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GEU : les traitements d’une grossesse extra-utérine

Dossier - Les dangers de la grossesse extra-utérine
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Parmi les troubles liés à la grossesse, la grossesse extra-utérine, aussi appelée nidation ectopique, peut prendre différentes formes et compromettre la fertilité de la femme enceinte, voire engager son pronostic vital.

  
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Outre la réanimation en cas de collapsus, il existe une variété de traitements de la grossesse extra-utérine afin de prévenir d'éventuelles complications. Une multitude de traitements contre la GEU est à portée des médecins et des patientes pour éviter le problème de la récidive, pour assurer une certaine qualité de la fertilité et limiter les risques de décès des femmes subissant une grossesse extra-utérine.

On peut distinguer deux sortes de traitements de la grossesse extra-utérine, des opérations chirurgicales aux thérapies non chirurgicales.

Traitements chirurgicaux de la GEU : des moyens radicaux

Au sein même de ce type de traitements, on différencie trois aides opératoires : la cœlioscopie conservatrice, la cœlioscopie radicale et la laparotomie. La chirurgie par cœlioscopie consiste à opérer à l'aide d'une caméra et d'une sonde. Cette technique est la référence pour les grossesses extra-utérines, car elle permet d'avoir accès à l'intérieur de l'appareil génital féminin et du ventre en minimisant une prise en charge trop lourde. Les médecins ont recours à cette méthode de cœlioscopie quand l'évolution de la grossesse extra-utérine a atteint un stade avancé. C'est un examen classique qui précise un diagnostic.

Grâce à la vidéo projetée sur un écran, les chirurgiens ont la possibilité d'effectuer un travail minutieux. Dans les deux cas de chirurgie cœlioscopique, l'opération consiste en la suppression de l'œuf fécondé en incisant au minimum la trompe de Fallope. L'opération nécessite une anesthésie. Au moindre doute, cet examen est essentiel, car il représente l'unique moyen d'affirmer les cas de diagnostic d'origine infectieuse. La cœlioscopie est très indiquée quand la patiente est encore jeune et souhaite enfanter à l'avenir. Selon l'état de détérioration de la trompe, les médecins ont le choix de pratiquer deux sortes de cœlioscopies, voire une laparotomie.

Cœlioscopie conservatrice. Elle est aussi appelée salpingotomie. Elle est utilisée quand la trompe de Fallope est abîmée, mais peut être conservée et réparée. Elle est alors ouverte et lavée, et l'opération permet d'aspirer la grossesse extra-utérine et le contenu déficient. Dans un article paru en 2005 lors du Schweiz Med Forum, Jan Buss et David Stucki expliquent qu'il est « évident que le taux d'échec de traitement avec persistance de matériel trophoblastique est plus important en cas de salpingotomie. Cela va entraîner un risque plus élevé de récidive de grossesse extra-utérine ipsilatérale. La discussion de savoir quelle méthode est la plus appropriée se décide de cas en cas. La question de fertilité ultérieure, en raison d'un manque d'études contrôlées randomisées, reste encore ouverte. Le succès est lié non seulement à la perméabilité de la trompe concernée, mais également à l'état de la trompe controlatérale. » La patiente ayant une cœlioscopie conservatrice reste à surveiller après l'opération, qui peut nécessiter un traitement complémentaire afin de rééquilibrer le taux des bêta-hCG le cas échéant.

Cœlioscopie radicale. On la désigne aussi sous le nom de salpingectomie. Elle est utilisée quand la trompe de Fallope est trop détériorée, ou quand le diagnostic fait état d'éventuelles et nombreuses récidives de grossesses extra-utérines. Les chirurgiens pratiquent alors l'ablation pure et simple de la trompe. En outre, par rapport à la fertilité et l'aspiration de retomber enceinte, la salpingectomie bilatérale peut être prise en considération.

Laparotomie (sans cœlioscopie). Il s'agit de l'ouverture de l'abdomen si l'hémorragie est trop importante, et dans ce cas de figure, le chirurgien décidera de recourir à l'ablation ou à la conservation de la trompe. Elle est prescrite en dernier recours, en cas d'urgence vitale. Technique chirurgicale usitée dès 1884, Jan Buss et David Stucki indiquent que « la voie d'abord par laparotomie ou par laparoscopie dépend fortement de l'état hémodynamique de la patiente, de ses antécédents opératoires ». Mais les médecins ont de moins en moins recours à cette méthode. Les grossesses interstitielles et abdominales ont le plus souvent recours à la laparotomie, même si les alternatives médicales peuvent être proposées aux patientes qui se trouvent dans cette situation.

Traitements non chirurgicaux lourds de la grossesse extra-utérine

Ces traitements ouvrent une formidable alternative à la chirurgie traditionnelle, mais ils s'adressent aux grossesses extra-utérines qui sont repérées relativement tôt pour pouvoir être efficaces.

L'injection de méthotrexate ne peut être proposée que comme deuxième choix, si l'intervention chirurgicale n'a pas été efficiente et si le taux de bêta-hCG reste trop élevé 48 heures après cette dernière. Son but est de détruire l'œuf mal placé.

D'autre part, l'abstention thérapeutique est parfois préconisée. Il s'agit de l'involution (la régression) spontanée de certaines grossesses extra-utérines quand les cas s'y prêtent aisément. Ainsi, lorsque les douleurs abdominales sont rares ou absentes, les métrorragies quasi insignifiantes, un délai d'un mois est requis pour surveiller la résorption, et un suivi avec le gynécologue est vivement conseillé jusqu'à ce que les bêta-hCG redeviennent négatives.

Ainsi, selon les cas d'avancement de la grossesse extra-utérine et l'état de la trompe, le médecin choisira le traitement le mieux adapté en fonction de ces critères. Mais il faut avoir conscience que ces thérapies sont lourdes et requièrent le maximum de surveillance.