En mars dernier, une étude révélait qu’environ un tiers des Français dorment en semaine, moins de six heures par nuit. Un temps de sommeil qui pourrait mettre en danger leur santé cardiovasculaire. Une conséquence de la perturbation de certains régulateurs physiologiques, estiment aujourd’hui les chercheurs.

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Les personnes qui dorment peu courent un plus grand risque d'accident vasculaire cérébral et de crise cardiaquecrise cardiaque que les autres. Plusieurs études l'ont déjà montré. Et aujourd'hui, des chercheurs de l'université du Colorado (États-Unis) semblent avoir enfin mis au jour le mécanisme sous-jacent du côté des microARNmicroARN.

Ces microARN, composés d'une vingtaine de nucléotidesnucléotides, constituent une des grandes voies de régulation de l'expression des gènes. Et c'est pourquoi les scientifiques s'y intéressent tout particulièrement. Ils espèrent que des traitements qui corrigeraient les signatures altérées de ces microARN pourraient permettre de lutter contre des maladies telles que le cancercancer.

Les personnes qui dorment seulement six heures par nuit présentent des cellules endothéliales — celles qui tapissent les vaisseaux sanguins — dysfonctionnelles et des artères qui se contractent et se dilatent différemment de celles de plus gros dormeurs. Les concentrations en microARN pourraient-elles être à l’origine de ces phénomènes ? © Kinga Cichewicz, Unsplash
Les personnes qui dorment seulement six heures par nuit présentent des cellules endothéliales — celles qui tapissent les vaisseaux sanguins — dysfonctionnelles et des artères qui se contractent et se dilatent différemment de celles de plus gros dormeurs. Les concentrations en microARN pourraient-elles être à l’origine de ces phénomènes ? © Kinga Cichewicz, Unsplash

Dormir au moins sept heures par nuit

Les chercheurs de l'université du Colorado ont donc mesuré chez leurs patients, l'expression de neuf microARN déjà associés par ailleurs à une inflammationinflammation, la fonction immunitaire ou la santé vasculaire. Résultat : les personnes qui ne dorment pas suffisamment présentent des concentrations de miR-125A, miR-126 et miR-146a de 40 à 60 % inférieures à celles de personnes qui dorment normalement.

« Nous ne savons pas pourquoi sept à huit heures de sommeil semblent correspondre à un nombre magiquenombre magique. Cependant, il est plausible que les personnes aient besoin d'au moins sept heures de sommeilsommeil par nuit pour maintenir les niveaux d'importants régulateursrégulateurs physiologiques, tels que ces microARN », conclut Christopher DeSouza, professeur en physiologie. Des recherches sont en cours afin de déterminer si le rétablissement de saines habitudes de sommeil suffit à restaurer les concentrations de microARN.


Sommeil : bien dormir protège les artères

Les bonnes nuits de sommeil favorisent la santé cardiovasculaire. Mais pour quelle raison ? Des chercheurs ont identifié chez la souris un mécanisme qui expliquerait ce phénomène ; il implique un peptidepeptide produit par le cerveaucerveau qui agirait sur la moelle osseusemoelle osseuse et les vaisseaux sanguins.

Article de Marie-Céline RayMarie-Céline Ray paru le 17/02/2019

Un sommeil de qualité favorise la santé cardiovasculaire. © Andrey Popov, Fotolia
Un sommeil de qualité favorise la santé cardiovasculaire. © Andrey Popov, Fotolia

En France, d'après l'Inserm, une personne sur trois souffre d'un trouble du sommeiltrouble du sommeil. Or différentes recherches ont trouvé un lien entre des problèmes de sommeil et des pathologiespathologies, comme l'apnée du sommeilapnée du sommeil, le diabètediabète, le cancer, ainsi que les troubles cardiovasculaires. Mais quel mécanisme cellulaire et moléculaire peut expliquer ce lien entre le sommeil et la santé cardiovasculaire ?

Dans cette étude parue dans Nature, les chercheurs de la Harvard Medical School de Boston se sont intéressés au durcissement des artèresartères, ou athéroscléroseathérosclérose. Pour cela, ils ont travaillé sur des souris génétiquement modifiées afin de développer de l'athérosclérose. Certaines souris pouvaient dormir normalement, et les autres ont été perturbées dans leur sommeil.

