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Afrique : Agadir, Antananarivo, lac Logipi, fleuve Niger…

Dossier - La Terre vue du ciel
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Yann Arthus-Bertrand est depuis toujours un amoureux de la nature. Appréciez la beauté qui vous entoure en découvrant la Terre vue du ciel et, à votre manière, engagez-vous pour la respecter et préserver l'avenir de la biodiversité. C'est essentiel !

  
DossiersLa Terre vue du ciel
 

L'Afrique est l'une des cinq parties du monde, la plus étendue après l'Asie. Suspendue aux flancs de l'Ancien Monde comme un « gigantesque point d'interrogation » - selon la pittoresque formule de Weulersse -, ce continent représente le quart de la surface des terres émergées.

Avec une superficie de 30.330.000 km2, dont 622.000 km2 pour les îles, l'Afrique est le deuxième continent par sa taille (22 % de la surface terrestre).

Mauritanie, caravane de dromadaires aux environs de Nouakchott, Mauritanie (18°09’ N - 15°29’ O). Le Sahara, le plus grand désert de sable du monde, couvre 9 millions de km² (l’équivalent des États-Unis) répartis sur onze pays. Sur sa bordure occidentale, la Mauritanie, aux trois quarts désertique, est particulièrement touchée par la désertification d’origine anthropique. Le surpâturage et la récolte de bois de feu suppriment peu à peu la végétation fixatrice des grands massifs dunaires, facilitant la progression du sable qui menace des villes comme Nouakchott. © Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés

Mauritanie, caravane de dromadaires aux environs de Nouakchott, Mauritanie (18°09’ N - 15°29’ O). Le Sahara, le plus grand désert de sable du monde, couvre 9 millions de km² (l’équivalent des États-Unis) répartis sur onze pays. Sur sa bordure occidentale, la Mauritanie, aux trois quarts désertique, est particulièrement touchée par la désertification d’origine anthropique. Le surpâturage et la récolte de bois de feu suppriment peu à peu la végétation fixatrice des grands massifs dunaires, facilitant la progression du sable qui menace des villes comme Nouakchott. © Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés

De tous les continents, c'est à la fois le plus massif (1.400 km2 pour 10 km de côtes, contre 300 pour l'Europe) mais surtout le plus tropical et, par conséquent, le plus chaud. S'étendant du nord au sud sur 8.000 km (de 370 21H N. à 340 51H S.), l'Afrique est le seul continent à peu près symétriquement disposé par rapport à l'équateur, qui le sépare sensiblement en deux moitiés.

Position de l'Afrique sur le globe terrestre. © Futura-Sciences

Position de l'Afrique sur le globe terrestre. © Futura-Sciences

À l'exception de la côte septentrionale et des chaînes de l'Atlas dans le nord-ouest, l'Afrique est caractérisée par de grandes cuvettes où coulent majestueusement de grands fleuves - Nil, Niger, Congo, Zambèze - qui accèdent à la mer par des chutes et des rapides spectaculaires.

Maroc : filets de pêche dans le port d'Agadir

Entre 1970 et 1999, la production mondiale des pêches a doublé, atteignant 126 millions de tonnes ; en 2004, elle atteint les 155,8 millions de tonnes, principalement du fait d'une augmentation spectaculaire de l'aquaculture : sa production, qui représente désormais 27 % de la production mondiale des pêches, a été multipliée par quatre en 12 ans.

Filets de pêche dans le port d’Agadir, Maroc (30°26’ N - 9°36’ O). À Agadir, premier port de pêche du Maroc et premier port sardinier du monde, des filets de plusieurs centaines de mètres sont tendus sur le sol pour y être réparés avant les prochaines sorties en mer. Les eaux marocaines, qui bordent 3.500 km de littoral, abritent près de 250 espèces de poissons, notamment des sardines qui migrent le long des côtes, profitant des upwellings, remontées d’eaux riches en nutriments. La pêche marocaine, peu dommageable avec ses chalutiers et ses petites barques à moteur, reste à 75 % artisanale. © Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés

Filets de pêche dans le port d’Agadir, Maroc (30°26’ N - 9°36’ O). À Agadir, premier port de pêche du Maroc et premier port sardinier du monde, des filets de plusieurs centaines de mètres sont tendus sur le sol pour y être réparés avant les prochaines sorties en mer. Les eaux marocaines, qui bordent 3.500 km de littoral, abritent près de 250 espèces de poissons, notamment des sardines qui migrent le long des côtes, profitant des upwellings, remontées d’eaux riches en nutriments. La pêche marocaine, peu dommageable avec ses chalutiers et ses petites barques à moteur, reste à 75 % artisanale. © Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés

Quant à l'accroissement des pêches de capture qu'a permis une multiplication par six de la flotte mondiale depuis 1970, il aboutit aujourd'hui à une diminution des ressources halieutiques : 11 des 15 grandes zones de pêche dans le monde sont en déclin. La pêche marocaine, peu dommageable avec ses chalutiers et ses petites barques à moteur, reste à 75 % artisanale.

