Santé

Crash Rio-Paris : l'identification des victimes est-elle possible ?

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Après les découvertes successives des deux boîtes noires de l'appareil du vol Rio-Paris abîmé en mer, des corps appartenant aux victimes sont en train d'être repêchés. Pourront-ils être identifiés après deux ans passés au fond de l'océan Atlantique ?

Les victimes du crash Rio-Paris sont en train d'être remontées pour être identifiées. © Phovoir

Ce mercredi ont commencé les tentatives pour repêcher les corps des victimes du crash du vol Rio-Paris (AF447), survenu au large du Brésil, le 1er juin 2009 avec 228 personnes à son bord. Toutes les dépouilles pourront-elles être remontées ? Dans quel état se trouveront les corps après avoir passé deux ans à 4.000 mètres de profondeur ? Pourront-ils être identifiés ?

En avril dernier, dans les colonnes de nos confrères du Quotidien du Médecin, Philippe Werson, chef du service de médecine légale d'Évry expliquait « qu'à près de 4.000 mètres, l'eau est très froide, autour de 0 ou 1 degré. Les corps devraient être assez bien conservés ».

Ce constat est confirmé par un autre spécialiste en médecine légale et en expertise médicale, à Nantes. Selon lui, « malgré les deux années d'immersion, les conditions de conservation apparaissent très bonnes. La putréfaction a été stoppée par l'hyperpression, la rareté de la lumière et de l'oxygène. Cependant, nous ne connaissons pas vraiment comment agissent les microorganismes à une telle profondeur. Une chose est certaine, la dégradation se fait moins rapidement qu'à l'air libre. Les graisses corporelles ont dû se transformer en une sorte de savon, appelé adipocire et qui participe à la conservation. Quant à la couleur de la peau, elle devrait être jaunâtre et les corps sans doute écrasés par la pression ».

Des identifications par l’ADN

Le principal problème désormais qui se pose aux spécialistes est la remontée en elle-même et surtout le contact avec l'air libre et la lumière. Ces derniers pourraient en effet accélérer la putréfaction. Reste que si les corps ne sont pas identifiables, les médecins légistes pourront aussi recourir aux prélèvements d’ADN (moelle osseuse, dents, cheveux...). Et le cas échéant, se servir de divers éléments comme les vêtements, les bijoux ou encore l'emplacement dans la cabine, pour confirmer l'identité des passagers.

Rappelons enfin que cette opération de remontée des corps intervient quelques jours après le repêchage de la seconde boîte noire de l'avion. Elle pourrait permettre de comprendre, enfin, les raisons de cette catastrophe pour le moment inexpliquée.

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