Le patron d'Amazon, Jeff Bezos, veut se faire une place dans le ciel et, pour ce faire, il ne compte pas que sur des drones capables de livrer les courses de ses clients. Sa société Blue Origin vient en effet de réaliser le premier vol d'essai du New Shepard. Ce futur véhicule de transport suborbital sera utilisé pour transporter des touristes et réaliser des expériences scientifiques.

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    Le New Shepard a décollé depuis le site d'essais privé de Blue Origin, près de Van Horn, dans l'ouest du Texas, aux États-Unis. © Blue Origin

    Le New Shepard a décollé depuis le site d'essais privé de Blue Origin, près de Van Horn, dans l'ouest du Texas, aux États-Unis. © Blue Origin

    Dans la course aux vols suborbitauxvols suborbitaux, trois entreprises privées se détachent : la plus médiatisée, Virgin GalacticVirgin Galactic, la moins médiatisée, XCor Aerospace, et enfin Blue Origin, la plus discrète. Il est encore trop tôt pour dire qui débutera en premier un service commercial de vols habitésvols habités touristiques et scientifiques à la frontière de l'espace.

    Certes, l'avion suborbitalavion suborbital de Virgin Galactic a déjà volé à plusieurs reprises mais, depuis le crash du SpaceShipTwo lors d'un vol d'essai causant la mort d'un des pilotes et blessant le second, il est cloué au sol. Quant à XCor Aerospace, son avion biplace devrait également voler dans le courant de l'année. De son côté, le New Shepard de Blue Origin vient de réussir son premier vol d'essai.

    Blue Origin a communiqué mercredi sur le sujet affirmant avoir testé avec succès son système de transport. L'étage était bien représentatif de la version opérationnelle. En revanche, en lieu et place de la future capsule Shepard, se trouvait un prototype. Ce dernier était similaire à la capsule au regard de sa forme aérodynamique, sa masse et sa taille. Le vol d'essai s'est très bien déroulé. Pendant toute la phase d'ascension, le lanceur s'est bien comporté. Tous les paramètres mesurés étaient alors nominaux (guidage, navigation, contrôle). La capsule s'est séparée de son étage sans accrocs et le New Shepard a atteint l'altitude de 93 kilomètres à la vitesse de Mach 3.

    Bien que l'atterrissage ait été rude, la capsule est arrivée sous ses parachutesparachutes sans encombre à quelques mètres de son pas de tir. Seule petite déception : à la suite d'une défaillance du système hydraulique, le lanceur n'a pas pu être récupéré comme cela était prévu. Il s'est écrasé au sol. Les deux autres étages en cours de production, qui préfigurent de futurs vols d'essais, tiendront compte du retour d'expérience de ce premier vol.

    Du décollage à l'atterrissage de la capsule, le premier vol d'essai du New Shepard s'est bien déroulé. Seule déception : le crash de l'étage propulsif que Blue Origin souhaitait récupérer. © Blue Origin

    Du décollage à l'atterrissage de la capsule, le premier vol d'essai du New Shepard s'est bien déroulé. Seule déception : le crash de l'étage propulsif que Blue Origin souhaitait récupérer. © Blue Origin

    Une capsule et un lanceur réutilisables

    New Shepard, le véhicule de transport suborbital de Blue Origin, sera entièrement réutilisable et conçu pour transporter de trois à six astronautesastronautes. Il vise autant le marché du tourisme spatial que celui du lancement de petites charges utiles scientifiques. Il se compose d'une capsule et d'un lanceur à un seul étage (également nommé « module propulsif »)) équipé du moteur BE-3, fonctionnant à l'hydrogènehydrogène et l'oxygèneoxygène liquidesliquides et délivrant une poussée de 55 tonnes.

    En parallèle, Blue Origin poursuit le développement du moteur BE-4 à oxygène liquide et gaz naturel liquéfiégaz naturel liquéfié (GNL) qui produira une poussée quatre fois supérieure à celle du BE-3 (275 tonnes). En développement depuis 2012, le BE-4 sera testé à partir de 2016. Ce moteur est proposé à United Launch Alliance (ULA) en remplacement du moteur russe RD-180 de l'Atlas 5Atlas 5, une modification rendue nécessaire par la décision du Congrès américain qui a ordonné à ULA de mettre fin à cette dépendance russe. Ce moteur devrait être prêt en 2019 et sera utilisé sur le futur lanceur Vulcan, récemment dévoilé par ULA.