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Symptômes d’une GEU : les signes d’une grossesse extra-utérine

Dossier - Les dangers de la grossesse extra-utérine
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Parmi les troubles liés à la grossesse, la grossesse extra-utérine, aussi appelée nidation ectopique, peut prendre différentes formes et compromettre la fertilité de la femme enceinte, voire engager son pronostic vital.

  
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Outre les signes classiques d'une grossesse normale, d'autres symptômes bien particuliers sont apparus pour diagnostiquer une grossesse extra-utérine. De plus, il existe des causes multiples qui alertent les femmes pouvant en développer une.

Il existe une large palette de symptômes qui peuvent affecter la femme en train de développer une grossesse extra-utérine. Un faisceau d'indices qui correspondent à ceux d'une grossesse normale (ressentir une tension au niveau des seins, des vomissements et des épisodes mictionnels fréquents) peut attirer l'attention des femmes souffrant d'une grossesse extra-utérine.

Des symptômes de reconnaissance récurrents

De manière générale, il faut également ajouter des signes avant-coureurs spécifiques de cette grossesse ectopique, que sont :

  • un retard des règles ;
  • une anomalie du cycle menstruel. L'on observe alors une aménorrhée secondaire chez une femme qui avait jusque-là un bon fonctionnement de son cycle, dont la durée varie et se manifeste jusqu'à plus de trois mois. Dans le cas contraire, on constate chez d'autres femmes des métrorragies en période de fécondité (saignements utérins inhabituels et anormaux en dehors leur cycle menstruel). Ces métrorragies sont de couleur sépia, voire noirâtre, et sont relativement peu abondantes, mais répétées ;
  • des douleurs hypogastriques (dans la partie inférieure de l'abdomen) et pelviennes (à hauteur du bassin, dans le bas ventre), permanentes ou non, avec la présence de pics par intermittences, voire des douleurs de l'épaule (on parle alors de douleurs scapulaires) ;
  • la propension anormale à souffrir d'étourdissement jusqu'à subir des malaises ;
  • une chute de la pression artérielle due à une hémorragie interne en cours de formation.

Des origines multiples

Les risques sont accrus en cas de MST (maladies sexuellement transmissibles), telles que des séquelles de salpingite (infection des trompes). Le CNGOF (Collège national des gynécologues et obstétriciens français) note une multiplication par six du nombre de cas de grossesses extra-utérines chez les femmes ayant souffert de salpingite. Cette dernière est une infection des trompes utérines et peut provoquer une infertilité. Mais on relève aussi les cas d'endométriose, qui est la formation d'endomètre (muqueuse qui tapisse l'espace utérin) à l'extérieur de l'utérus, et dont les complications peuvent endommager la fertilité ou alors empêcher l'ovule de se libérer. D'autre part, la gonorrhée, qui touche majoritairement les hommes, peut accroître le risque de grossesse ectopique. Cette infection se transmet par voie vaginale, anale ou orale en cas de rapports sexuels. Enfin, la chlamydiose s'avère un facteur de grossesse extra-utérine, dans la mesure où le germe chlamydia trachomatis, souvent à l'origine de la salpingite, détruit l'épithélium tubaire.

On remarque que les femmes ayant déjà eu des antécédents de grossesses ectopiques ne sont pas à l'abri de récidiver. Par conséquent, la plus grande prudence est de mise pour celles qui souhaitent retomber enceintes. Des répercussions de chirurgie tubaire ou pelvienne sont l'une des étiologies de grossesse extra-utérine, car elles peuvent endommager la paroi ou amener une infection particulière.

Un stérilet peut accentuer les risques de grossesse extra-utérine. © eurekaweb, DR

Le mode de contraception augmente les risques encourus. En effet, s'il diminue les risques de grossesse, il n'évite pas pour autant les cas de grossesse extra-utérine. Il s'agit des techniques utilisant un dispositif intra-utérin comme le stérilet ou la contraception orale par progestérone qui ralentit le péristaltisme (mouvement des cils tubaires) et donc la migration de l'œuf fécondé dans l'utérus.

Le tabac est également source de risque, à cause de la nicotine. La consommation de tabac augmente les risques de grossesses ectopiques, même pour une dépendance minime estimée entre une à dix cigarettes par jour. Mais ce facteur est plus facilement contrôlable, et il est nécessaire d'accroître également la prévention de ce genre de grossesses chez les fumeuses, même modérées.

L'IVG (interruption volontaire de grossesse) est aussi une source de risque, surtout si elle a été pratiquée à plusieurs reprises. Les actes de fausse couche spontanée et d'IVG favorisent aussi le risque de grossesse extra-utérine en raison des infections qui peuvent être développées lors de ces interventions. Enfin, l'aide à la procréation peut malheureusement viser un but non escompté en favorisant la grossesse extra-utérine. En effet, la stimulation de l'ovulation peut créer un déséquilibre hormonal. Quant à la Fiv (fécondation in vitro), elle demeure une cause de ce type de grossesse, car elle optimise le risque de grossesse hétérotopique (combinaison d'une grossesse extra-utérine et d'une grossesse intra-utérine).

Enfin, une malformation congénitale comme une étroitesse de la trompe ou encore une hypoplasie (développement insuffisant d'un organe ou d'un tissu cellulaire) peuvent aussi causer une GEU.

Ainsi, non seulement il faut rester vigilant sur les signes classiques d'une grossesse normale, mais il est primordial de surveiller aussi tous les autres symptômes qui pourraient alerter la femme de l'éventualité d'une grossesse ectopique. Par ailleurs, le passé de la femme est à prendre en compte pour évaluer les risques d'une grossesse anormale.