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Myvatn : le lac des moucherons

Dossier - Voyage en Islande
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L’Islande, aux portes de l’Union européenne, est une île de contraste. On y trouve les glaces des hautes latitudes ; c’est aussi un lieu idéal pour l’étude de la dorsale médio-atlantique. Plongez dans les lacs et les volcans de l'Islande à la découverte de son histoire et de sa biodiversité.

  
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À Myvatn, la morphologie est glaciaire et les grandes vallées du nord ont toutes cette origine. À noter que le Riss, dans la région, a été plus intense que le Würm.

Un paysage à Mývatn.© Hansueli Krapf, CC-BY 2.5

Après le retrait des glaces, vers -9000, il y eut une phase de volcanisme explosif responsable du cratère de Ludent, puis vers -3800 la formation d'un premier lac de Myvatn derrière une grosse coulée du volcan Ketildyngja situé au sud-est de Myvatn.

Vue sur le lac de Myvatn. © Claire König

les pseudo-cratères du lac Myvatn

Suivent différentes périodes de volcanisme, et voilà 2.000 ans, une énorme activité fissurale est à l'origine de la coulée « jeune Laxa » qui, en pénétrant dans le Myvatn, est responsable de la formation de pseudo-cratères d'explosion.

Des pseudo-cratères de différentes formes (voir le texte). © DR

Les pseudo-cratères ont des formes différentes selon leur histoire :

  • les éruptions dues au contact de la lave et de l'eau se produisent en plusieurs endroits et une plateforme de scories se forme, puis le cône grandit si l'éruption continue ;
  • si un des cratères s'arrête et que celui d'à côté continue, il se forme une sorte de rive surélevée ;
  • si l'éruption perd ensuite de la vigueur, il peut se former un petit cratère à l'intérieur du premier, etc.
Carte schématique de la région de Myvatn. © DR

De 1724 à 1746, on note une intense activité du Krafla, puis en 1729, une activité du Leirhnukur. Enfin, de 1975 à 1984, dix ans d'activité continue du Krafla.

Un petit cracheur vu de loin et de près. © Claire König

Le lac est assez grand : c'est la troisième étendue d'eau d'Islande avec 38 km2, mais il est très peu profond, seulement 3 m. Il est parsemé de nombreuses îles qui font le bonheur des oiseaux, particulièrement nombreux ici. Plus de 1.000 garrots y nichent.

Dépôts de soufre, de gypse, etc. dans la région de Myvatn. © Claire König

La région présente de nombreux solfatares. Un solfatare traduit une activité thermique souterraine qui se manifeste par des émissions de vapeur d'eau chaude (de 100 à 300 °C). Ces émanations contiennent de l'hydrogène sulfuré qui, par réaction avec l'oxygène de l'air, donne des dépôts de soufre. Près des émanations se forme un mélange de silice et de gypse. Attention : fumerolles et solfatares ne sont pas tout à fait synonymes !

Ce croquis illustre l’hydrothermalisme. Cliquez pour l’agrandir. © DR

Dans les marmites de boue, l'eau s'associe à l'hydrogène sulfuré pour former de l'acide sulfurique qui dissout l'encaissant et entretient la formation de cette boue acide, corrosive et très chaude !

Un exemple de boue bouillante. © DR

Les diatomées, microalgues unicellulaires planctoniques, nombreuses dans le lac Myvatn, sont une source de production de la diatomite, qui est utilisée comme composant pour la filtration, les abrasifs ou comme élément pour stabiliser la dynamite.

Une carte représentant la végétation à Myvatn. © DR