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Nouvelle-Zélande : les Alpes du sud

Dossier - La Nouvelle-Zélande, terre de sciences et d'aventures
DossierClassé sous :Géologie , géographie , Volcanologie

La Nouvelle-Zélande est l'un des plus beaux laboratoires naturels du monde. L'eau, la glace et le vent poursuivent leur travail d'érosion au milieu des volcans et des sommets enneigés. Au sein de ces paysages, retrouvez l'aventure scientifique, humaine et sportive d’hommes et de femmes passionnés.

  
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Les Alpes néo-zélandaises s'élèvent de l'ordre de un centimètre par an ! Cette croissance est toutefois limitée par une forte érosion due aux glaciers et aux importantes précipitations, si bien que le plus haut sommet - le mont Cook - n'atteint pas 3.800 mètres d'altitude.

Le mont Cook, vu de Copland Pass. © Bruno Cédat

Une érosion exceptionnelle

La roche, fragilisée par les contraintes tectoniques qu'elle subit, s'érode facilement. En 1991, un gigantesque éboulement a emporté le sommet du mont Cook, qui a alors perdu dix mètres d'altitude !

Vue sur la Copland Valley, depuis Copeland Pass, dans le Mount Cook National Park. © Loïc Petit

Les Alpes néo-zélandaises forment une véritable barrière qui arrête les vents d'ouest, très humides, venant de la mer de Tasmanie.

Une vue de Hopkins Valley, au sein du Mount Cook National Park, sur l’île du Sud, en Nouvelle-Zélande. © Loïc Petit

C'est pourquoi les précipitations sont extrêmement élevées sur la côte ouest de l'île du Sud, alors que le climat est relativement sec à l'est du massif.

Des réseaux souterrains gigantesques

Plusieurs régions de l'île du Sud sont calcaires. Sous la pression des deux plaques, des fonds marins anciens se sont progressivement élevés pour former d'immenses massifs karstiques. Au cours des millénaires, l'eau a formé, dans ces zones parfois très reculées, d'immenses réseaux souterrains qui recèlent de véritables trésors de la nature.

Hélictites dans la grotte de Bohemia, à 500 mètres de profondeur, dans le mont Owen. © Marlène Beyerle

Des grottes exceptionnelles se situent dans le massif du mont Owen. Cette montagne abrite deux réseaux souterrains majeurs. Bohemia, avec plus de 11 kilomètres de réseaux explorés, est la 4e grotte la plus profonde du pays (-713 mètres).

L’entrée impressionnante de la grotte Bulmer, dans le massif du mont Owen. © Marlène Beyerle

Bulmer, située de l'autre côté du massif, donne le vertige. Si l'on parvient à trouver son chemin parmi les 66 kilomètres de galeries, il est possible d'atteindre une profondeur de 750 mètres. La grotte de Bulmer est actuellement le plus grand réseau souterrain exploré de Nouvelle-Zélande. Ces deux grottes possèdent de véritables trésors naturels : les hélictites. Les conditions d'apparition de ces superbes formations de calcite et d'aragonite sont encore mal connues.

Formation étrange dans la grotte de Bulmer, au mont Owen. © Marlène Beyerle

Plusieurs théories s'affrontent, mais aucune ne donne entièrement satisfaction. L'une d'entre elles fait appel aux forces capillaires pour expliquer le phénomène (ce sont ces mêmes forces qui permettent à certains insectes de marcher sur l'eau). Au cœur des hélictites se trouve un canal très fin où l'eau peut s'écouler.

Tournage du film Nouvelle-Zélande, Terre d'Aventures dans la grotte Bohemia. © Pete Smith

Généralement, la force de gravité oblige les gouttes d'eau à se diriger vers le bas. Or, les forces capillaires viennent à l'encontre de cette règle de physique élémentaire. La goutte d'eau peut alors déposer le calcium dissous dans des directions très variées, comme celles des plans de cristallisation. Les courants d'air constituent une autre théorie, qui reste cependant peu convaincante. La magie de ces concrétions réside également dans le mystère qui entoure leur formation...