À Agadir, premier port de pêche du Maroc, des filets de plusieurs centaines de mètres sont tendus sur le sol pour y être réparés avant les prochaines sorties en mer. Les eaux marocaines, qui bordent 3.500 km de littoral, abritent près de 250 espèces de poissons, notamment des sardines qui migrent le long des côtes, profitant des upwellings, remontées d'eaux riches en nutriments. Les sardines constituent plus de 80 % des prises et font d'Agadir le premier port sardinier du monde.

Madagascar : village traditionnel au nord d'Antananarivo

Les modèles réussis ont ceci d'extraordinaire qu'ils permettent de faire la jonction entre une représentation tangible de la réalité et l'image que nous en avons dans nos esprits.

Village traditionnel au nord d’Antananarivo, Madagascar (18°47’ S - 47°30’ E). Madagascar est non seulement l’un des quinze pays les plus pauvres au monde, mais en 1998 ses dépenses publiques consacrées à la santé étaient les plus basses de toute l’Afrique (avec 15 dollars par habitant). Malgré cette carence, Madagascar est un des seuls pays de l’Afrique subsaharienne relativement épargné par l’épidémie de VIH. La maladie, entrée dans sa troisième décennie d’existence, prend des proportions alarmantes sur le continent noir. © Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés

Village traditionnel au nord d’Antananarivo, Madagascar (18°47’ S - 47°30’ E). Madagascar est non seulement l’un des quinze pays les plus pauvres au monde, mais en 1998 ses dépenses publiques consacrées à la santé étaient les plus basses de toute l’Afrique (avec 15 dollars par habitant). Malgré cette carence, Madagascar est un des seuls pays de l’Afrique subsaharienne relativement épargné par l’épidémie de VIH. La maladie, entrée dans sa troisième décennie d’existence, prend des proportions alarmantes sur le continent noir. © Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés

Ce village est à la fois une proto-ville et un paléo-bourg. Proto-ville parce que s'y trouvent réunis, dans la forme, les ingrédients les plus fréquents qui vont évoluer vers la ville : « muraille », porte et jardins, bâtiments orientés, ébauche de place centrale, et même faubourg accolé à la « muraille ». Paléo-bourg parce que dans de très nombreuses civilisations, la forme circulaire et les chemins rayonnants ont défini l'espace dans lequel se sont constitués les premiers ensembles qui ont évolué vers la ville. Il reste qu'une ville, c'est d'abord un ensemble de fonctions et surtout de relations.

Kenya : flamants roses au bord du lac Logipi, vallée de Suguta

La blancheur du natron (carbonate de sodium) cristallisé sur la berge noire volcanique du lac Logipi contraste avec le bleu-vert des algues qui prolifèrent dans l'eau alcaline et saumâtre. Vue du ciel, cette partie du rivage dessine curieusement une forme d'huître géante, bordée de quelques perles nacrées correspondant probablement à des résurgences d'eau douce au-dessus desquelles les flamants roses s'agglutinent.

Flamants roses au bord du lac Logipi, vallée de Suguta, Kenya (2°15’ N - 36°33’ E). La blancheur du natron (carbonate de sodium) cristallisé sur la berge noire volcanique du lac Logipi contraste avec le bleu-vert des algues qui prolifèrent dans l’eau alcaline et salée. Vue du ciel, cette partie du rivage dessine curieusement une forme d’huître géante, bordée de quelques perles nacrées correspondant probablement à des résurgences d’eau douce au-dessus desquelles les flamants s’agglutinent. Ces échassiers viennent se nourrir dans les eaux peu profondes où foisonnent des algues et de petits crustacés, qui donnent à ces oiseaux leur couleur caractéristique. © Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés

Flamants roses au bord du lac Logipi, vallée de Suguta, Kenya (2°15’ N - 36°33’ E). La blancheur du natron (carbonate de sodium) cristallisé sur la berge noire volcanique du lac Logipi contraste avec le bleu-vert des algues qui prolifèrent dans l’eau alcaline et salée. Vue du ciel, cette partie du rivage dessine curieusement une forme d’huître géante, bordée de quelques perles nacrées correspondant probablement à des résurgences d’eau douce au-dessus desquelles les flamants s’agglutinent. Ces échassiers viennent se nourrir dans les eaux peu profondes où foisonnent des algues et de petits crustacés, qui donnent à ces oiseaux leur couleur caractéristique. © Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés

Ces échassiers viennent se nourrir dans les eaux peu profondes du lac où foisonnent des algues et de petits crustacés, qui donnent aux flamants leur couleur caractéristique. D'immenses colonies de flamants roses évoluent ainsi d'un lac à l'autre de la vallée du Rift, au gré de la pluviométrie annuelle qui modifie la concentration en soude donc la disponibilité alimentaire.

Ils ont déserté la région lors de la cruelle sécheresse qui, pendant près de 5 ans, a sévi en Afrique orientale jusqu'en 1998. Au début de cette même année, les pluies importantes dues au phénomène climatique El Niño ont incité petits flamants et flamants roses à revenir peupler la vallée du Rift, qui en abriterait aujourd'hui près de 3 millions, soit plus de la moitié de l'effectif mondial.

