic lors du troisième vol spatial de la société de Richard Branson à près de 90 kilomètres d'altitude. © Virgin Galactic

Du côté de Blue Origin, on maintient la date du vol fixée il y a déjà plusieurs semaines au 20 juillet, qui correspond à l'anniversaire des premiers pas sur la Lune. Mais, on remporte la course de l'équipage le plus fun. Après avoir attribué un siège au terme d'une vente aux enchères qui a permis de récolter 28 millions de dollars, Jeff Bezos vient d'annoncer que le quatrième passager de son vol sera Wally Funk, 82 ans. Cette Américaine, au parcours professionnel remarquable, a toujours rêvé de devenir astronaute.

La personne la plus âgée à voler dans l'espace !

Le 20 juillet, Wally Funk deviendra la personne la plus âgée à avoir jamais volé dans l'espace, après le sénateur John Glenn qui, à 77 ans, avait volé à bord de la navette Discovery en octobre 1998. La ressemblance s'arrête là. Les deux vols n'ont rien de comparable, John Glenn réalisant un vol de plusieurs jours à plus ou moins trois cents kilomètres de la Terre tandis que le vol de Wally Funk devrait l'amener à plus ou moins cent kilomètres pendant quelques minutes.

Dans les années 1960, Wally Funk était la plus jeune diplômée du programme Woman in Space, un projet financé par le secteur privé qui testait des femmes pilotes pour la condition physique des astronautes. Elle rejoint ensuite le projet Mercury 13 qui a pour but de sélectionner des femmes pilotes capables d'intégrer la Nasa. Malheureusement aucune des 13 Américaines, qui ont subi avec succès les mêmes tests de dépistage physiologiques et psychologiques que les astronautes sélectionnés par la Nasa pour le projet Mercury, ne volera dans l'espace. Sauf Wally Funk !


Virgin Galactic et Blue Origin : bataille d’égo entre deux milliardaires qui rêvent d’espace

Article de Rémy Decourt publié le 09/06/2021

Richard Branson va-t-il griller la politesse à Jeff Bezos ? C'est ce qu'il semble se tramer du côté de Virgin Galactic qui aurait entrepris d'accélérer la préparation de son avion suborbital et l'avion porteur pour être prêt à voler le 4 juillet, deux semaines avant le vol du New Shepard de Blue Origin.

Seulement quelques heures après l'annonce de Blue Origin, précisant que Jeff Bezos et son frère Mark seront à bord du véhicule suborbital New Shepard lors de son premier vol habité le 20 juillet 2021, on apprend que Virgin Galactic préparerait un vol suborbital du SpaceShipTwo et qu'il aurait lieu le 4 juillet, jour de la fête nationale des États-Unis. À bord : le milliardaire Richard Branson qui a fondé Virgin Galactic en 2004. Bien que confirmée auprès de Parabolic Arc par une source souhaitant garder l'anonymat, cette annonce est à prendre au conditionnel.

Ce vol suborbital de Virgin Galatic aurait lieu environ deux semaines avant l'escapade de quelques minutes dans l'espace de Jeff Bezos, accompagné de son frère et du gagnant de la vente aux enchères pour l'attribution de la troisième place. Le nom de ce gagnant sera connu samedi 12 juin, à la fin des enchères. Ce sera le premier vol avec équipage de New Shepard, qui a volé 15 fois sans personne à bord.

Le vol de Virgin Galactic subordonné à l'obtention d'une licence de la FAA

Cependant, avant de pouvoir embarquer Branson, Virgin Galactic doit obtenir une licence d'opérateur d'engins spatiaux réutilisables commerciaux délivrée par la FAA, l'agence américaine qui réglemente les lancements privés. Cette licence permettrait à Virgin Galactic de faire voler le milliardaire en tant que premier participant à un vol spatial, ce que ne permet pas la licence actuelle. Virgin Galactic s'attend à obtenir ce précieux sésame début juillet. Le vol de Branson dépend également de la préparation du VSS Unity et de son avion porteur dont le dernier vol date du 22 mai. Or, le délai de préparation des deux véhicules serait de seulement 44 jours si le vol devait avoir lieu le 4 juillet. Un délai à comparer aux 72 jours nécessaires entre les premier et second vols du SpaceShipTwo en décembre 2018 et février 2019.

À quelle frontière de l’espace se vouer !?

Enfin, si Branson vole avant Bezos, il y aura probablement un débat sur la question de savoir s'il a réellement atteint l'espace. En effet, il existe au moins trois frontières de l'espace, dont deux ont été fixées arbitrairement. Celle à 80 kilomètres d'altitude, reconnue par la Nasa, la FAA, la Noaa et l'U.S. Air Force. Le franchissement de cette frontière permet d'obtenir les fameuses « ailes », un insigne américain décerné aux astronautes. La deuxième a été reconnue par la Fédération aéronautique internationale qui la fixe à 100 kilomètres d'altitude. Cette frontière est aussi appelée ligne de Kármán, du nom du physicien hongrois Theodore von Kármán.

Or, Virgin Galactic semble se contenter des 80 kilomètres et pourrait ne pas atteindre les 100 kilomètres d'altitude alors que le New Shepard de Blue Origin les a dépassés à plusieurs reprises !

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