Au fil du temps, les souris qui dormaient mal avaient plus de lésions au niveau des artères : leurs plaques d'athéromeathérome étaient plus grosses d'un tiers environ. Elles avaient aussi dans leur sang deux fois plus de cellules connues pour être inflammatoires, certains monocytesmonocytes, par rapport aux autres souris. De plus, leur niveau d'hypocrétine - une neurohormone produite par l'hypothalamushypothalamus - était plus bas.

Les hypocrétines, ou oréxines, sont des neuropeptides qui tirent leur nom d'une contraction entre les mots « hypothalamus » et « sécrétines ». Les neuronesneurones de l'hypothalamus qui produisent l'hypocrétine possèdent des projections qui peuvent être dirigées vers d'autres régions du système nerveux centralsystème nerveux central. D'après le Bulletin de la Société des Neurosciences, l'injection d'hypocrétine induit le réveil chez le rat. L'hypocrétine joue un rôle dans le sommeil et l'éveil.

L’hypothalamus est une zone du cerveau située sous le thalamus. © Hank Grebe, Fotolia
L’hypothalamus est une zone du cerveau située sous le thalamus. © Hank Grebe, Fotolia

Une recherche qui ouvre la voie à de nouveaux traitements

Pour les auteurs, le sommeil contrôle l'hématopoïèse, c'est-à-dire la production de cellules sanguines, et protège contre l'athérosclérose chez la souris. Le mécanisme est le suivant : certaines cellules de la moelle osseuse, des précurseurs de globules blancsglobules blancs, ont des récepteurs de l'hypocrétine ; en présence d'hypocrétine, les souris ont moins de monocytes circulants et moins d'athérosclérose. En revanche, sans hypocrétine, les souris ont plus de monocytes et d'athérosclérose.

Les chercheurs ont aussi testé l'effet d'une complémentation en hypocrétine sur les souris. Résultat : l'hypocrétine permet aux souris qui dormaient mal de produire moins de cellules inflammatoires et de développer des lésions plus petites, par rapport aux souris non-complémentées.

Le saviez-vous ?

En France, en 2015, la principale cause de décès chez les femmes est d’origine cardiovasculaire, d’après l’Insee ; chez les hommes, le cancer est la principale cause de décès devant les troubles cardiovasculaires.

Ces résultats suggèrent qu'un mauvais sommeil s'accompagne d'une baisse de niveau de l'hypocrétine qui favorise l'inflammation et l'athérosclérose. Mais il faudra d'autres travaux pour savoir si ce lien existe aussi chez l'homme et si l'hypocrétine peut être utilisée comme thérapiethérapie.

Dans un communiqué, Filip Swirski, un des auteurs de l'étude, explique : « Nous avons identifié un mécanisme par lequel une hormonehormone du cerveau contrôle la production de cellules inflammatoires dans la moelle osseuse de manière à protéger les vaisseaux sanguins contre des dommages. » Mais pour que cet effet bénéfique ait lieu, un bon sommeil est indispensable : « Ce mécanisme anti-inflammatoireanti-inflammatoire est régulé par le sommeil et s'effondre lorsque vous perturbez fréquemment le sommeil ou si vous présentez une mauvaise qualité de sommeil. »


Faites une sieste pour contrer l'hypertension !

Article de Claire Peltier paru le 14 décembre 2010

À l'occasion de la journée nationale de lutte contre l'hypertension, prenez le temps de vous intéresser à votre sommeil. L'hypertension pourrait en effet être liée à un repos trop court ou peu qualitatif. 

Hypertendus, dormez-vous bien ? C'est la question posée par le Comité français de lutte contre l’hypertension artérielle (CFLHTA) à l'occasion de la journée nationale de lutte contre l'hypertension. 

C'est également le titre d'un livret, destiné à tous afin de prendre conscience que le sommeil aide à réguler la tension artérielletension artérielle. En effet, la fréquencefréquence cardiaque et la pressionpression artérielle s'abaissent lors des phases de repos. Des études ont montré que le manque de sommeil (moins de 7 heures par jour) ou une mauvaise qualité du sommeil (ronflementronflement, apnée du sommeil...) sont souvent associés à une hypertension.

Reposer son système cardiovasculaire

De courtes siestes semblent également procurer un effet bénéfique sur le système cardiovasculaire, alors qu'à l'inverse des siestes plus longues empêcheraient de trouver le sommeil le soir venu.

S'intéresser à son propre sommeil afin de l'améliorer pourrait permettre de préserver son cœur. Alors n'hésitez pas : parlez-en à votre médecin.

Vous pouvez aussi parcourir nos questions-réponses sur l'hypertension artérielle.