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Le crash du SpaceShipTwo serait dû à son moteur

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Lors d'un vol d'essai, l'avion spatial de Virgin Galactic a subi une explosion, tuant un des deux pilotes et blessant grièvement l'autre. Le moteur-fusée du SpaceShipTwo est d'ores et déjà mis en cause. Un coup dur pour le tourisme spatial mais Richard Branson, PDG du groupe Virgin, ne renonce pas à ses rêves étoilés.

Une partie des débris du SpaceShipTwo après son crash qui aura coûté la vie à Michael Alsbury, un des deux pilotes d'essai. © Knbc-TV

Vendredi, un vol d'essai du SpaceShipTwo, avec à son bord deux pilotes, s'est tragiquement terminé par le crash de l'appareil dans le désert de Mojave, en Californie. Un des deux pilotes, Michael Alsbury, a été retrouvé mort attaché à son siège, tandis que l'autre, Peter Siebold, sérieusement blessé, a pu s'éjecter et utiliser son parachute.

L'engin avait décollé du California's Mojave Air and Space Port fixé à son avion porteur, le WhiteKnightTwo, qui l'a amené à 13.700 mètres d'altitude, d'où il s'est décroché. Douze minutes plus tard, une anomalie majeure s'est déclarée, conduisant à la destruction de l'engin, tandis que WhiteKnightTwo atterrissait sans encombre.

C'était le 55e vol du SpaceShipTwo, le 35e en vol libre et le quatrième vol motorisé de l'appareil. Début octobre, il avait réussi un vol d'essai en planant jusqu'à sa piste d'atterrissage, sans mettre en route son moteur. Ce vol était également le premier, depuis janvier 2014, à utiliser un nouveau carburant pour son moteur-fusée, qui avait été modifié et testé au sol avec succès.

Envisagée courant 2015, l'ouverture du service commercial de Virgin Galactic est reportée de plusieurs années. © Virgin Galactic

La difficile mise au point du moteur

Il ne fait guère de doute que c'est le moteur de l'engin qui est en cause. Depuis le début de son développement, il a toujours posé problème. Au sol comme en vol, les essais n'ont jamais convaincu, que ce soit pour la fiabilité, la poussée ou la durée de fonctionnement. On sait que la combustion était instable et tendait à provoquer des vibrations menaçant de disloquer l'appareil. En juin 2013, nous faisions écho de la difficile mise au point de ce moteur-fusée et de sa capacité à amener l'avion chargé de six passagers à la frontière de l'espace, fixée à cent kilomètres d'altitude.

D'où la décision de Virgin Galactic d'adapter au moteur un nouveau mélange plus explosif et surtout plus stable. Et d'aucuns se demandent si tous les tests au sol ont bien été faits, et surtout suffisamment répétés pour s'assurer d'une certaine fiabilité en vol. En effet, un nouveau moteur doit accumuler de nombreuses heures de fonctionnement au banc avant d'être déclaré bon pour le vol habité. À titre d'exemple, le nouveau moteur du troisième étage du Soyouz, le RD 124, qui est utilisé pour un grand nombre de vols automatiques en Russie et en Guyane, n'est pas encore autorisé pour les vols habités.

Comme nous l'explique un expert, faire fonctionner un moteur-fusée revient à installer des explosifs et à essayer de les allumer en les empêchant d'exploser !

Cela dit, aussi dramatique soit-il, cet accident ne doit pas remettre en cause les rêves étoilés d'entrepreneurs privés. Certes, c'est un coup dur pour cette industrie naissante du tourisme spatial mais 50 ans après le début de la conquête spatiale, on en est encore aux prémices de cette aventure.

S'exprimant après le crash de son appareil, Richard Branson a réaffirmé sa volonté de trouver un moyen d'aller là-haut. « Nous avons toujours su que la route de l'espace sera extrêmement difficile et que chaque nouveau système de transport doit faire face à des moments difficiles au début de son histoire, a-t-il déclaré dans un communiqué. L'espace est difficile, mais il en vaut la peine. Nous allons persévérer et aller de l'avant ensemble. »

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