Le SpaceShipTwo sera lancé depuis le White Knight 2, un avion de 43 m d'envergure, l'emportant sous la voilure centrale jusqu'à une vingtaine de kilomètres d'altitude où s'effectuera la séparation des deux engins. Le SpaceShipTwo utilisera alors son propre système de propulsion pour rejoindre l'espace. © Virgin Galactic

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Le SpaceShipTwo de Virgin Galactic volera moins haut

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Amener des touristes à la frontière de l'espace est toujours une compétition. Mais dix ans après le succès du SpaceShipOne, qui a ouvert la voie, aucun des avions spatiaux annoncés ne parvient à décoller si ce n'est pour de très courts vols d'essais. Virgin Galactic, que l'on présente comme la firme la plus en avancée dans ce domaine, est même contrainte de revoir ses ambitions à la baisse.

Près de deux mois après le crash d'un engin d'essai du SpaceShipTwo, tuant Michael Alsbury, un des deux pilotes, Virgin Galactic revoit ses ambitions à la baisse et annonce que son engin volera bien plus bas que ce qu'elle prévoyait. Initialement, il était prévu que le SpaceShipTwo atteigne 100 ou 110 kilomètres d'altitude, soit au-dessus de la ligne de Kármán que la Fédération aéronautique internationale donne comme limite entre la Terre et l'espace. Il volera une vingtaine de kilomètres moins haut, à quelque 80 kilomètres, ce qui est une autre frontière arbitraire entre la Terre et l'espace reconnue par la Nasa et l'US Air Force.

Bien qu'il soit conçu pour voler jusqu'à 110 kilomètres d'altitude, il est très vraisemblable que le SpaceShipTwo ne s'aventura guère plus haut que ces 80 kilomètres, ce qui s'explique par des performances du moteur qui seront en deçà de ce qui était initialement espéré pour un engin plus lourd que prévu. Cela dit, pour les futurs touristes de Virgin Galactic rien ne change. Qu'ils soient à 80 ou 100 kilomètres d'altitude, le même belvédère s'offrira à eux. Ils pourront tout aussi bien découvrir la courbure de la Terre, la noirceur de l'espace et s'essayer aux joies de l'apesanteur. Enfin, ce vol leur permettra de gagner le statut officiel d'astronaute comme en leur temps, dans les années 1960, les pilotes d'essais du X-15 de l'US Air Force.

Malgré des débuts prometteurs, le développement du SpaceShipTwo est freiné par des retards et la perte en vol d'un des modèles d'essai. L'ouverture du service commercial est maintenant prévue à l'horizon 2020. © Virgin Galactic

Un moteur difficile à mettre au point

Autre annonce, Virgin Galactic revoit également le nombre de passagers qu'elle pourra transporter. lors des vols commerciaux. Initialement, le projet indiquait six passagers et deux membres d'équipage. Aujourd'hui, compte tenu des performances attendues du moteur, la firme se veut pragmatique et communique seulement sur une capacité à transporter « jusqu'à » 8 personnes ,de sorte qu'il est vraisemblable que les futurs vols commerciaux se feront seulement avec quatre passagers. Deux personnes de moins à bord, c'est environ 250 kilogrammes en moins à embarquer. C'est un coup dur pour la firme qui aura besoin de davantage de vols pour absorber le grand nombre de passagers en liste d'attente et ceux qui ne manqueront pas de s'inscrire dès l'entrée en service opérationnel de la flotte de SpaceShipTwo.

Quant à la motorisation, le point dur de la mise au point de l'engin, Virigin Galactic parie toujours sur un moteur spatial hybride qui mélange un combustible sous forme solide et un oxydant liquide. Ce type de moteur, s'il est bien maîtrisé, offre davantage de sécurité et de flexibilité que des moteurs spatiaux à combustibles liquides ou bien solides, les autres solutions envisagées à l'origine du projet. Or, depuis le début de son développement, il a toujours posé problème. Au sol comme en vol, les essais n'ont jamais convaincu, que ce soit pour la fiabilité, la poussée ou la durée de fonctionnement. En juin 2013, nous faisions écho de cette difficile mise au point de ce moteur-fusée et de sa capacité à amener l'avion chargé de six passagers à cent kilomètres d'altitude. Les faits nous ont donné raison.

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