Une partie des débris du SpaceShip Two après son crash qui aura coûté la vie à Michael Alsbury, un des deux pilotes d'essai. © Knbc-TVAlex Horvath

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Crash du SpaceShip de Virgin Galactic : une erreur humaine

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Richard Branson, le président de Virgin Galactic, peut souffler. L'enquête menée sur les causes de l'accident en vol de son vaisseau suborbital SpaceShip ne pointe pas du doigt un défaut structurel qui aurait immobilisé l'engin durant encore au moins 15 mois, mais une erreur de pilotage. Des recommandations sont néanmoins faites pour éviter un tel accident à l'avenir.

Le NTSB (National Transportation Safety Board), l'équivalent américain du BEA français (le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses), a rendu public son rapport sur l'accident du SpaceShip Two dans le désert de Mojave, en Californie lors d'un vol d'essai. L'accident avait fait un mort, le pilote Michael Alsbury, tandis que le co-pilote, Peter Siebold, sérieusement blessé, avait pu s'éjecter et utiliser son parachute. Quant à l'appareil, il avait été complètement détruit, plongeant Virgin Galactic dans l'expectative quant à l'avenir de son avion suborbital.

Ce 31 octobre 2014, le SpaceShip avait décollé du California's Mojave Air and Space Port fixé à son avion porteur, le WhiteKnightTwo, qui l'avait amené à 13.700 mètres d'altitude, d'où il s'en était séparé pour le vol d'essai. Mais douze minutes plus tard, l'engin s'était disloqué. Un temps suspectée, la motorisation avait rapidement été mise hors de cause. Ce n'est pas non plus un défaut de conception majeur de l'appareil qui aurait nécessité un retour à la planche à dessin.

Les vols d’essai du nouvel avion de Virgin Galactic devraient reprendre dans le courant de l’année. © Virgin Galactic

Le système de freinage aurait été actionné trop tôt

Pour expliquer les raisons de l'accident, les enquêteurs du NTSB avancent que le copilote a actionné le système de freinage trop tôt, à Mach 0,8 fois au lieu de Mach 1,4, entraînant une défaillance structurelle catastrophique de l'appareil, confirmant ainsi leurs conclusions préliminaires. Ce système de freinage est composé d'une double queue qui se trouve dans le plan de l'avion au début du vol (comme sur la photo ci-dessus). Juste après la séparation d'avec l'avion porteur, le moteur-fusée est allumé et accélère le SpaceShip. Durant cette phase, au tableau de bord, une grosse poignée bloquant la commande du système de freinage est sur la position « Verrouillée ». Après l'extinction du moteur, à très haute altitude, lorsque commence la descente et qu'il s'agit de ralentir l'engin, alors supersonique, la manette est passée sur la position « Déverrouillée » pour pouvoir actionner la commande qui relève la double queue.

Pourtant, explique le NTSB, Michael Alsbury, a annoncé « déverrouillé » alors que l'engin n'était qu'à Mach 0,8, donc juste sous la vitesse du son et alors que le moteur-fusée poussait encore. Quelques secondes plus tard, le SpaceShip se brisait.

Le NTSB a aussi souligné que cet accident mortel aurait pu être évité si Scaled Composites, qui construit le véhicule pour le compte de Virgin Galactic, avait prévu qu'une erreur humaine puisse conduire au déploiement du système de freinage au mauvais moment, ainsi que le fait que le pilote n'était pas suffisamment informé du risque de le déployer plus tôt. Des recommandations ont donc été faites à la FAA (Federal Aviation Administration), l'Agence américaine de l'aviation civile, ainsi qu'à la Commercial Spaceflight Federation de façon à mieux tenir compte du facteur humain.

Quelle que soit leur altitude, « les vols habités commerciaux dans l'espace sont une nouvelle frontière qui comporte de nombreux risques et dangers inconnus, a précisé Christopher Hart, le président du NTSB. Dans un tel environnement, il faut établir des marges de sécurité rigoureuses autour des risques connus et partout où cela est possible ».

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