Lorsque nous sommes privés de sommeil, nous avons tendance à manger plus. Et plus enclins encore, selon des chercheurs allemands, à céder à la tentation de la malbouffe. Cela nuit à notre santé physique. Mais aussi à notre santé mentale. En effet, des chercheurs britanniques font aujourd’hui le lien entre malbouffe et dépression.

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Le manque de sommeil nous encourage à grignoter. Ce n'est pas une nouveauté. Mais une récente étude menée par des chercheurs de l'université de Cologne (Allemagne) nous apprend que c'est alors vers les aliments gras ou sucrés que nous nous tournons de préférence. En résumé, mal dormir pousse à mal manger.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont dosé les niveaux de ghréline dans le sang des volontaires qui ont participé à leur expérience. La ghréline est l'hormonehormone qui stimule notre appétit. Les chercheurs ont constaté que les concentrations de ghréline étaient plus élevées au matin -- à repas identique la veille au soir -- chez les patients ayant été privés de sommeilsommeil pendant une nuit, que chez les autres.

Des IRMIRM cérébrales ont, par ailleurs, montré une augmentation de l'activité de l'hypothalamushypothalamus et de l'amygdale après une privation de sommeil. Le premier contrôle l'appétit et le second est associé au circuit de la récompensecircuit de la récompense. Résultat : les volontaires privés de sommeil se sont montrés particulièrement intéressés lorsqu'il leur a été proposé, au petit matin, de manger des barres chocolatées ou des chips. De quoi faire un peu plus le lien entre manque de sommeil et obésitéobésité.

Privés de sommeil, les patients ont tendance à céder plus facilement aux sirènes de la malbouffe. © rh2010, Fotolia
Privés de sommeil, les patients ont tendance à céder plus facilement aux sirènes de la malbouffe. © rh2010, Fotolia

La malbouffe accroît les symptômes dépressifs

Et peut-être aussi, tisser un lien indirect entre manque de sommeil et dépression. Car une autre étude, menée cette fois à la Manchester Metropolitan University (Royaume-Uni), nous prévient que la malbouffe augmente notre risque de dépression.

Ces résultats ont un potentiel clinique considérable.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les données recueillies par 11 études portant au total sur plus de 100.000 personnes de tous âges, de tous sexes, d'ethnies variées et vivant dans différents pays. Les personnes dont les régimes étaient riches en cholestérolcholestérol, en graisses saturées et en glucidesglucides se sont révélées en moyenne 1,4 fois plus susceptibles que les autres de présenter des symptômes dépressifs. Leur explication : ces aliments seraient à l'origine d'une inflammationinflammation chronique de notre cerveaucerveau.

« Ces résultats présentent un potentiel clinique considérable pour le traitement de la dépression, assure le docteur Steven Bradburn. La modification du régime alimentaire d'un patient pourrait constituer une alternative intéressante à la médication. Une alternative ne présentant que des effets secondaires positifs. Cependant, il convient de souligner que nos résultats montrent une association plutôt qu'une causalité. Des travaux plus poussés sont nécessaires pour confirmer l'efficacité d'une modulationmodulation des habitudes alimentaires dans le traitement de la dépression. »