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Diagnostic d’une GEU : dépister une grossesse extra-utérine

Dossier - Les dangers de la grossesse extra-utérine
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Parmi les troubles liés à la grossesse, la grossesse extra-utérine, aussi appelée nidation ectopique, peut prendre différentes formes et compromettre la fertilité de la femme enceinte, voire engager son pronostic vital.

  
DossiersLes dangers de la grossesse extra-utérine
 

En cas de doute ne serait-ce que de grossesse, il est important de prendre rendez-vous avec son médecin traitant puis son spécialiste pour pouvoir détecter au mieux et au plus vite une grossesse extra-utérine. La prise en charge en sera facilitée.

Parler de la grossesse pour une prise en charge rapide

Ne pas hésiter à en parler à son médecin, puis soit à son gynécologue soit son obstétricien. Ces professions sont souvent associées. Le gynécologue s'occupe de la femme et tout ce qui concerne l'appareil génital féminin (utérus, vulve, ovaires, mais aussi les seins), de la détection de maladies au traitement. Quant à l'obstétricien, son domaine de compétence concerne la femme enceinte, et il contrôle le déroulement de la grossesse souvent jusqu'à l'accouchement. Se faire suivre régulièrement est la clé. Une étude BVA menée en mai 2008, intitulée Ressenti des femmes à l'égard du suivi gynécologique, fait part du fait que « si le gynécologue médical est celui qui réalise le plus souvent ce suivi (pour 47 % des femmes), le gynécologue-obstétricien joue également un rôle non négligeable en la matière : une femme sur quatre (23 %) déclare être suivie par ce type de professionnel de santé ». Ainsi, des médecins généralistes ou spécialistes sont aptes à détecter une anomalie en cas de grossesse extra-utérine.

Deux moyens pour confirmer les grossesses extra-utérines

Il s'agit de la technique biologique et de l'image, combinées à un examen clinique qui pourra dresser un premier tableau des symptômes rencontrés en cas de grossesse extra-utérine. Outre les métrorragies, les douleurs abdominales intenses, l'aménorrhée, si le médecin le juge nécessaire, il pourra procéder à un toucher vaginal qui provoquera des algies (ou douleurs) pelviennes et témoignera si une masse sanguine s'écoule.

Graphique présentant l’importance du taux de bêta-hCG en fonction de l’avancement de la grossesse. © 123-bebe, DR

Pour confirmer un doute émis lors de l'examen clinique, le recours au moyen biologique s'effectue grâce au dosage des bêta-hCG (ou encore β-hCG) plasmatique ou quantitatif. La chonadotrophine chorionique gonadotrope est l'hormone qui détermine l'état de grossesse, car elle n'est sécrétée qu'à ce moment-là. Cela ne survient qu'à partir du 8e jour de la phase postovulatoire. Cette hormone placentaire est évaluée selon un taux bien précis. Dans l'ouvrage Urgences en gynécologie-obstétrique, Bruno Langer indique que ce dosage « confirme l'existence d'une grossesse sans préjuger de sa localisation. La bêta-hCG est dosable dans le plasma très rapidement après la nidation, c'est-à-dire avant le retard des règles. Pour juger de l'évolutivité de la grossesse, le dosage de la progestéronémie permet une réponse plus rapide qu'un dosage itératif en raison de la demi-vie très courte de cette hormone. En cas de grossesse, le taux de bêta-hCG double environ toutes les 48 heures, et la progestéronémie est supérieure à 5 pg/ml. » En effet, le taux double en cas de grossesse, mais il chute en cas de fausse couche, et il stagne en cas de grossesse extra-utérine. Ainsi, ce taux permet de savoir si la patiente est enceinte ou non, mais n'indique pas l'état de la grossesse. Or, une fois la grossesse extra-utérine confirmée, il reste encore à savoir où s'est arrêté l'œuf fécondé.

Cette localisation se fait par le biais de l'imagerie, qui affine le prédiagnostic. Une échographie pelvienne est réalisée grâce à une sonde endovaginale dans un premier temps, puis abdominale le cas échéant, afin de visualiser l'emplacement réel. Grâce à cette échographie, on est en mesure d'identifier un épanchement de liquide (généralement du sang) dans le cul-de-sac de Douglas (repli du péritoine entre l'utérus et le rectum) et une masse latéro-utérine distincte de l'ovaire qui correspondent à la grossesse extra-utérine. Toutefois, l'utilisation de l'imagerie ne doit pas être réalisée trop tôt, car elle pourrait ne confirmer qu'une grossesse normale.

Ainsi, plusieurs méthodes ont été mises au point afin de diagnostiquer au plus tôt, mais tout en restant prudent sur l'éventualité d'une grossesse ectopique. Des moyens combinatoires sont mis en œuvre pour déceler au plus vite ce type de grossesse. Mais rien ne vaut un bon suivi gynécologique pour permettre de la dépister dès que possible.