Tunisie : nouvelles plantations d'oliviers, gouvernorat de Zaghouan

Les talus édifiés pour retenir l'eau de ruissellement et limiter l'érosion soulignent le relief, à la manière des courbes de niveau d'une carte. Les plantations d'oliviers sont effectuées sur des terres labourables, souvent sur des franges de relief comme ici au pied du Djebel Zaghouan (1.295 m), au nord-est de la Tunisie.

Nouvelles plantations d’oliviers, gouvernorat de Zaghouan, Tunisie (36°24’N - 10°23’E). Les talus édifiés pour retenir l’eau de ruissellement et limiter l’érosion soulignent le relief, à la manière des courbes de niveau sur une carte. Les plantations d’oliviers sont effectuées sur des terres labourables, souvent sur des franges de relief comme ici au pied du Djebel Zaghouan (1 295 m), au nord-est de la Tunisie. Originaire du pourtour méditerranéen qui concentre encore aujourd’hui 90 % des oliviers de la planète, cet arbre, symbole de paix, peut vivre plus de 1.000 ans, et donne annuellement 5 kg à 30 kg d’olives. © Photo Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés

Nouvelles plantations d’oliviers, gouvernorat de Zaghouan, Tunisie (36°24’N - 10°23’E). Les talus édifiés pour retenir l’eau de ruissellement et limiter l’érosion soulignent le relief, à la manière des courbes de niveau sur une carte. Les plantations d’oliviers sont effectuées sur des terres labourables, souvent sur des franges de relief comme ici au pied du Djebel Zaghouan (1 295 m), au nord-est de la Tunisie. Originaire du pourtour méditerranéen qui concentre encore aujourd’hui 90 % des oliviers de la planète, cet arbre, symbole de paix, peut vivre plus de 1.000 ans, et donne annuellement 5 kg à 30 kg d’olives. © Photo Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés

Originaire du pourtour méditerranéen, où demeurent aujourd'hui 90 % des oliviers de la planète, cet arbre, symbole de paix, peut vivre jusqu'à 1.000 ans et donne annuellement 5 kg à 30 kg d'olives. Son huile servait jadis dans de petites lampes d'argile pour l'éclairage, avant d'être remplacée par le pétrole. On consomme aujourd'hui les olives de table et l'huile d'olive, réputée pour ses vertus diététiques et médicinales, également exploitée en cosmétologie. La production d'un litre d'huile d'olive nécessite 5 kg à 6 kg d'olives.

En 2000, avec 1.000.000 tonnes d'olives produites, la Tunisie doublait sa production de 1997, et se positionnait au quatrième rang mondial derrière l'Espagne (4.182.000 t), l'Italie (2.775.000 t) et la Grèce (2.000.000 t). En 2010, la production diminuait cependant drastiquement ; avec 160 tonnes, la Tunisie n'était plus que le septième producteur mondial derrière l'Espagne, l'Italie, la Grèce, la Syrie, le Maroc et la Turquie. Les principaux consommateurs d'huile d'olive sont la Grèce (16,3 kg d'huile par habitant et par an), l'Espagne (10,4 kg), l'Italie (9,2 kg) ; la France ne consomme quant à elle que 1,7 kg.

Niger : pirogues dur le fleuve Niger à Gao

Importante artère de communication du Mali, le fleuve Niger permet une liaison commerciale entre les abords de Bamako, la capitale, et Gao, au nord du pays (1.400 km).

Cependant, les navires de taille moyenne ne peuvent le parcourir que pendant la période des hautes eaux, de juillet à décembre, car seuls les bateaux à faible tirant d'eau peuvent naviguer sur le Niger en toute saison.

Détail d’un village aux environs de Tahoua, Niger (14°50’ N – 5°16’ E). Ce village près de Tahoua, dans le sud-ouest du Niger, présente une architecture haoussa caractéristique, avec ses maisons cubiques en banco (mélange de terre et de fibres végétales) associées à d’imposants greniers à grain aux formes ovoïdes. Majoritaire dans le pays (54 % de la population), le peuple haoussa est essentiellement constitué d’agriculteurs sédentaires. © Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés

Détail d’un village aux environs de Tahoua, Niger (14°50’ N – 5°16’ E). Ce village près de Tahoua, dans le sud-ouest du Niger, présente une architecture haoussa caractéristique, avec ses maisons cubiques en banco (mélange de terre et de fibres végétales) associées à d’imposants greniers à grain aux formes ovoïdes. Majoritaire dans le pays (54 % de la population), le peuple haoussa est essentiellement constitué d’agriculteurs sédentaires. © Yann Arthus-Bertrand - Tous droits réservés

Les Bozo, peuple traditionnellement pêcheur, sont devenus les « maîtres du fleuve » en assurant les transports locaux avec leurs pinasses. D'apparence fragile, ces grandes pirogues, qui font de fréquents va-et-vient dans le port de Gao, peuvent transporter chacune plusieurs tonnes de marchandises. Elles acheminent notamment de part et d'autre des berges du Niger des quantités importantes de bourgou, une plante fourragère qui se développe dans les eaux du fleuve et sert à alimenter le bétail transhumant de la région.